Technomage

12 juil. 2001
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Au final, un produit décevant, raté si l'on excepte le côté sonore et le scénario, ce qui fait malheureusement bien peu de choses pour rattraper le reste, c'est-à-dire le vide technique et un système d'aventure inintéressant à cause d'un gameplay pauvre – influence console pour le gameplay? – et une aventure purement linéaire. Dommage…

Encore un jeu dans la vague rpg/action/aventure, un jeu qui n'éblouira personne du moins ni par sa réalisation technique ni par son gameplay… c'est dommage, on aurait pu voir un jeu plus évolué qu'une simple adaptation console qui met Technomage au rang de soft raté.

Dreamer?

Vous incarnez Melvin, jeune homme d'une quinzaine d'années aux oreilles pointues. Vous vivez sur Gothos, votre monde, où tout est pour le moins paisible. Seulement voilà, vous n'êtes pas un être comme les autres. En effet, votre mère est une Dreamer, race où la magie est la notion prédominante, où même les plus petites opérations s'accomplissent par l'usage de celle-ci ; votre père se trouve être un Steamer, l'autre race de Gothos, dont la culture tourne autour de la technique entre roues dentées, vis et boulons
 

Steamer?

Jusque là tout va bien. Seulement il y a un problème…Dreamers et Steamers ne doivent s'associer, et encore moins procréer ensemble, sous aucun prétexte. Il est dit dans une ancienne prophétie que la venue au monde d'un être hybride réveillera les forces chaotiques somnolant dans les entrailles de Gothos. L'aventure débute alors qu'un cauchemar effroyable vient à peine de vous réveiller. Vous avez rêvé qu'une caravane de marchands Shachs venait de se faire attaquer par des créatures sortant tout droit de fissures créées par un tremblement de terre.
 

TechnoMage.

Bien entendu, vous êtes immédiatement désigné coupable de par votre origine bâtarde et êtes sommé de quitter la ville au plus vite. Et c'est ainsi que vous découvrirez, au fur et à mesure de vos pérégrinations, votre destin hors du commun, celui du dernier des OldOnes, la race noble de Gothos, qui devra sauver l'Horloge de l'Éternité et mettre fin à l'avancée du vil Dagomar, sorcier félon qui ouvrit aux forces du chaos la voie vers Gothos avec l'aide d'Ar-Khân prince des dragons et de Talis, hybride comme vous qui deviendra à terme votre tendre moitié.
 

Premières impressions.

La première chose qui vient à l'esprit quand on joue à Technomage c'est "mais, c'est un jeu pour gamins !?". Oui, et non. Il est vrai que le ton donné dans le jeu et le manuel – d'ailleurs rempli de bugs, de pages en double ou manquantes – est assez déroutant: on vous tutoie à tort et à travers et l'univers lui-même semble sortir d'un conte de fées. De plus on a la nette impression rien qu'à regarder la boîte où la scène d'introduction d'avoir en face de soi des graphismes dignes de jeux éducatifs…
 

RPG?

Définir ce qu'est exactement Technomage serait presque impossible. En fait il s'agit d'un mélange de genres entre RPG pour le côté évolutif et l'histoire, remplie de quêtes, et de votre personnage dont les caractéristiques jouent un rôle primordial, mais aussi un jeu d'aventure puisqu'il faudra explorer le monde en entier, orienté très nettement action les combats se faisant très simplement de pressions sur la touche action à répétition jusqu'à la mort de vos adversaires, sans présenter de technicité aucune
 

L'ambiance.

En fait vous débutez à Dreamertown dans un univers pseudo-médiéval-fantastique où vous allez rencontrer de tout : rats, araignées, lézards, lombrics géants, mais aussi dragons, golems de pierre, de feu ou de glace… mais aussi bonhommes de neige, lutins et chimpanzés soit au total environ une centaine de monstres différents. L'univers est divisé en huit mondes très variés allant de villes, pour passer par des catacombes, une forêt enchantée et peuplée de fées et autres dryades, un canyon désertique, une tour magique au milieu d'une steppe glacée, un volcan abritant la ville des marchands Shach et enfin une ile paradisiaque siège des machines gouvernant l'Éternité.
 

