Six Ave Maria pour Duke Nukem Forever

14 oct. 2010
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Une boite de striptease, un cowboy chapeauté achalandé de ferraille, clope au bec, y’a pas à dire, l’univers de Duke Nukem est bel et bien présent. Mais comment y croire après plus de 17 ans d’attente, de mensonge, de révolte ? Eh bien c’est Randy Pitchford lui-même, dirigeant du très prolifique studio Gearbox Software, qui a traversé l’Atlantique pour nous présenter la suite de Duke Nukem 3D. Petit clin d’œil, Randy a bossé avec 3D Realms qui est à l’origine de ce projet… La boucle est bouclée pour ce Duke Nukem Forever, alors mâchez du cul et venez botter du chewing-gum ! Ou l’inverse…

Les bases sont clairement posées...

Passion et tendresse

Voilà les mots qui évoquent au mieux le panache de Mr. Pitchford lors de son explication de grande classe. Véritable traversé du désert, on peut dire qu’il revient de loin notre Duke. Lors de cette démo, nous avions entre les mains les quinze premières minutes puis un passage plus avancé vers la bonne moitié du titre. Autant être clair dès à présent, Duke Nukem Forever ne brille pas par des graphismes réalistes à couper le souffle, par ses dialogues léchés digne de Shakespeare ou par son level design tortueux et ingénieux. Sans tricher, on retrouve l’ambiance ainsi que les phrases cultes qui ont fait la renommé du beau blond qui se la raconte. En fait, c’est même une jolie évolution qui nous fait respirer. On aurait pu craindre le pire et pourtant, on s’amuse à mettre des pêches interstellaires à des cochons transgéniques qui ont du manger trop de MacDonald ou de José Bové. Fusil à pompe à la main on avance fièrement dans une nostalgie qui n’en fait pas trop, tout juste pile poil pour que les néophytes plongent sans maillot de bain à l’assaut de l’Alliance. Beau boulot les gars.

Bien plus qu'une icône, un véritable Dieu

17 ans, l’âge de la maturité

Douze années se sont écoulées après la victoire écrasante du Duke dans le Stadium devenu mythique. Devenu LE MEC le plus imposant et important de l’histoire de l’humanité (oui, même devant le couple Amélie/Senna de Secret Story), le fracasseur de groin vit paisiblement une vie de luxure complaisante dans sa villa made in paradis. Tout à coup, une explosion réveil le héros devant un miroir tristement fissurer, sept ans de malheur ! (Tant que c’est pas à nouveau dix sept ans…) Petite pause pipi sur un bronze tout frais pausé et go à la chasse au bordel. En plein milieu d’un vestiaire de football américain gît de-ci, de-là des cadavres de flics. Suppliant votre aide, un gars encore debout vous demande d’expliquer votre plan via un schéma : deux feutres et un effaceur, imaginez ce que vous pouvez dessiner. Bref, après un excellent « C’est génial j’ai rien compris ! Mais si je comprenais, je suis sur que ce mec là-bas aurait encore sa jambe et au moins une de ses couilles !» direction l’air libre pour affronter une vielle connaissance. Le même monstre que vous aviez soufflé il y a douze printemps vous attend de pied ferme pour sa revanche dominicale. Facilement détruit, c’est avec un certain brio que le Duke était en fait entrain de jouer à son propre jeu vidéo. Bien entendu, comme Napoléon, le sauveur sait faire plusieurs choses simultanément, surtout lorsque deux jumelles sont au niveau de sa taille.

Le retour du roi a bel et bien sonné

L’Alliance de la Communauté de l’Anneau du Doigt d’Honneur

Si Duke reprend du flambeau dans Duke Nukem Forever, c’est parce que l’Alliance a décidé de revenir en paix sur la Terre. Un peu léger pour le ténébreux botteur de fesses qui sent le pot aux roses à des kilomètres comme les rappeurs sont attirés par le bling-bling. « Faut protéger nos nanas, surtout que c’est toujours les plus chaudes qui sont enlevées en premier », vous comprenez les paroles sensées d’un macho primaire qui n’a peur de rien. Cette fois-ci en Monster Truck, la ballade digestive se fait au beau milieu d’un canyon dans lequel cochons et vaisseaux spatiaux tirent à tombeau ouvert sur notre pauvre quidam. Qu’à cela ne tienne, un coup de boost et PAF le mutant ! Et si les petits copains ne sont pas jouasses qu’ils attendent sagement la récrée, y’aura du rab ! Toujours FPS, les estocades sont rythmées pour alterner les phases lointaines des corps à corps ultra violent. Les membres des omnivores bodybuildés volent allègrement au grès des balles, à la fois unijambistes ou homme tronc, mais sans coup de pied meurtrier pour le moment. Effectivement, seuls vos poings joueront des castagnettes sur les dents des malheureux. Enfin, et avec tout l’amour que l’on peut porter à ses adversaires, un sublime doigt d’honneur vient ponctuer Duke Nukem Forever et trente minutes de bonheur à l’état pur. On y ressort grandi, proche d’avoir des « balls of steel ».