Japan Expo 2010

10 oct. 2010
Rédigé par dalistar, jeff

NoLife fête ses 3 ans : Interview de Sébastien Ruchet

C’est à l’ouverture du dernier jour du salon que nous avons pu rencontrer l’un des dirigeants et co-fondateurs de la chaine Nolife. Malgré la fatigue accumulée après la conclusion de la 3ème saison de la chaine et 3 jours intenses de boulot sur le salon, Sébastien Ruchet a gentiment accepté de répondre à nos questions sur la chaine Nolife.

Sébastien Ruchet président de Nolife.

Gamatomic : Quelles étaient vos motivations à la création de la chaine ?

Sébastien Ruchet : En fait, avec Alex Pilot, on bossait pour la télé « traditionnelle » : on faisait des documentaires, des reportages, on parlait aussi du Japon… Mais quand Alex et Suzuka (autre collaboratrice de la chaine et conjointe d’Alex Pilot) allaient au Japon, ils avaient déjà plein plein d’opportunités. A l’époque, on avait réussi à concrétiser des choses, mais ça restait loin de tout ce que ces contacts pouvaient apporter. Il se trouve qu’on avait aussi entendu parler de la possibilité de créer une chaine pour pas trop cher mais sans trop y croire. On s’est quand même renseigné et c’est là que ça nous a paru jouable.
Ce qui nous a motivés ? Il y avait tellement de choses à faire qui n’existait pas… On était surmotivés pour tenter le coup, même si on savait que ça allait être très dur et que ça n’avait jamais été fait de cette façon.

G : Comment présenteriez-vous la chaine à ceux qui ne la connaissent pas encore ?

Sébastien Ruchet : Nolife est une chaine musicale qui diffuse de la musique du Japon et aussi des indépendants français. Mais il y a beaucoup d’autres choses sur Nolife, toutes les choses qui nous plaisent et qu’on peut aussi retrouver à la Japan Expo. Il y a du jeu vidéo du monde entier, de l’actu sur les mangas, les animés, de la culture japonaise. Il y a aussi du rétro gaming, c’est très important, du divertissement, des performances de jeu (superplay). Il y a des minis séries (shortcom). Il y a plein de choses ! Il ne faut pas hésiter à regarder pour justement se faire une idée.

Alex Pilot Co-fondateur de Nolife.

G : Vous venez de fêter les 3 ans de la chaine, qu’est ce qui à selon vous le plus évolué en 3 ans ?

Sébastien Ruchet : En 3 ans, on a pris de l’expérience c’est clair. On était limité par les moyens mais on a su trouver des méthodes de travail plus efficaces, plus rapides. On connaît aussi un peu mieux le milieu de la télé ; c’est très dur mais on avance chaque jour. Globalement, je pense que l’antenne est bien meilleure qu’à ses débuts.
Après l’équipe a pas mal bougé. Au début, on était très peu, maintenant il y a plus de monde impliqué : il y a des gens qui produisent des minis séries, des émissions à format court comme Costume Player (qui parle du cosplay). On a aussi dû laisser partir certaines personnes de l’équipe car financièrement on a connu une période très difficile dont on ne pensait pas pouvoir sortir.

G : Qu’aimeriez vous dire aujourd’hui aux détracteurs qui prédisaient la mort rapide de la chaine ?

Sébastien Ruchet : D’un point de vue logique et normal, ils avaient raison. C’était un projet un peu fou, mais depuis le début on a un point de vue et on s’y tient sans faiblir depuis 3 ans.
Maintenant, il faut reconnaître que ce projet semblait correspondre à l’attente d’un certain public. En tous cas, on a essayé de se battre pour que ça continue. On a eu de la chance aussi de rencontrer les gens d’Ankama qui nous ont énormément boostés et qui nous ont fait fonctionner pendant plus d’un an, et sans changer quoique ce soit à la ligne éditoriale de la chaîne. C’est génial, c’est énorme ce qu’ils ont fait… Et voilà, on vient de fêter le 3ème anniversaire de la chaine. Dès le début on savait qu’elle avait une durée de vie très limitée, on ne savait pas combien de temps on tiendrait. Mais d’avoir fait trois ans, c’est énorme ! Et là on va tout donner pour que ça continue. Si les gens nous soutiennent, on ira jusqu'au bout de toute façon.

Cyril Lambin, directeur technique et journaliste de la chaine, ici dans sa tenue de présentateur de Compiler.

G : Imaginiez-vous que la chaine serait à l’origine d’une si grande communauté de fans ?

Sébastien Ruchet : On pouvait rêver à l’époque… On se disait qu’on allait même pas passer 6 mois. Donc non, on n’imaginait pas qu’on puisse se retrouver 3 ans après à la Japan Expo avec un stand qui déborde de monde, des t-shirts en rupture de stock…
J’aime beaucoup les forums, et ça me tient à cœur que celui de la chaine soit un endroit agréable et bien tenu. On fait beaucoup d’efforts pour ça et ce n’est pas forcément parfait. Il y a plein de choses que j’aimerais mettre en place mais c’est beaucoup de travail.

