Guitar Hero 2 met le feu aux planches

04 déc. 2006
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Vous l’aurez compris, la série Guitar Hero ne propose aucun choix, si ce n’est celui de la prochaine chanson à jouer. Pourtant sa puissance ludique est indéniable : elle fait partie de ces jeux qui donnent des sensations nouvelles et font goûter l’espace d’un instant une autre existence. La maîtrise de la Gibson SG grandissant, vous vous lancez dans des morceaux de plus en plus difficiles, vos doigts vont de plus en plus vite. L’hypnose est totale, impossible de parler en même temps, votre cerveau ne peut plus gérer aucune autre donnée. Vous êtes déconnecté. C’est aussi ça l’immersion : être ailleurs, hors de la vie pour quelques minutes ou quelques heures. Guitar Hero II prolonge une piste efficace pour la rendre parfaite. Qu’attendre de plus ? Un mélange avec Singstar serait peut-être la dernière marche que la série puisse atteindre, permettant de se mettre à la place de Sting ou de Kurt Cobain en tant que chanteur-guitariste. C’est ce que les joueurs font déjà de toutes façons en fredonnant les refrains en attendant les solos. Guitar Hero II est possiblement la dernière incursion de la série sur PS2. Son annonce sur Xbox 360 et sa suite très probable sur PS3 ouvrent de nouvelles perspectives. Chansons à télécharger, jeu en ligne, vidéo à partager : les possibilités sont immenses. Quelle que soit sa forme, le jeu de rythme a de l’avenir et dévoile de nouvelles façons de vivre la musique ainsi que de nouvelles façons de jouer.

Baissez la lumière. Montez le volume. Sortez les guitares en plastique. Guitar Hero II arrive pour lacérer ce qui vous reste de tympans et pour faire de vos doigts des moignons. Harmonix et Red Octane ont tout réuni pour que la fête soit encore plus folle : plus de chansons, plus d'options, un mode coopératif d'enfer. Et quand la musique est bonne...

Les accords demandent une certaine dexterité.

C'est mon choix

Les jeux vidéo ont atteint une complexité étonnante. Les joueurs traversent des continents, bâtissent des empires et sauvent le monde quotidiennement. Leur offrir de nouveaux défis est une épreuve en soi : il ne faut rien de moins que de grands esprits tels que Peter Molyneux, Will Wright ou encore Eiji Aonuma pour construire les mondes et les challenges qui combleront leur appétit. De tous les concepteurs de jeu célèbres, c’est Sid Meier qui a probablement résumé la définition du gameplay la plus marquante. "Le gameplay est une suite de choix intéressants". Facile de l’imaginer déclamant cette sentence profonde avec le polo qu’il arbore dans le didacticiel de Civilization IV. Pourtant des rumeurs courent comme quoi il aurait récemment troqué son Lacoste pour une veste en cuir, se serait laisser pousser les cheveux et qu’il ne sortirait plus que la nuit de chez lui. Les packs de bière s’accumulent devant la façade de son pavillon, et les voisins excédés par le volume de la musique auraient porté plainte. Pourquoi ? Il a découvert Guitar Hero II. Pourtant il a su résister à l’appel de la guitare en plastique du premier volet, en décrivant le principe du jeu comme étant aussi bête que méchant. "Appuyer sur les touches apparaissant à l’écran et gratter en même temps, cela n’a rien d’intéressant". Mais quand il a vu que le second volet permettait de jouer de la basse en coopératif, que le mode d’entraînement avait été repensé et qu’il y avait du Suicidal Tendencies et du Anthrax, il a succombé. Maintenant, il paraît que si vous demandez à Sid ce qu’il pense du gameplay, il vomit sur vos chaussures et répond "Les choix ? Rien à carrer. Ce qui compte c’est d’appuyer sur la bonne touche au bon moment".

De nombreux bonus sont à débloquer.

Un peu plus de plus

Pour comprendre ce qui fait la différence entre Guitar Hero et son successeur, il faut y regarder de près. Les petites améliorations sont légion. Même si cela importe peu, le jeu a été enrichi graphiquement, avec des menus encore plus sympathiques et des personnages plus typés. Les décors sont riches et lorsque le public vous rappelle à la fin d’un concert, vous avez toujours un évènement qui fait monter la sauce. Le mode entraînement a lui aussi été revu pour permettre de s’entraîner sur les passages difficiles, à vitesse ralentie. Pour les vétérans, cela sert relativement peu, sauf si vous cherchez à atteindre un score parfait. C'est d’ailleurs plus facile qu’auparavant, car la tolérance des notes est plus grande, les techniques avancées que sont le pull-off et le hammer-on ont été facilités. Cela vous permet de jouer plusieurs notes sans gratter à chaque fois et se révèle particulièrement efficace lors des solos les plus endiablés. Mais l’innovation la plus flagrante reste la possibilité de jouer à deux en coopération, à la guitare et à la basse. Le jeu en est d’autant plus festif qu’il ne s’agit pas d’humilier son adversaire mais d’atteindre le meilleur score à deux. Chacun peut choisir son niveau de difficulté et les débutants ont moins honte de gâcher une chanson en enchaînant des notes ratées. Les système de multiplicateur de points partagés incite tout de même à se concentrer pour ne pas desservir son compère : les joueurs réussissent ensemble et échouent ensemble. Le star power, permettant de doubler le score, requiert désormais que les deux joueurs lèvent leur guitare en même temps. Pas besoin de plus pour se croire sur scène.

Parfois mieux vaut se fier à la musique qu'à l'image.

De nouveau titres à découvrir

Il n’y a pas de mystère : proposer la suite d’un des meilleurs jeux de tous les temps en ne faisant qu’apporter encore plus de contenu et en réglant les petits problèmes par-ci par-là, ça donne forcément une bombe. Tout d’abord la liste des titres est raffinée. Au-delà des tubes que sont War Pigs de Black Sabbath, Message in a Bottle de Police, Killing in the Name de Rage Against the Machine et Heart-Shaped Box de Nirvana, les chansons ne sont pas forcément des grands classiques. Harmonix n’a pas joué la carte du grand public et a privilégié l'efficacité. Les morceaux sont diversifiés et quasiment tous intéressants à jouer à la guitare, à la basse et à la guitare rythmique. L’originalité des groupes représentés est aussi l’occasion de faire de belles découvertes, notamment dans les titres bonus. Less Talk More Rokk de Freezepop est un exemple de musique électro si délirant à jouer que cela amène les métalleux à glisser vers de nouveaux horizons. Certes, la tracklist est résolument dure, mais les riffs retro de Rock This Town des Stray Cats ou la mélodie latino-rock de Misirlou de Dick Dale ouvrent des horizons et aèrent l’ensemble. Que vous connaissiez ou non les chansons, Guitar Hero II est la meilleure façon de les découvrir ou de les redécouvrir. En vous concentrant sur les lignes de guitare que vous écoutez plus finement les morceaux, ce qui est encore plus vrai à la basse. Cet instrument dans l’ombre de sa flamboyante cousine reprend ici tous ses droits dans de nombreux titres. Si le temps passé aux jeux vidéo vous a empêché de vous consacrer à la musique, Guitar Hero II est l’occasion rêvée de s’y mettre.
Les Plus
  • Des titres dantesques
  • Le mode coopératif
  • Les techniques avancées facilitées
Les Moins
  • Le prix élevé pour les deux guitares, à renouveler en cas de passage sur une autre console