Sortez le bouclier anti-émeutes, voilà Urban Chaos

17 juil. 2006
Testé par BahamutXIII sur
Disponible sur
3

Au final, Urban Chaos propose un gameplay sympathique avec une grosse valeur ajoutée : le bouclier. Un équipement distinctif et bien utilisé, qui peut lui aussi être amélioré. Il se manie alors si vite que la combinaison "retrait de bouclier - headshot - replacement du bouclier" devient votre arme favorite. Le système de médailles varie un peu les plaisirs, et vous n'avez pas toujours la même arme en main. Tout l'aspect collaboratif est également bienvenu et agréable. Côté défauts, il reste une certaine répétition, bien que tempérée. Il y a surtout la mise en scène, qui peut agacer. Tout d'abord, l'aspect hollywoodien de la guerre urbaine, mais aussi la façon dont les flashs d'information exagèrent les faits et vous portent seul en héros. Des détails qui ne bloqueront que les plus tatillons, les autres s'amuseront et peuvent s'y essayer. S'ils sont majeurs, car en plus d'être violent, le jeu est extrêmement grossier.

Le premier Urban Chaos est sorti il y a plus de six ans. Il s'agissait alors d'un jeu d'action/aventure futuriste, en vue à la troisième personne. Aujourd'hui, le studio Rocksteady reprend la licence d'Eidos, et en fait un violent FPS contemporain. Mais sur le fond, la continuïté est de mise : cette cuvée 2006 est un bon petit jeu, plutôt original et varié. Si vous vous sentez l'âme d'un héros anti-gang, suivez le guide.

Un Burner digne de ce nom n'y va pas avec le dos de la tronçonneuse.

La tolérance zéro selon Nick Mason

Mettez-vous en condition. Vous êtes Nick Mason, une espèce d'hybride entre un CRS et une brute sanguinaire. Vous êtes un membre de la toute nouvelle unité T-Zero, section de choc de la police. Car vous êtes un fervent patriote, et s'il y a bien une chose qui vous rend malade, ce sont les gangs. Alors, vous n'avez pas hésité. Vous avez décidé d'appuyer la politique extrême du maire, et vous avez intégré l'unité "tolérance zéro". Ainsi, vous profitez désormais de moyens phénoménaux, et disposez quasiment des pleins-pouvoirs. L'unité n'est pas très bien vue du grand public, mais peu importe. Quand elle aura commencé à agir, et que vous aurez rayé les Burners de la surface du globe, les civils vous remercieront à genoux. La Croisade est lancée. Assez sommaire comme scénario, mais efficace. Quelques accusations politiques sans intérêt ponctuent ensuite l'aventure.

Lors des prises d'otage, vous vous laissez patientiemment canarder en attendant le bon moment. Mais là, tirez !

Entrée en matière

Côté mise en scène, chaque mission est annoncée par le biais d'un faux flash d'actualités. Ces séquences sont filmées, avec une actrice bien réelle comme présentatrice. Une fois le premier flash passé, le baptême du feu de T-Zero peut commencer. Vous débarquez bruyamment dans une cour fermée où des gaillards d'apparence peu amicale vous attendent. Et, effectivement, ils vous accueillent par des jets de hachoirs, quand ils ne vous tirent pas dessus. Ni une ni deux, vous vous apprétez à riposter ; mais là, vous bloquez. Les instructions orales pleuvent autant que les coups, et de plus, vous ignorez les touches à utiliser. Pause. Vous savez au moins ce que fait le bouton start, c'est déjà ça. Après un rapide coup d'oeil aux options, une dizaine d'individus suspects est à terre, et vous obtenez le Saint-Graal du super-flic : le bouclier anti-émeutes.

Un pompier peut aussi servir à couper le courant. Mais il n'est pas plus fin que vous.

De nouveaux et précieux amis

Clef de voûte du gameplay, cet accessoire transparent sert d'abord à approcher seul les ennemis, à l'abri des balles. A noter qu'il garde la trace des impacts, donc la visibilité s'en ressent. Indispensable, vous lui découvrez même d'autres usages à l'occasion. Outre votre meilleur ami le bouclier, vous êtes rapidement accompagné d'une médecin et d'un pompier. La première vous suit à distance, et vous devez la rejoindre pour profiter de ses soins. Le second reste à vos côtés et vous aide à enfoncer les portes, à progresser dans un bâtiment en feu ou à porter secours à un blessé. Parfois, un officier vous accompagne également, et vous couvre tant bien que mal. En plus, ils sont sympas : ils vous donnent parfois de l'équipement. Votre pote en rouge, par exemple, vous donne rapidement un masque anti-feu. Autant dire un redoutable appareil de vision thermique.

Pourtant, avec le magnum, pas besoin de viser la tête.

Armes de destruction massive

C'est vrai qu'ils sont gentils, ces services de secours. Ils se blessent peu, et ils comprennent des ordres simples, faciles et rapides à donner. Mais votre job, c'est de tuer. Alors, parmi les armes, vous retrouvez lance-grenades et autres cocktails molotov, en sus des grands classiques. Elles ont chacune des avantages et des défauts marqués, et Urban Chaos joue plutôt bien dessus. Même votre meilleur ami, le bouclier, peut servir d'arme de corps à corps. A côté de cet arsenal, le paralysant fait pâle figure ; mais les patrons récompensent les captures vivantes, alors ça mérite un effort. A plus forte raison s'il s'agit de chefs du gang : de base, vos médailles améliorent votre équipement, mais une grosse prise vous donne accès à des missions spéciales. Ceci dit, des médailles, vous pouvez en avoir de bien des façons. En remplissant un quota de tirs dans la tête, par exemple.
Les Plus
  • Le bouclier
  • Les armes assez différentes qui se succèdent entre vos mains
  • L'immersion par les voix : des injures ennemies qui réagissent au contexte, couplées à des indications alliées essentiellement orales
  • Des choses qui diversifient un peu le tir au pigeon : les objectifs secondaires qui améliorent notablement votre équipement, et surtout la coopération
  • La dernière mission, qui vous prend au dépourvu
Les Moins
  • C'est Hollywood
  • Le doublage atroce de la présentatrice
  • Le pistolet paralysant donne l'impression d'être là surtout pour le principe : il est tout juste utile contre les chefs de gang
  • L'utilisation très superficielle du moteur physique Havok