Le Seigneur des Anno

10 nov. 2006
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Si vous cherchez à réduire des heures de développement en un affrontement épique de 10 minutes, passez votre chemin. Les combats ne sont pas le fer de lance du jeu. Les bâtiments militaires et les quelques unités de combat présentes suffisent à vous en persuader. Les sim builder trouveront par contre une extension de leur art dans ce titre. Mais il faut bien comprendre que c’est une tout autre dimension que vous proposent là l'équipe de Sunflowers et Related design. De plus, l'intérêt est sans cesse relancé par de bonnes idées. Des scénarios courts et intéressants permettent de prendre le jeu en main en toute simplicité. Dans la continuité du tutorial, ces épreuves à la difficulté progressive promettent de longues et bonnes heures de jeu. Notez qu'Anno vous rappelle de faire une pausse toutes les deux heures consécutives passées à jouer. C'est risible, mais bien intentionné étant donné la longueur dont peuvent faire preuve les parties. Il existe aussi un mode de jeu dit "libre" qui vous permet d’imposer vos conditions de victoire. Ces conditions peuvent être posées sur une somme d’argent à atteindre, un pourcentage de terrain à coloniser, une indépendance à obtenir... de gré ou de force. Les règles sont nombreuses et permettent d’imaginer de nombreuses possibilités de matchs. Elles sont applicables aussi en multijoueur. Les catastrophes naturelles viennent troubler la progression studieuse du colonisateur averti. Elles vous forcent à reconstruire et vous amputent par la même occasion d’une perspective de victoire tranquille. L’aspect économique est quant à lui aussi poussé : vous pourrez mettre en veille les unités qui vous coûtent plus qu’elles ne rapportent. Les impôts se règlent à votre convenance, et influent sur le moral des travailleurs. Vous pouvez d’un coup d’oeil savoir si votre village vous rapporte ou non. Ce n'est que bonheur !

Finalement, vous voila peut être rassuré ? Ce nouvel Anno n’est pas aussi élitiste que ses grands frères et se veut très accessible. Cette accessibilité n’entache en rien sa profondeur de jeu et, de plus, des graphismes colorés et soignés viennent servir sa cause. Si vous aimez un tant soit peu le genre, craquez sans hésiter !

Qui a dit que la colonisation n’avait pas que du bon ? Certainement les détracteurs de la série des Anno car à nul moment coloniser des terres et soumettre des populations n’a été aussi jouissif. C’est donc dans les mers chaudes que prennent place vos tentatives de civilisation de ces nouveaux mondes. Vous y croiserez les pirates des caraïbes, le dernier des mohicans, et devrez lutter contre les forces de la nature. Et tout cela uniquement pour les beaux yeux de votre Reine.

C'est devant la cour que vous défendez votre cause.

Le coeur plein d'aventure

Vous êtes jeune, vaillant, et plein de bon sens. Et c’est sans le moindre doute que vous partez convaincre votre Reine qu’il lui faut vous confier des hommes, de l’argent et un bateau. Ainsi vous embarquez pour la frontière du Monde porter sa parole, et surtout y imposer son étendard et ses impôts. La question du scénario éludée, passons au vif du sujet. Fraîchement arrivé sur votre première île, votre mécène, dans toute sa splendeur, vous offre un comptoir. Le comptoir est le bâtiment clé de tout le jeu. C’est de lui que sont redistribuées toutes les richesses produites par les habitants. De ce fait, toute unité de production doit être reliée à lui par la route. Un petit charriot passe ramasser les productions tour à tour. Ce bâtiment permet aussi de charger ou décharger les bateaux, ce qui en fait votre porte sur le commerce extérieur. Vous l’avez compris, prenez soin de votre comptoir. Pour le reste des infrastructures, un excellent tutoriel vous guide en douceur dans les méandres de l’organisation du jeu. Par la suite vous apprendrez "sur le tas". Heureusement, l’interface est bien pensée et les raccourcis claviers foisonnent. Cela vous permet d’être en pleine forme pour ce qui suit.

Le centre-ville autour duquel s'articulent vos bâtiments.

