Joint Task Force, prêt à jouer les baroudeurs ?

19 oct. 2006
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Au final, Joint Task Force vous laisse, il faut le dire, un peu sur votre faim. Certes, le moteur graphique offre un spectacle agréable à l'œil et quelques idées de gameplay sont intéressantes comme la présence des médias au sein des conflits ou encore la possibilité de conduire toute sorte d'engins. Mais la progression trop linéaire rend ce jeu lassant à la longue. Vous vous contentez de suivre les objectifs les uns après les autres sans réel choix. La difficulté de JTF est quand à elle dans la norme même si les quelques errances de l'IA la rendent parfois trop facile. Joint Task Force déçoit donc un peu car détenteur d'une base solide il se contente d'être juste moyen.

L'an 2008 vu par les développeurs de Joint Task Force, le studio Most Wanted, n'est pas si différent du monde actuel puisqu'une fois de plus guerre et terrorisme sont au menu de ce titre. Dans un contexte instable vous, le major O'Connell, allez vadrouiller aux quatre coins du globe : Somalie, Bosnie ou encore Afghanistan sont autant de théâtres d'opérations où vous avez pour but de rétablir la paix ou tout du moins de sauver quelques vies. Voila en quelques lignes le contexte dans lequel se déroule ce nouveau STR édité par Sierra.

Le nombre d'unités que vous dirigez dans Joint Task Force est limité, heureusement les ptits gars sont efficaces.

Micro Management

Disponible quasi simultanément avec l'excellent Company of Heroes, Joint Task Force reprend tout comme ce dernier le concept mainte fois redéfini du jeu de stratégie temps réel. Mais ne vous attendez pas ici à diriger une armée entière comme il sera possible de la faire dans le très attendu Supreme Commander, le cheval de bataille du titre, c'est bel et bien le micro management. Chaque soldat est précieux et les fonds dont vous disposez pour renouveler votre garnison sont vraiment minces. N'espérez pas envoyer au front des dizaines de chars sans vraiment vous soucier de ce qui leur arrivera. La tactique à adopter consiste plutôt à avancer à petits pas en pensant à bien réparer ses unités mobiles et à soigner ses soldats.

La couverture médiatique se matérialise par la jauge en haut à gauche, plus elle est élevé mieux c'est pour vous.

Classicisme au pays des bérets verts

Côté gameplay, annonçons la couleur : le titre fait dans le classique. Ici, point de subtilité comme dans Company of Heroes avec un mode capture the flag revisité rendant les parties très intenses et assez stratégiques. Joint Task Force se contente de vous proposez une suite d'objectifs à remplir rendant la progression très linéaire. Sur le papier pourtant le jeu tente d'innover en apportant une couverture médiatique au conflit. Tout d'abord visuellement, lorsque vous remplissez un objectif, sa réussite s'accompagne d'un flash info récapitulant la situation actuelle. Ce gadget a tout de même le mérite de vous immerger un peu plus dans l'histoire. Mais la véritable bonne idée des développeurs est d'avoir ajouté des envoyés spéciaux, sorte d'œil extérieur directement sur le terrain. Leur jugement sur vos agissements est représenté par une barre en haut à gauche de l'écran. Perdez un convoi de l'ONU et vôtre côte médiatique baisse, entraînant une diminution des fonds qui vous sont alloués. Malheureusement, dans les faits, cet aspect du gameplay est clairement sous utilisé. Certes, tuer des civils vous fait perdre de la popularité mais il faut vraiment donner l'ordre explicite à vos troupes pour qu'une telle bavure arrive. De même, perdre un convoi de véhicules humanitaires est mal vu mais comme l'objectif de la mission est de le protéger, la sanction médiatique est minimisée par l'échec de la partie.

L'IA utilise souvent les fumigènes pour s'extirper d'une situation difficile.

Le choix des armes, et même plus

Malgré une progression très scénarisée, Joint Task Force offre tout de même une certaine dose de liberté dans l'accomplissement des objectifs. Ainsi, le titre permet aux soldats de conduire n'importe quel véhicule sur terre comme sur mer. Dans ces conditions, vous pouvez par exemple prendre l'ennemi par surprise en organisant une attaque éclair afin de lui voler ses véhicules. Et il faut avouer qu'une sorte de jouissance se dégage du fait de lancer l'assaut sur l'ennemi avec ses propres armes. D'autres missions commandos tirent, elles, vraiment partie de cet aspect du gameplay puisqu'elles sont beaucoup plus difficiles à terminer sans utiliser la cavalerie mobile adverse. Une fois votre infanterie protégée par des chars, les missions s'enchaînent avec beaucoup plus d'aisance. D'autant plus que l'IA n'est pas très dégourdie. Elle se contente de vous attaquer de face sans essayer de vous prendre à revers. Les chars ennemis utilisent bien leur fumigène pour vous fuir mais ils utilisent cette technique à tous les coups et deviennent ainsi prévisibles. Vos troupes ne sont pas non plus à la fête avec un path finding pour le moins approximatif. Il n'est pas rare de voir vos unités faire beaucoup de détours avant d'arriver à destination. Du coup, les formations de combat que propose le jeu sont difficiles à mettre en place.

Les ravitaillements par avion cargo sont du plus bel effet.

JTF revêtit sa tenue de galas

Le public de joueurs contemporain n'est plus tant attiré par les concepts que par l'aspect graphique des différentes productions vidéoludiques. Ce constat s'applique aussi au monde du STR où l'on voit de plus en plus de titres tirant partie des dernières innovations graphiques 3D. Joint Task Force ne déroge pas à la règle et propose un moteur graphique solide. Les textures sont fines, la modélisation de l'ensemble est correcte et le système d'ombrage est convaincant. Le moteur physique s'offre même le luxe de supporter la carte physique Ageia pour proposer un système de destruction et des explosions plus impressionnantes. De plus, ce titre propose des animations sympathiques qui renforcent le sentiment d'immersion comme le ravitaillement en hommes, munitions et véhicules par la voie des airs. Mention spéciale accordée aux hommes qui descendent en rappel le long des filins déployés par les hélicoptères : ça fait très Hollywoodien ! La contrepartie à toute cette débauche technique c'est bien sûr les performances. Une bonne machine est nécessaire pour faire tourner correctement le tout sous peine de ralentissements et d'une qualité graphique vraiment moyenne.
Les Plus
  • Un moteur graphique appréciable
  • La possibilité d'utiliser tous les véhicules disponibles sur la carte
  • L'idée d'ajouter une dimension médiatique aux conflits...
Les Moins
  • ... même si elle est mal exploitée
  • Le gameplay trop classique
  • L'IA un peu simpliste et le path finding pas toujours parfait