Batman : Arkham Asylum est la folie

24 août 2009
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Rarement une licence nous aura autant retourné. Pendant plus de trois heures, Batman : Arkham Asylum a déployé ses ailes de chauves-souris, nous laissant entrevoir des rêves de beauté, de pluralité, de longueur et de défis dans un univers Comics charismatique au possible. Laissez vous guider dans l’obscurité par Adyman, corps en latex et abdos bétonnés en sus (NDRC : Frimeur !).

Un genou à terre, le Joker ouvre l'asile de Pandore

Un soir inoubliable

La triste vie décide de passer cette nuit dans Gotham City, faisant un léger détour par l’Arkham Asylum. Elle savait ce qui allait se passer dans ce tombeau psychiatrique. Pour preuve, la pluie révèle ses larmes et le ciel se déchire devant l’imposant signal de la chauve-souris. La Batmobile traverse à sa cadence folle les rues vides de passant, se dépêchant devant la bonne nouvelle : le Joker va enfin se reposer. Les sombres dominent ce jeu, l’Unreal Ungine est impeccable dans sa veste de détail. Le vert macabre du démon sans raison se marie à merveille avec son rouge à lèvre, séquelle d’un passé troublé dès l’enfance. Le temps suspend son vol, la tension reprend son flambeau. L’escorte du Bouffon se fait sans encombre, à la limite de la banalité. Pourtant, les choses dérapent et ce triste clown s’échappe avec toute la décontraction qui fait sa renommé. Les gardes sursautent, les cellules se dégrisent et l’affrontement débute crescendo. Les enchaînements limpides rendent l’action intuitive, d’une fulgurante patience en somme.

Magnifique, sans temps mort. Un mètre étalon vient de naître

Quand l'ombre aveugle la lumière

Le Joker ne cesse de taquiner l’homme ailé, cherchant à déstabiliser le héros masqué. Pas seulement physiquement, cela serait trop facile. Les mots frappent parfois plus fort, plus longuement, quelques fois même avec fourberie. Dans la manche du mécréant se cache des as armés mais dénués de neurones. Que faire ? Seul l’obscurité détient ce secret. Nyctalope grâce à ses gadgets venus d’ailleurs, le coeur effréné des sbires sans talents bat à rythme découpé. Les murs ne sont qu’illusions et les gargouilles vous appellent sans vous brusquer. Grappin activé, la valse aérienne danse doucement dans l’air, prenant ses aises avec le principe d’infiltration. Les rôles échangés, l’assaut silencieux exécute les ordres. Les trois pions sont maîtrisés avec une incroyable douceur, comme si Bruce Wayne berçait leur mort. Vengeance dissimulée ou plaisir malsain, le travail ne s’arrête jamais dans l’enclos du diable. Tout à coup, la couleur primaire signe de chance embaume la pièce. Vos alliés chutent inexorablement. Réagis Bruce ! Vas-tu augmenter ta rage de vaincre, ta soif de défense ou ta curiosité dévorante ?

Embuscade inversée pour déverser la mort. Que de style...

Tout ceci n'est qu'un commencement

Un par un, sautant et planant au-dessus des nuages mortem, le sauveur accompli ce pourquoi il s’est destiné. Un coup d’œil aux environs suffit à déceler le problème : le poison prospère sans ventilation. Batarang chargé, la caméra suit de près le mouvement circulaire et salvateur. La normalité reprend son droit. Etonnant dans un asile non ? Cependant, la voix de l’infâme continue son entêtant travail de sape. Entrecoupé de rires et de larmes, aucune compassion ne transpire du vissage de nos deux hommes. De toute façon, il ne peut pas, il ne doit pas flancher maintenant. Les missions sont trop nombreuses et variées pour abandonner maintenant. Gordon est là également. Tout est dit. Alors forcément les voix officielles sont un pur bonheur, la nostalgie serrant contre son oreiller nos souvenirs. En outre, la biographie de l’illustre Comics et de ses rejetons se cachent au travers des niveaux, libre à vous de les révéler ou non. J’espère avoir réussi le difficile pari que ce jeu nous offre : Pour forcer quelqu’un à dire du bien de vous, faites-en.