Une seconde vie pour Scarface

24 nov. 2006
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Scarface laisse un goût mitigé. Détestable dès les premières minutes, puis passionnant par la suite, il finit par être haï de nouveau. De ce fait, vous concluez aisément qu'il ne laisse pas indifférent. Pour peu que vous vous preniez au jeu de vouloir reconstruire cet empire perdu, la mayonnaise prend. Vous allez ainsi blanchir fréquemment votre butin, ce qui est la manière de le conserver malgré vos "accidents". Personne n'est invincible. Vous reconnaissez bien vite les personnages rencontrés, et prévoyez presque leurs réactions à l’avance. Le langage ordurier du film est ici omniprésent. Les fuckin’fuck, entre bien d’autres, foisonnent. C'est peut-être agaçant mais bien vite ces insultes font partie intégrante de l’identité du jeu, et rappellent clairement le film. Pour sûr, Scarface n'est pas pour les fans inconditionnels du célèbrissime GTA 3. Néanmoins, il vous invite à prendre part à une aventure qui a un cachet. Cette dernière a des chances de vous séduire grâce à une atmosphère bien retranscrite. Plus encore, elle donne la possibilité de participer à l’ascension de Tony Montana. Ce dernier point est celui qui poussera de nombreux joueurs à s’y essayer. L’essentiel est de savoir que ce côté-là du jeu ne les décevra pas.

Il est des films mythiques qui ont gravé l’histoire de leur nom à jamais et de certaines de leurs répliques. Scarface fait partie de ceux-là. Chacun de nous a au moins une fois entendu parler de Tony Montana. Mais aussi de la manière dont il gravit les échelons de la pègre pour en atteindre le sommet. Et peut être savez vous comment se finit le film ? Bonne nouvelle pour les fans car tout comme Elvis, Tony n’est pas mort. A vous de prendre en main son destin et de montrer si vous avez ce qu’il faut pour reconstituer son empire perdu.

Incarner Tony, c'est aussi porter de belles chemises.

Il était une fois...

Cette adaptation vidéoludique commence son histoire là où se termine celle de la pellicule. Passant outrageusement à côté de la fin officielle de Scarface, qui n’est, rappelons-le, pas la fin originale, le titre démarre fort. Vous incarnez Tony, un immigré argentin ayant amassé une fortune colossale en dominant le marché de la drogue de Miami. Tout cela ne s’est pas fait en un jour. Il lui aura fallu une bonne dose de violence et de folie pour passer devant ses concurrents. Mais voila, c'est la fin. Vous êtes au premier étage de votre somptueuse villa et l’ennemi est à vos portes. Qui plus est, il est lourdement armé. Deux choix s’offrent à vous, mourir sans bouger ou foncer dans le tas. Alors muchacho, prêt pour le grand saut ?

Les premiers instants vont en refroidir plus d'un.

Massacre - trop - organisé

C’est avec les mains moites que vous dirigez Tony dans ses premiers pas. Un tutorial est disponible, mais quiconque ayant touché à un GTA-like peut se jeter dans le feu de l’action. Le M16 à la main, vous ouvrez la porte et commencez par ce que nous appellerons une des plus grandes fusillades de l’histoire du jeu vidéo. Elle est tellement qigantesque qu’elle en devient vite sordide. Effectivement, dans la version PS2 vous lockez les ennemis tour à tour, lâchant une courte rafale à chaque fois pour les abattre. Sur PC, il faudra cibler un minimum, bien que le système de visée automatique soit présent. Cela relance un peu l’intérêt de cette boucherie tout de même. Les hommes de main arrivent de toutes parts. Une aide succincte vous explique qu’à chaque victime, votre barre de rage se remplit. Insulter les morts aide à la remplir plus rapidement. Une fois cette jauge pleine, vous passez automatiquement en vue subjective. Les balles trouvent alors d’elles-mêmes leur cible. Chaque mort vous redonne de l’énergie et, tenez vous bien, vous êtes invincible durant ce laps de temps. C’est donc dans cette ambiance destructrice que vous vous frayez un chemin jusqu'à la sortie de la propriété. Si l’on ne doit se baser que sur ce premier quart d’heure, ce disque de Scarface serait bon pour devenir frisbee. Seulement, voila...

Tony voit rouge.