Ergonomique?

Du côté de l'interface, c'est plutôt simple. Vous aurez le choix entre gérer le jeu à la souris, au clavier ou au joystick. Pour avoir testé les trois, le clavier se révèle être le meilleur choix. Les commandes sont réduites au minimum : les flèches pour déplacer Melvin, deux touches pour déplacer la caméra autour de l'axe de votre personnage, une touche pour sauter et une autre dite « Action » qui servira à la fois pour parler aux PNJ, pour activer les objets - leviers, clés, téléflotteurs… - ou encore utiliser vos armes. Il est en outre possible d'utiliser des touches de raccourcis pour lancer les sorts, utiliser des outils ou autres objets magiques que vous pourrez acquérir lors de votre aventure et bien entendu tout cela est configurable à souhait.
 

Pas vraiment...

Tout semble si facile au début mais pourtant tout n'est pas si rose. Effectivement, on aurait souhaité un déplacement vertical de la caméra car dans certaines situations il est impossible de voir certains endroits dans les salles et on manque ainsi quelque chose à ramasser, pour finir par tourner en rond une heure avant de s'en rendre compte. Ensuite, la gestion des sauts est tout simplement catastrophique : il n'est pas rare d'avoir à recommencer une dizaine de fois - ou plus ! - la séquence de saut de plateformes en plateformes pour franchir un gouffre et ce n'est pas les quelques bornes de sauvegarde en cas de chute, mal placées, qui vont réussir à résorber cette horrible sensation de frustration qui nous atteint lorsqu'on on rate le dernier saut.
 

Combats?

Pour les combats, c'est assez simple. Il suffit de se tourner dans la direction du monstre en question, et de frapper. Maintenant, quand on se trouve encerclé, on panique très facilement, on essaie de frapper le dragon en face de soi, puis on se fait lancer des pierres par derrière alors on se retourne, on bouge la caméra par inadvertance en même temps et finalement on n'arrive à frapper personne… en bref, c'est plus que moyen. Pas mal de stress pour pas grand-chose au final, et rapidement les sorts viennent prendre le dessus sur les armes de poing, même si l'âme du barbare qui sommeille en chacun de nous veut prendre le dessus.
 

Facile.

Autant le dire tout de suite, Technomage est vraiment facile. Une douzaine d'heures aura suffit pour en venir à bout, en comptant les, très, longues minutes passées à faire des allers-retours dans les niveaux relativement grands du jeu, pour aller trouver un objet, actionner un levier parce qu'il a manqué une seconde pour sauter sur l'ascenseur, ou recommencer une série de sauts irritante et mal gérée. En gros, dix heures devraient suffire, sachant qu'il est possible de sauvegarder tout au long du jeu, pendant un combat, ou avant un saut, et qu'il suffit donc de charger la partie pour réessayer.
 

Potions.

En plus des sauvegardes, le jeu vous gratifiera de potions de vie et de mana pour vous recharger un peu afin de ne pas mourir en plein combat. Là aussi, aucun risque de pénurie : il restait une soixantaine de potions à la fin du jeu lors du test pour guérir Melvin et régénérer son énergie magique ; en outre, et pour contribuer au peu d'intérêt des combats, tout accès à l'inventaire mettra le jeu en pause et il sera ainsi très facile de changer d'arme, de sort ou même de se régénérer…
 

Linéarité.

