El matador part en virée à Bogota

31 oct. 2006
Testé par sur
Disponible sur
2
  • Éditeur Cenega
  • Développeur Plastic Reality
  • Sortie initiale 27 septembre 2006
  • Genre Action

El Matador ne séduit pas par ses prouesses techniques, c’est certain. S'il tient sur une feuille A4 - ce qui est déjà plus que bon nombre de ses concurrents - son scénario reste bien inconsistant. Néanmoins, le fait d’avoir repris ce qui a fait la renommée de Max Payne est une bonne idée. Le transposer dans un nouvel univers en est une meilleure. Et c’est au fil du jeu que vous appréciez ce massacre organisé. Une bonne impression s’en dégage. De plus, les niveaux se rallongent au fil de votre progression, rendant l'ensemble parfois haletant. A l'occasion, vous êtes accompagné par 4 bots qui vous aident à passer des endroits délicats. Voila de quoi accentuer l'intérêt des bons scripts qui parsèment les niveaux. Au final, même s'il apparaît difficile de ne dire que du bien de ce titre, c'est impossible de le détester. El Matador ne constitue pas un achat obligatoire, mais il peut au moins trouver sa place dans votre ludothèque pour peu que vous appréciez le genre.

El Matador (traduisez littéralement par "le tueur") est une resucée complète et non-dissimulée du fameux Max Payne. Son titre annonce clairement le concept : fusillades et voyage jusqu'au bout de l'enfer. Et même si le jeu manque cruellement d'originalité, ses développeurs ont su lui donner un cachet. Venez donc nettoyer l'Amérique du Sud de ses cartels. Inutile de prendre vos cartouches : il y en a sur place.

Le langage n'est pas châtié du tout. Sortez les enfants de la pièce.

Présentations

Votre rôle est celui d’un agent de la DEA, organisation qui a pour but de défaire les réseaux de contrebande de cocaïne. Face à vous, il n’y a que des tueurs sanguinaires ou des drogués, voire les deux à la fois. Les choix sont simples dans votre métier : tuer ou être tué. Voici le fil conducteur du jeu. Vous intervenez sur divers lieux où ont été repérés les gros narcotraficants, décimez leurs gardes, et les interrogez. Vous remontez ainsi les pistes jusqu’aux plus gros poissons qui sont, vous vous en doutez, plus fortement gardés. L’histoire fait un looping à un moment du jeu, mais taisons nous et laissons parler la poudre. Tout cela vous est expliqué au fil du jeu par des cinématiques aux doublages impeccables. Une certaine mise en scène rappelant les vieux films américains y est même présente. Ce côté là régale.

L'inventaire presque complet. Il ne manque que le snipe et un mini gun destructeur.

De bons outils pour un bon ouvrier

Et il y a de quoi faire ! Les armes de poing peuvent se porter en double de ce côté de l’équateur. En plus de donner un style, cela apporte une puissance de feu non négligeable. Cependant les Uzi et autres Mac4 sont bien vite délaissés pour la gamme au dessus. Au rayon des mitraillettes se comptent les kalashnikov, MP5, M16 et M16 à lunettes. Ces jouets sont gourmands en munitions. Pour compenser, vous avez à disposition des fusils à pompe, à canons sciés, de quoi sniper et mitrailler lourdement. Sans compter le lance-roquettes. Vous l’aurez compris, la diversité des armes fait beaucoup dans la qualité des combats. D’autant plus que les ennemis tués laissent leurs attirails au sol, ce qui vous permet de n'être quasiment jamais à court. De la même manière, les doses d'énergie parsèment, correctement dosées, les niveaux. Vous trouvez ça dommage ? Rassurez-vous, l'équilibre options / ennemis est bien calculée. Vous craignez toujours de mourir sans devoir recharger votre partie toutes les 30 secondes.

Le mode "bullet-time" permet des actions de folie !

Une copie sans peine

Le titre est entièrement conçu sur le modèle de Max Payne. Pour les néophytes, sachez que nous sommes dans un jeu de tir à la troisième personne. La particularité est de disposer d'un mode "bullet-time". Petite explication : lorsque vous déclenchez ce mode, dont la durée est régie par une petite barre d’énergie, le monde autour de vous ralentit. Vous pouvez alors précisément viser et tirer sur plusieurs ennemis avant qu’ils n’aient pu réagir. Vous pensez que le titre s’en retrouve moins difficile ? Pas du tout car ce système donne une ambiance cinématographique. En effet, à vous les entrées folles dans les pièces remplies d’ennemis. Placez 5 headshots et 3 roulades avant même de vous faire repérer. Nous savions déjà que ce système fonctionnait bien et procurait du plaisir. Maintenant, en plus des atouts précités, il faut que El Matador en montre un peu plus pour nous faire les yeux doux. En avant !

de_train ?

Le voyage est à l'oeil

Le jeu nous fait traverser bon nombre de décors différents. Bien que le level-design soit primaire et donne une sacrée impression de linéarité, l'environnement n'en est pas moins sympathique. L'histoire est découpée en six chapitres, offrant au total une vingtaine de niveaux. Les développeurs ont su intégrer de bonnes scènes et de bons scripts à cette progression. Vous êtes ainsi agréablement surpris par des ennemis qui vous apparaissent dans le dos, ou encore qui sont suffisamment bien cachés pour vous surprendre. De là, vous cherchez le bon angle pour tirer tout droit dans leur tête de campeur. Il est assez difficile d’exprimer un sentiment de jeu mais certains passages font penser à, tenez vous bien, Counter-Strike. Pas l’actuel mais les premières beta où personne ne savait encore vraiment jouer et où les actions personnelles étaient donc de rigueur. Ne vous y trompez pas, l’IA du jeu n’est pas exceptionnelle. Les ennemis savent lancer une grenade, se cachent assez bien, mais ils sont plutôt faciles à battre. De toutes manières, El Matador prend ce paramètre en compte et vous fournit des tonnes de chair à canon. En un mot : c’est bourrin. Et vous aimez ça, ne le niez pas !

Ici, un beau bug au milieu du chapitre 2...

Un physique ingrat mais un coeur d'or

El Matador a plusieurs failles, et c’est de loin la technique qui est la plus importante. La sortie providentielle d’un patch résout bon nombre de soucis. Cependant, le moteur n'apparaît pas du tout optimisé. Il supporte maintenant le HDR mais cette fonction a dû être implantée à la va-vite. De ce fait, les scènes qui l’utilisent demandent trop de ressources. De la même manière, certaines textures transparentes font ramer des passages anodins sans ennemis. La salle suivante, vous tournez à 60 FPS avec 10 sauvageons à l’écran, vous jetant des grenades et donc des tonnes de particules. El Matador est gourmand en mémoire, aussi pensez à couper toutes vos applications en tâche de fond si vous ne possédez pas plus de 512 Mo de RAM. Les temps de chargements ne sont pas excessifs. Mais pour ce qui est de jouer avec les sauvegardes / chargements rapides, c’est déjà trop long. Alors, bon titre ou non malgré tous ces défauts ?
Les Plus
  • Doublages et sons impeccables
  • Le côté bourrin du titre offre un bon moment de détente
  • Les armes sont nombreuses, et les "headshots" fusent
  • Les interventions des ennemis sont bien scriptées
  • Notez que le patch donne droit à des résolutions "WideScreen"
Les Moins
  • Le jeu rame par moment et certains plantages impromptus
  • L'IA est faible
  • Les niveaux donnent la sensation d'être dans un grand couloir.