Resident Evil : Revelations, assurément mieux que Twilight

07 févr. 2012
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur Capcom
  • Développeur Capcom
  • Sortie initiale 27 janvier 2012
  • Genres Action, Aventure, Survival

Bien qu'il ne soit pas exempt de défauts, il est difficile de bouder ce Resident Evil : Revelations. On peut lui reprocher son titre racoleur, son histoire tirée par les cheveux, sa structure narrative grossière et des nouveaux protagonistes bien peu charismatiques, ce jeu n'en reste pas moins incroyablement plaisant à parcourir. Même l'inutilité aberrante de nos partenaires peine à ternir la réussite en terme d'ambiance et de technique. Car Revelations brille avant tout par sa technique époustouflante et les sensations qu'il procure. En effet, une fois l'aventure bouclée, difficile de ne pas repenser à certains passages d'anthologies (aah, Rachel...). Un jeu qui montre une fois de plus que la 3DS a tout des grandes. Vivement conseillé !

Malgré son titre aguicheur pour tout fan de la série, Resident Evil : Revelations est avant tout un jeu ambitieux. Ainsi, nous tenons ici l'un des premiers gros titres "pour les grands" de la portable de Nintendo. Un jeu ambitieux de par sa cible donc, mais aussi par sa technique époustouflante. Car dès les premières vidéos, le jeu annonçait des graphismes un cran au dessus des productions actuelles sur consoles portables, et en particulier sur Nintendo 3DS. Vo

Révélation

"Heureusement que t'es classe parce qu'avec ma tronche, on est dans la merde."
Avec un tel titre, nous étions en droit d'attendre de ce Resident Evil un minimum de "révélations" sur la saga de Capcom. Hélas, rien de bien croustillant à se mettre sous les yeux, le jeu se contentant d'être un bon gros spin-off. Ainsi, Resident Evil : Revelations vous place au lendemain d'une catastrophe biochimique. Il y a un an, la cité de Terragrigia s'est vu envahir par un virus propageant des mutants à vitesse grand V. Seul moyen de mettre fin à cela : retourner le satellite solaire de la ville contre elle et donc l'anéantir. Aujourd'hui, Chris Redfield a disparu. Jill Valentine et Parker Luciani, son coéquipier un brin bouffi, suivent son signal en Méditerranée avant de le perdre sur le Queen Zenobia, un paquebot mystérieux et lugubre. Ce qu'ils ne savent pas, c'est que l'avion de Chris s'est écrasé bien loin de là, sur des monts enneigés... Si le scénario semble prometteur, la plupart du temps ce Resident Evil ne fait que brasser du vide. De ce fait, aucune révélation n'est à attendre et l'intérêt repose plus sur la mise en scène et la narration d'aventures parallèles que sur l'histoire et ses péripéties à proprement parler. Autre chose décevante : les personnages. Que s'est-il passé dans la tête des designers de Capcom pour créer des personnages tels que Parker ou Raymond ? En effet, ces derniers vont à l'opposé de la notion de charisme. Pour ne rien aider, le doublage français est particulièrement caricatural. Rien de bien grave cependant puisque le jeu vous permet de choisir entre différentes langues.

Fascination

Tout comme Jill, préparez-vous à prendre une sacrée claque.
Si le scénario déçoit, il n'en va pas de même pour l'aspect technique. Impressionnant lors des différentes présentations auxquelles nous avions déjà pu assister, Resident Evil : Revelations confirme tout le bien que nous pensions de lui. La modélisation des personnages a de quoi surprendre, le jeu rappelant tout bonnement Resident Evil 4. Certes, le titre n'aurait rien à voir sur une télévision, mais le level design malin et la taille de l'écran 3DS font que la différence est difficilement perceptible. Loin d'être monotones, les décors forcent également le respect. Entre certaines salles ressemblant au manoir bien connu des fans de la série et des couloirs aux airs de Titanic macabre, l'ambiance lugubre du paquebot à de quoi faire pâlir de jalousie le CostaConcordia. Autant vous dire que vous pouvez être sûrs d'avoir les chocottes dans des décors de première classe. Et si ces décors constituent la majeure partie de l'aventure, quelques autres paysages sont également présents. On retiendra surtout les niveaux sous la neige, le jeu n'étant alors pas sans rappeler le The Thing de John Carpenter. Malgré ce constat technique positif et cette belle diversité en matière d'environnements, soulignons la présence de ralentissements lors de temps de chargement camouflés, ainsi qu'une 3D relief tout de même dispensable. En effet, l'utilité de celle-ci s'avère discutable, surtout qu'elle étire logiquement les texture présentes à l'écran. De ce fait, mieux vaut jouer en 2D pour finalement profiter du jeu dans les meilleures conditions.

