The Legend of Zelda : Majora's Mask 3D

17 mars 2015
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur Nintendo
  • Développeur Nintendo
  • Sortie initiale 13 février 2015
  • Genres Action, Aventure, Rôle

Le plaisir d'être satisfait

The Legend of Zelda : Majora’s Mask 3D n'est ni plus ni moins que la réussite tant attendue. Ainsi, le jeu reprend la recette initiée avec Ocarina of Time 3D : 3D relief excellente, refonte du design convaincante, optimisation parfaite, ajustements bienvenus... Certes, le résultat était prévisible au regard du jeu 3DS de 2011, mais il est toujours bon de ressentir ce sentiment finalement si rare : la satisfaction. Et c'est bien là le principal. The Legend of Zelda : Majora’s Mask 3D étant tout bonnement la meilleure mouture du jeu à ce jour, et l'occasion pour certains de (re)plonger dans cet épisode encore aujourd'hui ambitieux et singulier.

Dès sa sortie au lancement de la 3DS, Ocarina of Time 3D souleva une question chez fans de la série Zelda : Majora’s Mask aurait-il aussi droit à son remake ? La réponse est oui, puisque c’est bien de Majora’s Mask 3D dont il est question aujourd’hui. Et comme un clin d’œil à son prédécesseur, sa sortie coïncide avec l’arrivée de la New 3DS.

L'histoire

Épuisé, Link tombe de son cheval Epona. Alors qu’il est sonné, un personnage masqué nommé Skull Kid chaparde ses affaires avant de lui jeter une malédiction : notre héros se voit transformé en peste mojo. Accompagné d’une fée oubliée par le vilain garçon, Link tombe sur un marchand qui lui fait une belle promesse : à condition de retrouver le masque que Skull Kid lui a volé, le bonhomme rendra volontiers sa forme d'origine au héros. Petit hic, le monsieur doit partir dans 72 heures et c’est donc une course contre la montre qui s’engage, d'autant plus qu’un événement étrange se produit. En effet, la lune s’approche inexorablement de la surface. Heureusement pour lui, alors qu’il retrouve enfin Skull Kid et que le temps presse, Link parvient à récupérer un ocarina lui permettant de jouer la mélodie du temps, et ainsi de revivre les 72 dernières heures.

Si Majora’s Mask est l’un des épisodes les plus célèbres de la série, c’est parce qu’il conjugue tous les aspects du jeu mythique. Parmi eux, nul doute que l’ambiance particulière de ce volet en fait un titre d’exception, complètement à part dans la série de Nintendo. Le jeu repose sur un sentiment d’oppression permanent, renforcé par une mélancolie visible à tous les niveaux. Dans les musiques – plus sombres que d’habitude – mais aussi dans la direction artistique du jeu. Du marchand inquiétant à l’aspect effrayant de la lune, en passant par les masques à disposition de Link, l’univers de Majora’s Mask est assez dérangeant.

En plus de pouvoir revenir à l'aube du premier jour, Link peut ralentir ou accélérer le temps.

Le principe

Bien sûr, le principe même de Majora’s Mask participe à cette atmosphère singulière. Le jeu est basé sur le fait de revivre constamment une même période. Rassurez-vous : une fois le premier cycle écoulé, vous prendrez rapidement vos marques et prendrez vite conscience du concept, à savoir l’optimisation du temps. Vous avez besoin de réaliser un défi pour obtenir un mot de passe ? Une fois celui-ci en poche, libre à vous de l’utiliser directement la prochaine fois. De même, certains outils (comme le coffre à rubis) vous permettent de conserver votre argent ou autre. Globalement, bien que le concept de Majora’s Mask soit assez sidérant d’ambition, les développeurs ont eu la bonne idée d’y greffer une bonne dose de pragmatisme en facilitant la progression du joueur.

Un constat qui se vérifie dans le gameplay du jeu, qui reprend les bases de la série (en particulier celles posées par son prédécesseur) mais qui reste heureusement très moderne. Sans grande surprise, cette mouture 3DS reprend les modifications apportées en son temps à Ocarina of Time 3D : visée à l’aide du gyroscope, intégration de pierres Sheika permettant d’obtenir des indices... Notez que sur New 3DS, le jeu propose d’utiliser le stick annexe pour contrôler la caméra. Un ajout bienvenu mais pas nécessairement indispensable compte tenu de l’efficacité du recentrage de la caméra (à l’aide d’une gâchette). En revanche, la 3D relief apporte un vrai plus à ce remake, plus encore sur New 3DS compte tenu de la stabilité du procédé et de l’excellent contraste de l’écran.

Des masques permettent à Link de se transformer et d'obtenir des capacités.

Pour qui ?

Majora’s Mask 3D est surtout l'occasion de découvrir un chef d'œuvre sorti il y a maintenant 15 ans, autant dire une éternité dans le monde du jeu vidéo. De ce fait, les joueurs de moins de vingt ans ne se sentiront plus obligés d'acheter une Nintendo 64 pour découvrir ce titre phare de The Legend of Zelda. Pour les autres, ceux ayant retourné le jeu à l'époque, Majora’s Mask 3D est l'occasion de redécouvrir le jeu grâce à une optimisation au top. En plus de la refonte esthétique et de l'apport de la 3D relief, cette version contient notamment un mini-jeu de pêche ainsi que quelques combats remaniés. Enfin, le jeu ne saccade jamais, ce qui le place d’emblée au dessus des ROM présentes dans The Legend of Zelda : Collector's Edition sorti sur GameCube en 2003 (en version promotionnelle).

Classant toutes les données primordiales, l'interface de cette version 3DS est exemplaire.

L'anecdote

Malgré de nombreux ajouts permettant de fluidifier l'aventure, Majora’s Mask 3D reste un jeu symbole de son époque. Encore aujourd'hui (et malgré les quelques nouveautés amenées par cette refonte), le titre est fait de partis pris radicaux difficilement imaginables dans les productions actuelles. À une époque où le jeu vidéo est trop souvent synonyme de simple divertissement, Majora’s Mask 3D rappelle qu'un game design radical (couplé à une direction artistique qui l'est tout autant) peut véhiculer des émotions particulières. Rien que pour ça, cette mouture 3DS à de quoi remettre les idées en place.
Les Plus
  • Une refonte graphique au top
  • La 3D relief excellente (une mention pour la New 3DS)
  • Les apports inhérents à Ocarina of Time 3DS
  • L'ambiance si particulière
  • Le concept très ambitieux
  • Le seul moyen (hors émulateur) de jouer à ce chef d’œuvre de la N64
Les Moins
  • Franchement, on cherche encore...