Il est impossible de se perdre dans le scénario, tant celui-ci est linéaire. Ainsi dans chacun des huit univers que vous traverserez, une ou deux quêtes principales vous attendent, et très vite on se retrouve avec cinq ou six quêtes secondaires à réaliser en sus. Malheureusement, ces missions sont obligatoires à l'avancement du jeu, et elles devront toujours se faire dans le même ordre tout en restant très répétitives : cherchez une clé à un endroit A pour ouvrir la porte B, afin d'actionner le levier C qui ouvrira la porte D nécessaire à atteindre l'ascenseur E pour continuer à explorer le labyrinthe…
 

Énigmes.

Pour rehausser le tout, les développeurs ont muni le jeu de nombreuses énigmes à résoudre. Mais la plupart du temps, moins de deux minutes suffiront à franchir ces étapes, tellement celles-ci sont répétitives : souvent il s'agira d'actionner des leviers selon un ordre inscrit sur le mur de la salle voisine, ou de marcher sur des dalles afin de reformer un symbole magique… heureusement quelques épreuves sortent un peu de la normalité, comme un jeu de flipper géant sur les hauts du Volcan ou un jeu de mémoire tout à fait à la fin du jeu, mais rarement elles bloqueront les joueurs plus de quelques minutes.
 

Graphismes.

Première impression, et qui restera jusqu'au bout : c'est vraiment pas très beau… la seule option de configuration possible est la sélection de sa carte vidéo et un mode 16 ou 32 bits pour les couleurs. Ensuite le jeu tournera en 640*480 utilisant un moteur 3D d'un autre âge juste utilisé dans le but de faire des rotations de caméra. Pour couronner le tout, les personnages, monstres et objets sont de vulgaires sprites, donc en 2D, mal détourés et plutôt délavés, de plus les textures sont colorées « façon console » limite « on vous en balance plein de couleurs dans la tronche comme ça vous ne verrez pas les défauts ».
 

Bouh...

Eh bien raté, car hormis les textures, ratées, les objets en 3D ne sont pas mieux réussis et on se demande si les graphistes ont eu peur d'utiliser plus de trois polygones afin de ne pas surcharger l'affichage et le moteur. Enfin, pour parachever cette superbe gestion de la 3D, on remarque très facilement les tiles des textures – c'est-à-dire que l'on voit les espaces entre les textures. En bref, un moteur peut-être efficace sur Playstation, mais d'une autre époque sur PC, surtout avec des personnages en 2D.
 

Ambiance sonore.

En fait, le seul côté vraiment positif est celui de l'ambiance sonore. La musique tout d'abord accroche bien avec l'univers et l'histoire sans pour autant devenir soûlante comme dans de nombreux jeux du genre. Aussi, pour une fois, l'agréable surprise vient du doublage français : les voix collent bien aux différentes personnalités des PNJ ainsi qu'à l'environnement et même si parfois le ton n'est pas assez marqué, en rapport avec les événements, elles contribuent pas mal à renforcer l'ambiance. Le doublage du perroquet et d'ailleurs tout simplement remarquable…
 

Bilan

De très nombreuses lacunes techniques impardonnables, surtout au niveau des graphismes et du moteur 3D alors qu'en ce moment nous vivons l'avènement de chipsets graphiques de plus en plus impressionnants offrant des performances étourdissantes pour des prix de plus en plus abordables. En outre, même si le scénario est, pour une fois, quelque peu original et se trouve basé sur un monde relativement bien imaginé, l'aventure est d'une linéarité affligeante et d'une durée de vie très courte, en partie due à la facilité que l'on a à évoluer dans le monde de Gothos. Enfin, ce qui fâche véritablement, reste sans doute la maniabilité incertaine, très délicate lorsqu'il s'agit d'effectuer des déplacements périlleux ou des sauts, et qui rendra très irritables les joueurs pendant leurs parties – désolé maman, c'est pas de ma faute, ça fait que la 42ème fois que je tombe dans le précipice et ça m'énerve…
Les Plus
  • L'univers sympathique
  • L'ambiance sonore agréable
Les Moins
  • Les graphismes, d'un autre âge
  • Le gameplay approximatif
  • La linéarité extrême