One Piece : Burning Blood

13 juin 2016
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One Piece brûle t-il ?

One Piece : Burning Blood est finalement une adaptation de manga parmi d'autres. Non pas que le jeu soit fondamentalement catastrophique, mais il peine à justifier son achat auprès des cibles potentielles. Handicapé par une narration minimaliste, et des partis pris plus frustrants qu'autre chose, il finit de s'enterrer à cause d'une durée de vie artificielle. Reste à Burning Blood des batailles assez spectaculaires grâce à un vrai sens de la mise en scène. C'est peu, même si cela pourrait suffire à certains. Une suite serait quand même bienvenue.

Si les fans de One Piece ont eu leur dose de musô, ils restaient un peu sur leur faim en matière de baston. Bien conscient de cette opportunité, Bandai sort One Piece : Burning Blood, un titre de Spike Chunsoft bien parti pour poser les bases d'une série de jeux de combat.

L'histoire

One Piece : Burning Blood prend place durant le quatorzième arc de One Piece, à savoir Marineford. Pour faire court (et sans spoiler), Luffy part sauver Ace en compagnie de Barbe Blanche. Si le programme est alléchant, il est dommage de ne pas avoir profité de ce nouveau jeu pour reprendre le début de la série. Certes, One Piece est un manga extrêmement long, mais quand on connaît la propension qu'ont les éditeurs à étendre leurs licences à n'en plus finir, autant faire les choses correctement avec ce premier volet.

C'est d'autant plus vrai que Burning Blood, dans son cas, laisse tout de même la narration de côté. S'il intègre quelques cinématiques ou descriptifs, le jeu peine globalement à fluidifier sa trame scénaristique. À travers son mode Histoire, il a toutefois l'ambition d'alterner les points de vue. Un choix amusant puisque le titre complexifie un peu sa narration, prétextant de la densité de l'action pour multiplier les trames. Pour info (car nous y reviendrons plus tard), c'était déjà le cas dans Naruto Ultimate Ninja Storm 4 (développé par CyberConnect2).

Le mode Histoire vous propose quatre parcours. Des objectifs annexes sont parfois présents.

Le principe

Burning Blood propose un gameplay dans la veine des adaptations habituelles de mangas. Ainsi, il reste avant tout accessible et propose des mécaniques aussi spectaculaires que bancales. S'il est appréciable de pouvoir se contenter de spammer une touche et d'y intégrer directement des coups spéciaux ou des assistances (votre équipe inclut jusqu'à trois combattants), le jeu pâtit de son orientation grand public. En effet, Burning Blood fait partie de ces jeux de combat en arène intégrant des attaques à distance. Si celles présentes dans Naruto étaient à la fois justifiées et convaincantes, celles disponibles ici le sont moins, les personnages disposant d'avantages ou d'inconvénients pouvant passer du tout au tout.

À vrai dire, cela vaut pour de nombreuses mécaniques secondaires (contres, système de "tag", bonus apporté par les soutiens, etc.) qui se révèlent souvent futiles, voire frustrantes. En parlant de frustration, citons aussi le système de progression du mode Histoire, permettant de faire évoluer ses combattants au fil des combats. Une idée sympathique sur le papier mais finalement assez agaçante : l'expérience et l'argent acquis (nécessaire pour débloquer du contenu) sont trop insignifiants pour servir de carotte au joueur. Certes, Spike a probablement voulu retranscrire une forme de dépassement de soi, mais pas sûr que le résultat convienne à tout le monde... Du coup, nous serions presque contents de pouvoir finir l'intégralité du mode Histoire en trois heures, ce en appuyant presque toujours sur la même touche.

Échanger votre place en attaque ou en défense, contre deux ou trois portions de jauge d'embrasement.

L'emballage

Malgré cela, Burning Blood reste un jeu plutôt grisant, bien aidé par le spectacle procuré par la mise en scène. À défaut d'être beau et profond, le titre reste assez dynamique pour vous maintenir éveillé. En ce sens, il "fait le boulot", comme toutes ces adaptations de licences vous poussant à jouer pour découvrir les attaques spéciales des personnages, ou pour débloquer l'intégralité du contenu. À ce sujet, Burning Blood propose un peu plus de quarante combattants pour une soixantaine de soutiens (ces derniers ne servent qu'à fournir des capacités bonus). Un chiffre honnête mais les fans les plus tatillons resteront ronchons au regard du casting envisageable avec une série d'une telle envergure.

Pour gagner un peu d'expérience et d'argent, le jeu propose des pimes : des missions à objectifs.

Le multi

Sur le plan du multijoueur, Burning Blood propose un programme à la fois classique et efficace... Sur le papier du moins, le titre souffrant inévitablement de son gameplay manquant de profondeur. De plus, bien que la caméra reste plutôt adéquate en solo (il est même possible de l'éloigner un peu dans les options), le fait que les parties locales soient scindées verticalement nuit à l'expérience de jeu. Pour ce qui est du mode en ligne, c'est cette fois le manque d'équilibrage du gameplay qui vous jouera de vilains tours. Soulignons néanmoins la possibilité d'enregistrer des replays et de les partager en toute simplicité.

Le multi vous propose aussi de supporter une faction à travers des combats en VS ou contre l'IA.

Pour qui ?

Le paradoxe, c'est qu'on ne sait jamais trop à qui se destine réellement Burning Blood. Enfin si : il vise logiquement les fans du manga et uniquement eux. Avec sa narration minimaliste, inutile de vous dire qu'un néophyte peinera à ressentir de l'émotion au regard des évènements racontés. C'est tout ce qui différencie Burning Blood de cadors comme Ninja Storm 4, servant également de palliatif pour les gens ayant mis de côté le manga pendant un temps. N'espérez donc pas combler un quelconque retard avec le jeu de Spike, vous risqueriez simplement de vous gâcher un pan du manga. Mais il est tout aussi difficile de concevoir Burning Blood comme un titre destiné à satisfaire tous les fans de la série. À l'instar de ce qui se passe pour Dragon Ball, nous savons à quel point les fans peuvent être exigeants, et pas sûr que ceux de One Piece apprécient de voir un jeu se cantonner au seul arc de Marineford.

Dommage que la narration se résume parfois à des descriptifs. Les cinématiques sont convaincantes.

L'anecdote

Une petite précision qui a son importance : One Piece : Burning Blood désactive la capture d'écran dès qu'une cinématique apparaît. Ne soyez donc pas inquiets en remarquant l'absence d'images issues de ces dernières dans ce test : il s'agit juste d'un choix des développeurs (visiblement du moins). Peut-être pour ne pas gâcher les révélations liées à l'histoire, mais dans ce cas il est cocasse de voir que le titre autorise de prendre des captures des descriptifs illustrés. Cohérence quand tu nous tiens...
Les Plus
  • La mise en scène des affrontements
  • Sur le papier, la progression aurait pu être intéressante
  • Quand même pas mal de personnages
  • Des bases enfin posées pour un nouveau jeu de baston
  • Les cinématiques
  • Le potentiel pour une suite
Les Moins
  • Une durée de vie gonflée artificiellement
  • Un jeu qui manque d'équilibrage et se perd dans ses mécaniques
  • Certains fans trouveront qu'il manque des protagonistes
  • Un jeu qui se concentre sur un seul arc de l'histoire
  • Une narration qui manque vraiment de liant
  • Un jeu qui la joue trop facile (en terme de cible, il aurait été ambitieux de voir plus large, comme Naruto)
  • Le système d'expérience agaçant