Yakuza Kiwami

28 août 2017
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur SEGA
  • Développeur SEGA
  • Sortie initiale 29 août 2017
  • Genre Action

Y'a plus qu'à

Yakuza Kiwami est une refonte comme nous aimerions toujours en voir. À dire vrai, il pourrait même définir la démarche : pour les quinze prochaines années, Kiwami sera probablement le meilleur moyen de redécouvrir une œuvre majeure des années 2000. Beau, rapide, incluant quelques ajouts liés à Yakuza Zero et mettant parfaitement en valeur le scénario qui a fait sa réputation, le jeu fait carton plein. Et tout ça pour une trentaine d'euros ! Qui dit mieux ?

Les fans européens de Yakuza sont gâtés en ce moment. Après Yakuza Zero en janvier, voilà que débarque Yakuza Kiwami, remake du premier épisode de la licence de SEGA. Et si deux des meilleurs jeux de l'année étaient issus de la même série ?

L'histoire

Yakuza Kiwami reprend donc, logiquement, le scénario du premier épisode de la série datant de 2005. Après avoir collecté de l'argent et rejoint son ami Nishiki et la belle Yumi dans un bar, Kiryu retrouve son boss Kazama avec lequel il a un entretien. Pendant la rencontre, il apprend que Yumi a été enlevée par le chef du clan Dojima et que Nishiki est parti à sa poursuite. Ni une ni deux, le héros se rend sur place où il découvre que Nishiki a tué le chef du clan tandis que Yumi semble avoir été violée. Tout de même reconnaissant envers son ami qui a sauvé celle pour qui il semblait avoir des sentiments, et sachant qu'il a toujours été comme un grand frère pour Nishiki, Kiryu prend la responsabilité du meurtre et se retrouve en prison. Dix ans plus tard, lorsqu'il a purgé sa peine, Nishiki a bien changé et est désormais l'un des nouveaux patriarches...

Le scénario de ce premier Yakuza conserve tout ce qui fait de ce jeu l'un des monuments des années 2000, et surtout la pierre fondatrice de l'une des grandes sagas japonaises de la décennie passée. Le jeu brille toujours par son avalanche de rebondissements, et notamment par son introduction à la narration et au montage implacables (ça vaut le détour). Aussi, il utilise tous les outils narratifs (flashbacks, etc.) qui ont fait de cette série l'une des œuvres les plus cinématographiques du paysage vidéoludique japonais. En fin de compte, seul l'originalité de la narration de Yakuza Zero (qui faisait alterner entre Kiryu et Majima) peut laisser penser que l'histoire de cet épisode est un (très léger) cran en dessous.

Détail amusant : le jeu intègre quelques rappels à Yakuza 0, comme ici dans les phases de karaoké.

Le principe

Évidemment, ce Kiwami rassemble tous les éléments de Yakuza en y appliquant la recette de Yakuza Zero. Ainsi vous retrouvez un visuel proche, mais surtout tous les gimmicks tirés du récent jeu PlayStation 4. C'est le cas notamment au niveau du positionnement de la caméra et la mise en valeur des décors ou des combats. De ce point de vue, ce remake est parfaitement justifié et les environnements simples et vus de dessus du jeu PlayStation 2 laissent place à une caméra renforçant le spectacle et l'immersion.

Niveau jeu, la recette PlayStation 4 de la série est de mise, surtout que la majorité du monde ouvert laisse penser que le quartier Tokyoïte a directement été repris de Yakuza Zero. Si le système de jeu reprend grosso modo le principe bien connu de la série et de Zero, la différence vient surtout de la présence de Majima que vous devez désormais affronter pour gagner les améliorations liées au style "Dragon de Dojima". Le vrai bon point, c'est la présence d'une jauge d'expérience qui vient remplacer l'argent lorsqu'il s'agit d'acquérir de nouvelles aptitudes. Un choix parfaitement justifié puisqu'il n'y avait pas grand-chose de logique à investir financièrement dans son personnage. Toujours en ce qui concerne le gameplay, quelques mécaniques ont été modernisées avec par exemple l'intégration de contres spéciaux contre les boss.

Bien entendu, Yakuza premier du nom fait un peu brute de décoffrage en comparaison du plus récent volet sorti chez nous. Ici, pas de pans secondaires ultras poussés (le jeu conserve toutefois des mini-jeux annexes tels que les courses de modèles réduits ou les combats de catcheuses à base de pierre-papier-ciseaux, accessibles dans la salle d'arcade). Si certains trouveront à juste titre l'expérience moins généreuse, Yakuza Zero avait aussi été critiqué par d'autres pour l'être peut-être un peu trop (drôle d'idée !). À vous de voir où vous vous situez.

La caméra plus serrée permet de redécouvrir certains passages.

L'emballage

Côté technique, Yakuza Kiwami propose des graphismes proches de Yakuza Zero. C'est plutôt vrai pour les cinématiques, moins pour certains environnements qui commencent à accuser leur âge. Ceci dit, le jeu reste une vraie production PlayStation 4 et non un simple portage lissé du remake PlayStation 3. Surtout que le framerate est bien plus élevé (une soixantaine d'images/seconde, a priori), tout en se payant le luxe d'être parfaitement stable. Ce n'était pas tout à fait le cas du précédent volet.

Le système de compétences a fait ses preuves. Comme toujours, plusieurs styles sont au programme.

Pour qui ?

Ce n'est pas bien compliqué : Yakuza Kiwami est tout simplement indispensable si vous comprenez l'anglais (seule langue proposée pour les sous-titres). En effet, il constitue un vrai prolongement de l'expérience pour ceux qui ont apprécié Yakuza Zero. Vous pourriez être tenté de le voir comme un DLC de luxe rajoutant une vingtaine d'heures et une histoire entière à l'aventure. Mais ce n'est pas tout : il est peut-être même préférable de commencer par Yakuza Kiwami si vous n'avez pas fait Yakuza Zero. Moins généreux que le jeu sorti en janvier (et étant donné que ce dernier est un préquel), il est donc possible de prendre l'aventure par le bout que l'on souhaite. Et autant vous dire que pour moins de trente euros, vous n'avez absolument aucune excuse.

De nombreux mini-jeux sont disponibles. Les combats de catcheuses se basent sur des decks.

L'anecdote

Il y a un truc un peu agaçant dans la série des Yakuza. Elle reflète en effet assez justement une des sales manies de notre époque : il faut finir le jeu en difficile avant de pouvoir accéder au mode Légendaire. Ce qui est un peu énervant quand on sait que le mode difficile passe comme une lettre à la poste, puisqu'il suffit de faire le plein de "potions" régulièrement pour s'en sortir. Cette mode semble découler de celle des trophées/succès (de cette manière, les joueurs sont dans l'obligation de faire l'aventure au moins deux fois), mais il est dommage de ne pas pouvoir accéder à tous les niveaux de difficulté dès le lancement d'un jeu.
Les Plus
  • Très satisfaisant sur le plan technique
  • L'histoire, encore et toujours
  • Le cachet cinématographique
  • Une efficacité aussi redoutable qu'un coup au foie
  • Une belle durée de vie
  • Un système de progression bonifié
  • Une refonte exemplaire, et à petit prix
Les Moins
  • Logiquement moins généreux que les volets les plus récents (malgré quelques ajustements)