EVE : Valkyrie

20 oct. 2016
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Développeur CCP
  • Sortie initiale 15 mars 2016
  • Genre Action

La tête vraiment dans les étoiles

Si l'avenir de la VR peut laisser dubitatif, EVE : Valkyrie n'en reste pas moins un jeu remarquable. C'est simple : le titre semble parfaitement comprendre les limites du procédé, et il prend donc un malin plaisir à jouer avec celles-ci. EVE : Valkyrie n'est pas un FPS bavard, il n'est même pas un jeu véritablement scénarisé... Non, il s'agit avant tout d'un titre jouant sur le fantasme de n'importe quel homme, à savoir l'espace et ses batailles spatiales. Ici, tout est une question de sensations, qu'il s'agisse de la démesure du vide ou de celle de vos actions. Foncer à pleine balle pour secourir l'un de vos coéquipiers, voilà ce que propose EVE : Valkyrie. Et si cela peut être résumé en quelques mots, l'expérience reste unique.

Spécialement conçu pour la réalité virtuelle, EVE : Valkyrie est d'abord arrivé sur PC (en mars dernier) avant de pointer le bout de son boitier sur PlayStation 4. C'est donc pour la sortie du casque PlayStation VR qu'EVE : Valkyrie atterrit sur consoles.

L'emballage

Nous n'allons pas vous mentir : EVE : Valkyrie nous intrigue avant tout pour son approche de la VR. Ici, le jeu impressionne plus qu'il ne déçoit. En effet, difficile de ne pas être exalté une fois dans le cockpit du vaisseau, ce grâce à l'univers (au sens propre) qui s’ouvre devant nos yeux. A contrario, soulignons tout de même la qualité discutable des textures (comme toujours avec le procédé). EVE : Valkyrie est truffé d'aliasing et ressemble finalement plus à un jeu d'une PlaySatation 3 en début de vie qu'à un titre PlayStation 4. Pourtant, le jeu assure le principal grâce à sa démesure, à sa vitesse et à ses effets visuels immersifs (explosions, etc.). À ce titre, certaines maps jouent parfaitement le jeu de la VR, avec des éléments d'une taille assez folle. Qu'il s'agisse de vaisseaux, de structures ou d'astéroïdes entre lesquels vous pouvez slalomer.

Imaginez ce que ça fait d'être dans l'espace. Cela vaut toutes les textures du monde.

Le principe

Le gameplay participe aussi à cette démesure puisqu'il se base même sur cette dernière. Dépourvu d'une aventure solo réellement travaillée, EVE : Valkyrie est avant tout un shooter multijoueur. En ce sens, il propose plusieurs modes de jeu (deathmatch, capture, etc.) et vous offre la possibilité de choisir votre vaisseau. Si certaines machines sont basées sur le combat direct, d'autres servent de soutien (absorption de boucliers, réparation, etc.). La vraie réussite du jeu tient donc dans son équilibrage, mais aussi dans la nervosité de son gameplay. Les vaisseaux sont relativement rapides et cela influe grandement sur le ressenti. D'une façon primitive et sensorielle d'abord, ensuite parce que cela permet de camoufler tant bien que mal les soucis graphiques : difficile de s'attarder sur l'alliasing lors d'une bataille explosive.

Ce vaisseau permet par exemple d'effectuer un super-saut. Pratique pour accélérer.

Le multi

Plus intéressant encore, le jeu tire profit de sa mise à l'échelle pour proposer un game design adapté. Si vous passerez la plupart de votre temps dans des sessions multijoueurs à 8 vs 8, certains modes se démarquent par leur singularité. La capture de positions demande par de placer des drones près de balises. A vous d'essayer de les lâcher discrètement pour capturer une position en évitant que les ennemis les détruisent. Dans ces moments, le jeu bénéficie pleinement de la taille de ses environnements : le gameplay favorise la navigation dans des structures énormes et complexe, et c'est donc à vous qu'il incombe de construire votre stratégie. Le mode le plus épique du jeu va même plus loin, vous demandant de capturer des points afin de désactiver le bouclier d'un gigantesque vaisseau ennemi. À vous ensuite de foncer sur ce dernier, d'abattre ses défenses avant de vous en prendre au générateur en son centre. Génial, surtout qu'à l'instar d'un titre comme Splatoon, le concept semble se suffire à lui-même et il n'est pas rare d’enchaîner des parties sans même s'en apercevoir.

La taille des éléments rend le gameplay particulièrement intéressant.

Pour qui ?

C'est dans la simplicité de son concept qu'EVE : Valkyrie puise sa force. La VR a cette particularité de limiter inévitablement l'approche ludique : plongé dans un champ de vision, le joueur est prisonnier de la forme ludique et de son environnement. EVE : Valkyrie tire pleinement profit de cette idée en limitant la vision à celle du pilote coincé dans son cockpit. Couplé à l'abondance de contenu (de nombreuses peintures, améliorations et machines peuvent être débloquées), cela fait d'EVE : Valkyrie un titre à la fois simple et profond. Le jeu vous propose de faire des batailles spatiales, mais les mécaniques et le contenu sont assez conséquents pour ne pas croire qu'il s'agit d'un énième "petit jeu".

Le solo permet surtout de se familiariser avec le jeu et d'avoir des infos sur le background.

L'anecdote

EVE : Valkyrie procure quelques moments unique. Comme lorsque vous êtes dans votre vaisseau et que vous voyez un coéquipier au loin en train de se faire harceler par deux ennemis. Dans ces moments, vous vous surprendrez même à parler tout seul à haute voix, histoire d'espérer que celui-ci ne se fasse pas abattre avant votre arrivée.

Le jeu vous permet d'améliorer vos vaisseaux et de les repeindre.

L'astuce

De prime abord, vous pouvez penser que le jeu fait la part belle aux joueurs dépensant de l'argent réel. Pourtant, il n'en est rien et le titre permet souvent de faire des emplettes avec la monnaie en jeu. Par conséquent, n'oubliez pas d'acheter des implants vous permettant de booster votre expérience de 50%. Ce luxe n'est pas réservé aux plus riches. D'ailleurs, sachez que le jeu vous offre d'office 2500 d'or, ce qui équivaut à près d'un million de monnaie. Nous vous conseillons de les conserver pour acheter des tubes de lancement (coûtant 500 000 chacun !) : ils vous permettent de choisir un nouveau vaisseau après chacune de vos morts.
Les Plus
  • L'échelle et la démesure qui font oublier beaucoup de choses
  • Les effets visuels
  • Un jeu parfaitement adapté à la VR (principe, gameplay, etc.)
  • Des sensations grisantes
  • Un mode multijoueur comme on les aime, gratifiant et à fort potentiel
  • Une durée de vie plus conséquente qu'il ne parait
  • Du cross-plateforme PC/PS4
Les Moins
  • Intrinsèquement pas très beau (comme toujours avec la VR)