Overwatch

15 oct. 2016
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Un excellent shooter… quand les joueurs jouent en équipe

Pour une première entrée dans la catégorie FPS, Blizzard frappe fort avec Overwatch. Le nombre et la variété des héros permet à tous les types de joueurs de trouver leur bonheur, et les diverses synergies donnent une profondeur stratégique qui rend la communication entre les joueurs et leur flexibilité au moins aussi importantes que leur capacité à bien viser. Les principaux problèmes du jeu à sa sortie (netcode et hitboxes en tête) ont été corrigés les premiers mois, ne reste plus qu’à espérer des améliorations du matchmaking pour que le mode compétitif ne soit plus aussi frustrant pour les joueurs ne jouant pas avec plusieurs amis.

Blizzard débarque dans le monde des FPS avec Overwatch. Basé sur des compositions d’équipes évoluant en cours de partie, le jeu récupère quelques éléments des MOBAs (les héros et leurs skills) pour les placer dans le contexte d’un shooter en équipe. Le tout en mariant une grande facilité d’accès pour les débutants (et consoles) mais avec suffisamment de profondeur et de difficulté pour en faire un esport.

L'histoire

L’histoire d’Overwatch… n’est pas dans Overwatch. Blizzard a opté pour orienter le jeu purement sur le multijoueur, sans mode solo et en ne développant l’univers et les relations entre les différents héros que par le biais d’autres médias (cinématiques, webcomics, …). Sorti de quelques échanges entre les héros en début de partie, c’est sur Internet que vous devrez aller pour découvrir le reste. L’univers n’a aucune influence sur le gameplay et vous pouvez sans problème associer des ennemis jurés ou même avoir plusieurs fois le même héros dans votre équipe.

Dans les grandes lignes, nous sommes 60 ans dans le futur, 30 ans après une guerre opposant humains et robots (les Omnics) gagnée notamment grâce à un groupe de héros : Overwatch. Des années plus tard, pour des raisons qui restent à élucider, Overwatch a été démantelé. À présent, suite aux actions d’un groupe aux intentions encore obscures (Talon), de nouveaux évènements se préparent et nécessitent la reconstitution d’Overwatch.

En fin de partie, photo de groupe pour les vainqueurs.

Le principe

Overwatch oppose deux équipes de 6 joueurs, qui s’affrontent autour d’un objectif. Pas d’inventaire ou de gestion d’équipement, toute la subtilité d’Overwatch réside dans les choix de héros pour chaque équipe, qui peuvent (et souvent doivent) évoluer en cours de partie. Vu de loin, le jeu a l’air simpliste. Chaque héros ne dispose généralement que d’une arme, 2 ou 3 skills supplémentaires et une "ultimate" utilisable une fois que vous avez causé suffisamment de dégâts à l'équipe adverse. Mais c'est le nombre de héros (22 à l'écriture de ces lignes, d'autres à venir), leur variété et leurs synergies qui donnent à Overwatch toute sa profondeur.

Un ninja cyborg qui grimpe aux murs, un soldat "standard" avec fusil d'assaut et lance-roquettes, des snipers (dont un médic), un lanceur de grenades/poseur de piège, un gorille à lunettes venant de la Lune (oui oui), une ex-joueuse professionnelle de Starcraft 2 reconvertie en tank..., la liste est longue. Chaque héros a ses faiblesses que l'équipe adverse cherchera à exploiter en adaptant sa composition, mais chaque héros a aussi d'excellentes synergies avec d'autres, que votre équipe cherchera à maximiser. Les parties ne sont du coup pas seulement décidées par la capacité de chaque joueur à bien jouer son héros, mais aussi et surtout par la capacité des équipes à communiquer, interagir et s'adapter en fonction de la situation.

Torbjörn, nain suédois avec accent écossais (forcément), poseur de tourelles.

Les modes de jeu

Overwatch dispose actuellement de quatre types de cartes (avec d'autres à venir) :

  • - contrôle : maintenir le contrôle d'un point, en trois manches,
  • - assaut : deux points à capturer,
  • - escorte : un convoi à escorter au travers de la carte,
  • - assaut+escorte : un point à capturer puis un convoi à escorter.