G : Pensez-vous que la chaine ait eu un rôle déterminant dans la popularisation de la J-Music ?

Sébastien Ruchet : Il y a quand même des personnes en France qui s’y intéressent depuis longtemps. Quand nous avons lancé la chaîne, on se disait qu’il fallait qu’on fasse quelque chose avec la J-music, sinon d’autres allaient le faire. Mais il y a eu une évolution importante de la J-music, mais du côté de Japan Expo ça c’est fait de façon plus « organique ». Je pense que même s’il n’y avait pas eu Nolife, on aurait eu des concerts de J-music à la JE car finalement son évolution à été parallèle mais indépendante de celle de la chaîne, ce qui tombait plutôt bien.
Nolife n’a pas du tout le monopole sur la j-music, mais bien sûr on tente de faire le maximum pour promouvoir cette musique en France. C’est un choix et un effort de notre part, je ne pense pas que la J-music ait une très forte audience par rapport aux jeux vidéo (estimation personnelle de ma part car nous n’avons pas les chiffres Médiamétrie). Ce qui est amusant c’est de s’apercevoir qu’à partir du moment où Nolife a commencé à diffuser de la J-music, d’autres chaînes s’y sont mises aussi, sauf que ça n’a pas très bien marché ou ça n'apportait pas une audience suffisante. Je ne pense pas que ça ait subsisté du coup.
Après c’est beaucoup de travail ! Ça nécessite d’avoir beaucoup de relations avec le Japon et de convaincre les maisons de prod par exemple, leur montrer qu’on ne fait pas n’importe quoi, qu’on est sérieux. Pour une petite chaine sans gros groupe derrière c’est très difficile mais avec de la patience et de la ténacité on arrive à avoir des choses magnifiques.

Alex Pilot Co-fondateur de Nolife.

G : Sur les 1000 heures de programmes créés pour la chaine quel est celui que vous préférez ?

Sébastien Ruchet : Je pense que les News de Nolife Online est un programme exceptionnel ! XD (programme présenté par lui-même) Non, je déconne ! En fait, je ne sais pas… Il y a énormément de choses que j’aime sur Nolife. Dernièrement, j’ai été très ému par tout ce qui avait été préparé pour la soirée des trois ans de la chaîne. De plus, c’est Alex qui avait tout géré parce que de mon côté j’étais très occupé avec de la paperasse, ce qui n’est pas forcément très agréable. C’est très émouvant aussi de voir la quantité de programmes qui ont été produits. Sinon plus récemment, on a pu diffuser une heure du Last Live de X Japan, c’était presque un rêve d’enfant. Et puis il y a plein de choses bien sur la chaîne : des séries, des animés, des soirées spéciales… Pouvoir faire des émissions avec Marcus, c’est assez extraordinaire. Il y a aussi tous les 101%. Mais globalement, tout Nolife est plutôt exceptionnel !

G : En ce dernier jour de la JE, quel est votre bilan après 4 jours intenses de salon ?

Sébastien Ruchet : C’est très, très fatigant et beaucoup, beaucoup d’efforts pour pouvoir faire ce qu’on voudrait sur le salon. On a été assez ambitieux. En tous cas, énormément de public est passé sur le stand et, une fois de plus, le stock de t-shirts n’était pas suffisant, même en doublant les quantités par rapport à l’année dernière. On a réussi aussi à faire pas mal de choses sur le stand. Globalement, on était mieux organisé et l’agrandissement du stand (grâce à Japan Expo) a pas mal aidé aussi. On a également enregistré un podcast avec ecran.fr ; c’était un peu un test pilote. Globalement, c’était quatre jours supers mais je peux vous dire qu’on a mal aux pieds et pas mal d’heures de sommeil à récupérer !

G : Le mot de la fin ?

Sébastien Ruchet : Merci beaucoup d’être venus nous voir. Merci aux spectateurs de nous regarder et merci à toutes les personnes qui nous soutiennent car c’est grâce à elles et aux abonnements Nolife Online si on est encore là aujourd’hui. Bientôt on aura les résultats Médiamétrie et s’ils sont bons, on aura sans doute les moyens de faire pas mal de choses pour la rentrée. Mais pour l’instant, il faut passer l’été. Ce qui m’inquiète un peu, je sais que je suis celui qui annonce les mauvaises nouvelles, c’est que maintenant que juillet est arrivé, les caisses sont un peu vides. On n’a pas pu préserver de marge de sécurité car les 1ers mois de l’année ont été très difficiles. De plus, on pense qu’on aura moins de nouveaux abonnés en juillet alors que c’est le mois où on en a le plus besoin ! J’espère donc que le public et les abonnés resteront fidèles.