Premiers éléments sur Kameo

22 nov. 2005
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  • Éditeur Microsoft
  • Développeur Rare
  • Sortie initiale 2 décembre 2005
  • Genres Action, Aventure

Le premier regard, c'est important le premier regard. Et pour le lancement d'une console, ce regard se fait avant tout à travers les premiers jeux. Parmi les titres du line-up de lancement de la Xbox 360, nous avons joué à l’attendu Kameo: Elements of Power, jeu d’action/aventure selon Rare. Aperçu d’un jeu démontrant les capacités de la bête, peut-être même un peu trop…

Les formes sont diversifiées

Quoi de neuf ?

Les avancées technologiques dont on gave les joueurs à chaque nouvelle génération de console ne répondent probablement pas uniquement à un désir de performance visuelle : chaque console s’est vue représentée de jeux emblématiques qui exploitaient les caractéristiques techniques des machines pour proposer de nouvelles façons de jouer. La DS en est l’exemple le plus facile, avec des jeux comme Kirby: Canva's Curse, mais à niveau plus subtil un jeu comme F-Zero a été possible grâce au mode 7 de la super nes, des environnements de la taille de GTA 3 envisageables grâce aux capacités de la PS2, et la Révolution laisse présager son lot d’exclusivités. On peut difficilement nier le rapport entre technique et gameplay : quel jeu pour quelle nouvelle technologie ?

...très diversifiées

Je suis multiple

Kameo: Elements of Power, un des premiers titres du lancement de la Xbox 360, puise sans complexe son inspiration du côté du jeu d’action/aventure, et plus particulièrement de l’univers fantastique de Zelda. Ce ne sont pas le design ni la thématique qui nous font dire ça, bien que le style cartoon de la modélisation des personnages évoque irrésistiblement les habitants d’Hyrule, mais bien le gameplay : Kameo, une jeune elfe métamorphe, résout sa quête en se transformant en un nombre conséquent de créatures. Depuis le tapir qui se roule en boule pour prendre des rampes, jusqu’à la plante boxeuse, en passant par le yéti qui empale les orcs sur les pics de son dos pour s’en servir comme projectile peu après, il y a de quoi faire. Ne serait-ce qu’en une heure de jeu les formes sont nombreuses et permettent de varier le gameplay. Il s’agit de trouver la transformation la plus efficace pour une situation donnée, tout comme dans Majora's Mask.

Soyez prêts à en avoir plein le dos

Une réalisation inégale ?

Bien que le rythme soit plutôt lent et le challenge inégal, les promesses de jeu sont attirantes et le peu auquel nous avons pu jouer donne envie de poursuivre l’aventure, ne serait-ce que pour voir comment les level designers se sont débrouillés pour renouveler l’intérêt du titre. C’est plutôt au niveau visuel que le jeu est inquiétant : non pas au point de vue rendu, qui démontre avec aisance les capacités techniques de la 360, mais au niveau de la direction artistique. La modélisation des créatures est sympathique, proche de l’univers de Blizzard qui souffre toutefois des faiblesses inhérente au rts et au mmorpg : une modélisation low-poly, répondant aux contraintes d’affichages d’une multitude de modèles. Or Kameo: Elements of Power ne joue en aucun cas dans la même catégorie, tout présentant des limitations comparables. Il faut alors se rappeler qu’avant que Rare soit rachetée par Microsoft, Kameo était prévu comme une exclusivité Gamecube. La durée de développement du titre fut telle qu’une sortie sur 360 était préférable, sans toutefois pouvoir refaire le jeu à zéro. Pour compenser, on se retrouve donc avec un jeu aux textures tellement bumpées qu’on dirait que tout le décor est humide tant il brille. Un peu comme si le Link de Wind Waker se trouvait au volant d’un véhicule de NFS Underground

C'est pas loyal une contre-plongée sur une fille en jupe

C’était mieux avant

De toute évidence Kameo: Elements of Power n’est pas un jeu qui a été pensé pour une console aussi puissante que la Xbox 360, et n’en tire pas profit à première vue. Le rendu que l’on pouvait contempler sur d’anciens screenshots, bien que plus modestes, retranscrivait à notre sens mieux la magie de l’univers. Cela n’entachera pas a priori sur le gameplay général du titre. Mais cela inquiète quant à l’écueil de la technique pour la technique, en face duquel même des boîtes aussi importantes que Rare peuvent se trouver. Et s’il s’agit de reporter une part du budget vers l’image au détriment d’autres secteurs pour remplir des critères, les next-gens pourraient ne pas apporter que du bon. Mettons cette erreur sur le compte de la découverte de la plateforme et laissons sa chance à Kameo, dont l’efficacité du gameplay saura peut-être faire oublier le trébuchement artistique.