Ces cartes, au nombre de 13 pour le moment et là aussi avec d'autres à venir, peuvent se jouer en "Quick Play" (humains contre humains, avec matchmaking pour trouver des joueurs de votre niveau), "vs AI" (humains contre bots, avec trois niveaux de difficulté) et "Ranked" (mode compétitif, par saison, avec classement et ligues). Un mode "Custom" vous permet de créer des parties sur mesure, avec humains ou bots, en ajoutant éventuellement diverses restrictions et altérations (plus ou moins de dégâts ou de vie, réduction des cooldowns, ...)

Le dernier mode est le "Brawl", qui correspond essentiellement à du Quick Play avec des contraintes particulières, changeant chaque semaine. Il peut s'agir de n'avoir accès qu'aux personnages féminins, d'avoir un héros aléatoire changeant après chaque mort, de ne pouvoir toucher les adversaires que par des headshots, que tout le monde ait le même héros... À l'occasion de certains évènements saisonniers (jeux olympiques et Halloween jusqu'à présent), Blizzard se lache un peu en proposant des Brawls très différents. Pour les JO, un "Lucioball" (du football Overwatchisé, bien meilleur que le foot lui-même) et pour Halloween un mode "Horde" où 4 joueurs affrontent des vagues de bots 'zombies'.

Fraîchement (pardon) arrivée de l'Antarctique, Mei est spécialiste de la congélation.

La prise en main

Si le nombre de héros disponibles peut paraître difficile à gérer pour les nouveaux joueurs, Blizzard a fait un excellent travail pour faciliter la prise en main.

Visuellement, Overwatch est à la fois magnifique, avec un style cartoon rafraîchissant (pas de photoréalisme, yay), mais suffisamment clair pour pouvoir distinguer tout ce qui se passe à l'écran et reconnaître sans problème les héros à distance. Auditivement, le jeu a été pensé pour permettre aux joueurs de naviguer à l'oreille. Chaque héros a des sons bien distincts, chaque déclenchement d'une ultimate est accompagné d'une phrase que tous les joueurs entendent de loin (mais différente selon qu'il s'agisse d'un allié ou d'un ennemi), jusqu'aux bruits de pas qui sont là aussi différents d'un héros à l'autre. En bonus, les sons des héros ennemis sont joués à un volume supérieur à ceux des alliés selon le risque qu'ils représentent, pour aider à se repérer et à suivre ce qui se passe autour de vous.

Armé de shotguns jetables, Reaper, tel un Auk, aime surprendre les gens par l'arrière.

Le matchmaking

Comme indiqué plus haut, le jeu se charge de vous trouver aussi bien des alliés que des adversaires, théoriquement d'un niveau similaire au vôtre, le but étant évidemment d'obtenir des parties équilibrées. Et... c'est là que les choses se gâtent pour Overwatch.Vu l'importance des interactions entre les joueurs de chaque équipe, il peut suffire d'un seul mauvais élément pour mettre une partie par terre. Manque de bol, les idiots sont nombreux. Très nombreux. Des alliés qui refusent de communiquer, se contentent de faire des kills seuls dans leur coin au lieu d'aider à prendre l'objectif, ne changent pas de héros quand la composition adverse rend leur choix initial inutile, foncent dans le tas sans jamais attendre le reste de l'équipe, ... Les possibilités de problèmes sont sans fin. Du coup, Overwatch souffre d'un facteur aléatoire souvent très frustrant quand vous ne jouez pas avec un groupe 'connu' d'au moins 3 ou 4 personnes. Vos chances d'avoir de bonnes parties sont inversement relatives au nombre de joueurs aléatoires dans votre équipe.

Le problème est plus fréquent en Quick Play, là où les parties n'ont aucun enjeu, ce qui est ennuyeux mais pas vraiment contournable. C'est après tout un mode souvent utilisé pour pratiquer avec des héros qu'on maîtrise moins ou quand on a juste envie de se lâcher un peu. En mode compétitif en revanche, la frustration est décuplée. Le matchmaking fait correspondre les classements des joueurs pour choisir les équipes, mais pour peu que vous tombiez sur des alliés particulièrement mauvais, vous descendez du coup dans le classement ce qui augmente vos chances de tomber sur... d'autres mauvais alliés, et ainsi de suite. À l'écriture de ces lignes, la deuxième saison du mode compétitif approche de sa fin, et souffre beaucoup de ce problème, à moins d'être dans le haut du classement. Dans le milieu du classement (surtout de Gold à Platinum, mais aussi en Diamond), les écarts de niveaux entre joueurs de même rang sont souvent énormes, causant des parties extrêmement frustrantes. Des changements ont été annoncés pour la saison 3 qui pourraient réduire ces écarts ; on ne peut qu'espérer que les choses iront en s'arrangeant.

