Shadowgrounds : lampe de poche et bêtes méchantes

17 mars 2006
Testé par sur
Disponible sur
3
  • Développeur Frozenbyte
  • Sortie initiale 27 janvier 2006
  • Genre Action

Pas mal de bonnes idées, un graphisme assez soigné, des effets visuels bien exploités, Shadowgrounds est un jeu qui trouvera son public. Par contre, coté immersion et aventure, la séduction n'opère pas, puisque doté d'un scénario plus que basique, le joueur se concentrera inévitablement et uniquement sur la partie action, ce qui est bien dommage. L'action, même si elle demeure répétitive et linéaire, n'est pas étouffante et reste bien présente, avec de temps à autre des cinématiques 3D pour souffler. Ici, pas de missions compliquées, pas de prise de tête : on joue, un point c'est tout. En attendant la sortie d'un add-on ou d'un correctif avec un véritable mod online, de bonnes parties à 4 sont à prévoir grâce à l'ajout d'un mode coopératif. Même si le titre souffre de quelques défauts de jeunesse (l'animation et quelques bugs), Shadowgrounds, premier titre de Frozenbyte, est un jeu simple, rapide, et bien bourrin comme on les aime. Une chose est certaine : les fans de MIB seront ravis !

Quel est le rapport entre deux ténors du jeu vidéo, comme DOOM 3 et Diablo ? Shadowgrounds ! Cela faisait un petit bout de temps que des jeux d'action du genre n'avaient pas pointés le bout de leur nez sur nos chers PC. Nouveau petit studio, le finlandais Frozenbyte s'essaye dans le shoot à l'ancienne et vue de dessus - rappelez-vous Expendable ou Alien Breed - avec l'appui de Nobilis. Back to the future.

Notre nouvel ami...

Les misères de la science

En 2096, la terre est totalement polluée et surpeuplée. Des organisations gouvernementales et privées se sont alors tournées vers la conquête de l'espace pour trouver des planètes habitables. L'une d'elles, Ganymède, était parfaite pour ce rôle. Mais en lieu et place d'habitations, l'armée y a installé une base de recherche et un camp militaire. Le projet de colonisation et de réchauffement de la planète tourne mal, les chercheurs qui gèrent la mission se trouvent dépassés. A ce moment, c'est la prolifération de vilaines bébètes qui en veulent à tout et à n'importe quoi. Décidément, les humains n'ont jamais de chance dans les jeux vidéo. En tous les cas, une seule personne sera dévouée par ses gentils petits camarades pour s'acquitter du sale boulot, et cette fois-ci, ce sera un mécano, Tyler : à nous de rétablir l'ordre dans tout ce bordel et de montrer "qui c'est le plus fort"...

Des armes et des kits à GoGo

Une entrée en matière d'une grande simplicité

Après une installation enfantine, 2-3 clics suffisent pour lancer le jeu : place aux Aliens et aux boss gigantesques, place au carnage ! A l'image des jeux du même type, Shadowgrounds nous propose un défouloir dans une ambiance plus que tamisée, avec pas moins de 10 armes classiques (lance flamme, mitraillette, laser...), mais toutes customisables et redoutables dans la pratique. Exit la complication, récolter des badges lumineux suffit, et leur nombre permet d'accéder à différentes modifications d'arme, au choix. N'oublions pas la plus cruciale, la belle, et la plus utile de toutes, la lampe-torche : sans elle, impossible d'explorer les recoins sombres ou de localiser les ennemis cachés. Dans tout ce lot, les développeurs ont eu la bonne idée de rajouter, en plus du mode solo, un mode coopératif, avec 4 joueurs au maximum. Petite curiosité, 5 vies uniquement pour le joueur, et une sauvegarde automatique : étrange, c'est tant mieux, les vies se réinitialisant à chaque réussite de niveau. Cela rallonge un peu la durée de vie du jeu, qui déjà, est assez courte en mode facile. Même si le jeu suit un fil conducteur, l'envie de casser l'alien est telle que vous ne lirez même plus les instructions de vos camarades : se fier simplement au menu des objectifs et à la carte suffit pour arriver à bout des missions. C'est évident, ShadowGrounds souffre d'un scénario trop simple et banal. Pas de sensation de participer à une véritable aventure, comme par exemple dans Diablo.

C'est la dame de ménage qui va être ravie !

Die Hard

D'une manière générale, les missions ne brillent pas par leur complexité : tirer droit devant et bêtement pour casser du méchant alien, trouver un scientifique, action avec les collègues, réparer des appareils, vous êtes l'homme à tout faire. L'intérêt : se défouler, tester des kits d'armes - les points sont assez difficiles à accumuler -, tout faire péter (des objets simples comme des caisses de munition, des containers ou quelques murs destructibles), pour se frayer un passage ou récupérer des bonus. Tout ceci en vous aidant de votre lampe de poche pour débusquer des créatures immondes (araignées et chenilles robotisées) prêtes à vous sauter à la gorge. Les monstres sont hideux, avec une résistance croissante, et les boss de fin de niveaux assez impressionnants, mais pas très futés ! Il est même possible d'en coller certains et de taper dedans comme un bourrin. Le reste des participants ne font pas non plus dans le génie : pour certaines missions, vos collègues vous suivront bêtement, en vous bloquant même parfois entre leurs tirs et ceux des ennemis. Tout le monde comprendra qu'en 2096, l'intelligence artificielle n'est toujours pas au point. Par contre, la bonne surprise vient de la prise en main, quasi immédiate. Se diriger au clavier et tirer à la souris est très efficace, tellement efficace qu'il est possible de prendre un objet se trouvant de l'autre coté d'un mur, simplement en pointant dessus. Parfois, dans la confusion générale, ou par des gestes saccadés qui rendent son guidage difficile, notre héros se bloque contre des éléments du décor. Rien de grave, il est quand même possible de bien viser ses ennemis, ce qui donne parfois une impression d'invincibilité.

Les Sims 2 version Doom 3.

Belle réalisation technique

Vu de haut, les graphismes de Shadowgrounds sont assez bien réussis, avec des textures impeccables, comme des effets graphiques et météo splendides : la pluie, le brouillard, les lumières et les ombres, sont d'un réalisme bluffant, à l'instar des effets thermiques (ondulations de chaleur lors d'une explosion). Pas mal de petits détails viennent renforcer l'immersion comme le zoom alors que vous êtes dans une petite pièce, et les troubles de la vue sur certaines actions. Par contre, dès que ça repasse en cinématique 3D, ça se gâte : en mode FPS, le jeu serait laid, car les bugs graphiques deviennent visibles. L'animation n'est pas non plus un véritable succès : globalement en retrait, les personnages patinent carrément, comme des joueurs de foot en première 3D, bougeant dans tous les sens, avec des crampes. Plus de fluidité dans les gestes n'aurait pas fait de mal. Pour les ennemis, c'est identique, ça part et ça s'arrête au quart de tour, comme une voiture téléguidée. L'ambiance générale, quand à elle, est assez bien réussie. La comparaison avec DOOM 3 est flagrante, tant sur la bande sonore que sur l'aspect des niveaux, avec des couloirs sombres et des monstres qui sortent de partout. En revanche, pas de doublage : les voix originales sont en tchèque... pardon, en anglais sous titré français. C'est peut être mieux ainsi, quand on voit le résultat, de près, dans les cinématiques.
Les Plus
  • Les graphismes
  • Le mode Multijoueur
  • Les Armes évolutives
  • La simplicité générale du titre
Les Moins
  • Des pièces longues à accumuler
  • Un scénario plus que banal, comme les missions
  • L'asbence de doublage français
  • L'animation des personnages