Et l'histoire démarre pour de bon

Les cinématiques de début de partie posent les bases de l’action, qui se veut moins démesurée par la suite. Dépossédé de tout, il vous faut reconquérir la ville, quartier par quartier. Vos nouveaux ennemis ne savent pas encore que vous êtes de retour. A vous l'effet de surprise, mais avant d'attaquer, reconstituez votre capital. Commencez par vendre de petites quantités de came aux vendeurs des rues. Cela rapporte aisément. Pour toutes les négociations du jeu, un système de jauge fait son apparition. Une barre circulaire se remplit rapidement. A vous d'appuyer lorsque cette dernière est la plus proche possible du bord. Pourquoi ? Car plus vous approchez de la dernière limite, plus vous avez de poids dans vos décisions. Que ce soit pour impressionner un passant, discuter avec les policiers, négocier un prix, ce système est utilisé. Cela n’apporte pas grand-chose au titre et le rend parfois même lourd à digérer. Ce principe utilisé à toutes les sauces agace car il n'évolue pas. Quoiqu’il en soit, il faut faire avec, alors concentrons-nous sur le principal : l’action !

Le GPS n'est pas des plus explicites. Fiez vous à votre instinct.

Un gangster à l'agenda plein

Au premier abord GTA-like par excellence, Scarface revendique sa liberté d’action et ses missions spontanées. En effet, une interface claire permet de se retrouver dans les méandres des choix à votre disposition. Entre la liste de votre matériel, les pistes à suivre ou les territoires à gérer, le jeu aurait pu vite devenir un sac de noeud. De ce côté, la réalisation ne pêche pas. Vous pourrez, via cette interface, gérer aussi aisément vos employés (chauffeurs, gros bras), mais aussi les tensions avec vos "partenaires". Dans ce condensé d’informations, vous retrouvez le fil de vos missions et de vos pensées. Hélas, ces aventures si bien mises en scènes au début du jeu se répètent. Les fusillades interminables à 1 contre 100 se succèdent et lassent. D’une manière générale, les actions sont répétitives et la trop petite variété de personnages rencontrés accentue cette impression de déjà-vu. Les véhicules, qui se conduisent honorablement, ne sont pas assez nombreux. Cela en ajoute à cette impression de manque de liberté que vous retrouvez après de longues heures de jeu. Comprenez bien par là qu'errer dans les rues sans but n’est pas une option de Scarface. Les missions parallèles manquent cruellement et baissent l’intérêt que vous éprouvez pour l’aventure. De ce côté, le tableau est noir. Mais voyez encore.

L'utilisation des employés (chauffeurs, assassins...) est une bonne idée.

Triste mine

Il a fallu installer une version PC pour essayer de comprendre d'où venait le problème de la version PS2. En effet, les personnages raides évoluant dans des décors fades choquent. Le clipping – ultra gênant pour la conduite – ne fait que compléter la liste des défauts dont fait preuve la réalisation du titre. Donc le PC, avec ses résolutions plus poussées et sa visée à la souris, remonte l'intérêt du titre. Scarface n’en devient pas un beau jeu mais il a le mérite de présenter une touche graphique qui le personnalise. Les morceaux qu'il est possible d'écouter lors de la conduite feront le bonheur de tous, ou presque. Enormément de styles sont représentés : latino, reggae, hip-hop, country, pop des 80's mais aussi et surtout la bande originale du film. Il est possible de personnaliser des mix avec vos titres préférés. Cela apporte une touche de sérieux dans une réalisation qui jusque là avait déçu.

Vous n'avez pas su apaiser les tensions à temps.

Indécis

En fait, ce qui nuit le plus à Scarface, c'est de le comparer à un GTA 3. Il est plus exact de le voir comme un – excellent – Mafia. En effet, ses actions dictées et ses bâtiments fermés nous emmènent plus à la conquête d’une destinée que celle d’une ville. Vous pouvez bien évidemment laisser libre cours à votre sadisme dans les rues de celle-ci, mais pour un temps seulement. Bénéficiant d’une réalisation graphique déplorable sur PS2, le titre s’en tire néanmoins correctement grâce à la personnalité de Tony Montana que les développeurs ont su si bien transposer dans les attitudes du personnage principal. Les autres protagonistes rencontrés au fil de l’aventure, bien que souvent ridicules dans leurs mimiques, sont néanmoins uniques. Attention : nous parlons ici des personnages avec lesquels il y a interaction, pas les passants qui pullulent à l’identique. Alors, que penser de tout ça ?
Les Plus
  • Le personnage phare du film est très bien représenté
  • L'interface de gestion est bien pensée
  • Quelques bonnes idées, notamment de script, parsèment le jeu
  • Le titre a, malgré ses nombreux défauts, une réelle personnalité
Les Moins
  • Les graphismes de la version console semblent dater
  • La diversité très limitée des véhicules et des passants
  • L'absence de missions annexes
  • Le manque d'originalité du système de gestion des conflits