La française du jeu, Widowmaker est la spécialiste du sniper. Et des araignées.

Pour qui ?

Overwatch a l'avantage d'être à la fois très facile d'accès et compliqué à maîtriser une fois arrivé à un niveau où la stratégie de l'équipe et les combinaisons de héros deviennent aussi importantes (voire plus) que la capacité des joueurs à viser une cible. Du coup, ce jeu s'adresse aussi bien aux joueurs occasionnels qu'aux plus compétitifs, s'ils peuvent jouer en équipe. Les premiers auront de longues heures en perspective à passer dessus, aussi bien en Quick Play que contre des bots sans forcément chercher à creuser toutes les subtilités de la synergie entre les héros. Les autres verront le niveau des parties augmenter au fur et à mesure qu'ils s'améliorent et pourront développer leurs stratégies et leur maîtrise des différents héros dans des parties qui ne se ressemblent que rarement. Reste le problème du matchmaking, et à l'heure actuelle si vous comptez jouer seul ou à deux, soyez prévenus : aussi bon que soit le jeu lui-même, la quantité de parties gâchées par des joueurs refusant de jouer en équipe peut venir à bout des plus patients. En revanche, si vous pouvez jouer à 4, 5 ou (idéalement) 6, c'est là que le jeu prend toute sa dimension.

Pour finir, mention rapide de la version console d'Overwatch, qui ne manquera pas d'énerver les possesseurs de Xbox One ou PS4. Si le jeu reste tout à fait jouable et sympathique sur console, avec un équilibrage de héros différent de la version PC vu le manque de précision des gamepads, restons honnêtes : Overwatch est un FPS. Par le simple fait du contrôle par clavier/souris, sans parler des performances supérieures, si vous avez le choix entre la version PC ou console, la question ne se pose même pas : prenez la version PC. Si vous n'avez pas le choix, Overwatch console reste un très bon jeu, juste plus "casual".

À l'occasion d'évènements spéciaux (JO, Halloween, ...), de nouvelles skins "à thème" sont ajoutées.

L’anecdote

À son lancement, Overwatch pâtissait de gros problèmes de netcode et de hitboxes, avec de très fréquents cas de joueurs se faisant tuer derrière des murs, parce que leurs actions étaient ignorées par le serveur ou parce que certains héros pouvaient faire des headshots en... ratant leur cible. Deux problèmes qui ont leur importance dans un shooter nerveux cherchant à s'établir comme un esport.

Heureusement, ces deux problèmes ont été essentiellement réglés depuis, laissant le matchmaking aléatoire comme seul défaut majeur du jeu. Défaut qu'il est difficile à mettre entièrement sur le dos du jeu puisqu'il contient un fort facteur humain.
Les Plus
  • Des graphismes simultanément beaux, clairs et fun
  • Un cast international pour des voix de héros excellentes (en VO)
  • Un système audio qui priorise les sons les plus importants pour le joueur
  • Un moteur fluide et réactif (du moins sur PC)
  • Facile à prendre en main, difficile à maîtriser, comme il se doit
  • De nombreux héros variés pour coller à tous les types de joueurs
  • Un matchmaking qui génère des parties excellentes à volonté, quand il trouve des joueurs appropriés
  • Un jeu en constante évolution, avec nouveaux héros, maps et modes à venir
  • Une équipe de développement réactive et sympathique, qui communique beaucoup avec les joueurs
Les Moins
  • Comme souvent, fuyez la version française
  • Il arrive que le système audio masque des sons importants, il ne faut pas toujours s'y fier
  • Un matchmaking qui génère des parties abominables à répétition, quand il trouve des joueurs qui ne comprennent pas qu'Overwatch est un jeu d'équipe