Société de consommation

A peine débarqués, les pionniers doivent s’organiser. Et la construction d’un centre-ville est votre première préoccupation. Construisez des habitations, et subvenez aux besoins de base de vos troupes. Dans un premier temps : la nourriture. Pour ce faire, vous disposez de cabanes de pêches et de huttes de chasse. Pour le bois, des cabanes de bûcherons, pour le tissu des tisserands et des bergeries, etc. A partir d'un arbre technologique très explicite, vous répondez aux demandes de vos concitoyens. Cet arbre ne tarde pas à se ramifier. En effet, une fois installés et repus les pionniers prennent de l’embonpoint et passent à la classe sociale supérieure, ce qui leur donne accès à toutes sortes d’avancées. Ils font d'abord évoluer leurs habitations, entrainant un lifting de votre village mais nécessitant surtout de fournir encore d'autres matières premières. Le confort et les besoins augmentent ensuite dans tous les domaines. A vous de vous démener pour satisfaire les caprices de vos pensionnaires.

Anno est beau, mais ce n'est pas tout !

Par monts et par vaux

Nourriture fine mais aussi alcool et tabac font partie de ce en quoi vous approvisionnez la colonie, sous peine d’en voir ses habitants dépérir. En effet, l’île que vous occupez ne permet pas de tout cultiver ou extraire du sol. Alors à ce stade de la partie, deux choix s’offrent à vous. Etudions le premier. Si vous ne possédez pas de navire marchand, construisez-en un. Partez à l’aventure et repérez une île qui pourra offrir les denrées que vous recherchez. Installez un comptoir, quelques unités de production et récoltez les fruits de vos efforts. En d’autres termes, ramenez au premier comptoir ce qui vous faisait encore défaut il y à peu. Et pour y parvenir, établissez des routes commerciales. Vous indiquez à tel bateau de charger telle marchandise à un comptoir donné. De cette île, il devra décharger tout ou partie de ses denrées dans un autre comptoir, puis y reprendre d’autres types de marchandises. Vous tissez ainsi une toile de relations entre vos ressources. Seul bémol : les mers sont infestées de pirates. Alors partez dans l’idée qu'il faudra aller repêcher vos cargaisons de temps en temps. Ou alors passez un accord commercial avec les pirates eux-mêmes, lorsque c'est possible. Ces accords permettent d’échanger, ou de refuser d’échanger vos productions avec celles de vos adversaires. En bref produisez ou achetez. Mais vous pourrez aussi déclarer la guerre.

Les bâtiments évoluent avec les couches sociales.

La beauté sans fioritures

D’un point de vue technique, cet épisode est une révolution en la matière. Il est ce que Quake a été à Doom. Plus que l’apparition de la 3D dans la série, ses graphismes chatoyants et sa réalisation soignée plaisent et attirent le néophyte. Effectivement, Anno 1701 est graphiquement "grand public". Même s'il ne perd rien en profondeur, le titre gagne en simplicité. Une interface claire et intuitive épaule les efforts d’ergonomie qu’ont déployé les développeurs. Cependant, le jeu est assez gourmand. Au cas où votre machine ne supporterait pas la comparaison, baisser la résolution ne ferait que brouiller les indications présentes à l’écran. En effet, l’interface prend toute son ampleur en 1280*1024. Alors baissez les superbes effets de réfraction, d’ombres, de fumées, etc. et offrez vous un large champ d’action. Nul besoin d’aiguiser la souris, les actions se font tranquillement, à contrario d’un WarCraft. Certes, il ne faut pas traîner en multijoueurs, mais c’est loin d’être une course au profit. Les points les plus inquiétants de cette version "Gold" sont les suivants. La série des Anno a fidélisé par son excellence. Aussi, voir de ça et là des phrases non traduites fait frémir. Une fois en anglais, une fois en allemand, ces phrases ne sont heureusement pas primordiales. Vous notez juste qu’elles se trouvent parfois dans l’Annopédie. C’est un dictionnaire ambulant répondant à toutes les questions que peut se poser un joueur. Pas indispensable pour les gamers et bien utile pour les débutants, voila une innovation qui confirme la direction prise par la série.
Les Plus
  • L'interface reste exemplaire et ce malgré la difficulté des actions à composer
  • Une réalisation haut de gamme
  • Le retour d'un plaisir simple et passionnant
  • Le jeu est adapté, mais nullement déformé
  • Un souci du détail omniprésent
Les Moins
  • Gourmand en ressources