Tentation

Les phases de tir se jouent à la première personne.
L'une des grandes interrogations de cette version portable résidait dans son ergonomie. Car si Revelations a une technique digne des opus de salon (précisons d'ailleurs que le moteur est le même que celui de Resident Evil 5, adapté au format mobile bien sûr), les contraintes liées à la portable de Nintendo étaient toutes autres. Dépourvue de deuxième stick analogique, la console a obligé les développeurs à ruser pour trouver un système de jeu adéquat. De ce fait, l'unique joystick sert aussi bien à se déplacer qu'à viser, le jeu passant automatiquement à la première personne lorsque vous appuyez sur la gâchette. Vous l'aurez donc compris : il est impossible de tirer et de se déplacer en même temps. Un parti pris gênant mais pas trop, le jeu étant relativement simple et l'impossibilité de tirer en bougeant participant à l'ambiance, accentuant le stress à l'instar des épisodes d'antan. Vendu en bundle ou à part, le pad circulaire 3DS permet de palier à l'absence de deuxième stick. Il suffit d'insérer sa console dans le socle afin de bénéficier d'une jouabilité parfaitement adaptée. Dans cette configuration, il est donc possible de jouer à Resident Evil : Revelations comme à n'importe quel jeu de tir car le gameplay s'adapte en conséquence. La gâchette supplémentaire permet aussi de réduire le nombre de touches nécessaires, la quasi-intégralité des commandes résidant dans les trois gâchettes présentes. Enfin, l'écran tactile permet surtout de passer plus ou moins rapidement d'un arme à l'autre et de résoudre quelques énigmes pas bien complexes. Un bon point, même si l'interface reste largement perfectible (il faudrait interdire de faire des cartes aussi mal fichues).

Progression

Le Genesis permet de scanner bien des choses, y compris les grosses bébêtes comme celle-ci.
Mais l'égonomie d'un titre ne fait pas tout. Ainsi, la progression au sein du Queen Zenobia est particulièrement agréable. En matière de rythme de jeu, Resident Evil : Revelations alterne subtilement entre action, énigmes simplistes et exploration. Grosse nouveauté de cet épisode, le scanner Genesis vous permet d'analyser les ennemis et décors afin de trouver divers objets vous aidant à progresser dans l'aventure. Si l'idée est bonne, ce scanner reste tout de même sous-exploité. Inutile d'espérer trouver des renseignements intéressants sur les environs et personnages qui constituent le jeu. L'intérêt de l'objet se limite en effet essentiellement à la découverte de munitions. Toujours en ce qui concerne la structure du jeu et la progression, le bestiaire n'apparait pas des plus inspirés, surtout sur le plan visuel. Dommage également que nos coéquipiers soient si inutiles une fois en pleine action (et à peine plus sur le plan narratif). Heureusement, le jeu réserve quand même son lot de moments forts avec quelques boss et passages particulièrement réussis (mentions spéciales au personnage de Rachel, au chapitre 8 et aux suivants). Un point qui permet de confirmer que nous avons affaire à un vrai Resident Evil et non à un épisode au rabais. Divisée en chapitres assez courts et au découpage narratif parfois grossier, l'aventure se boucle en une dizaine d'heures, ce qui reste honnête malgré de trop nombreux allers-retours. Enfin, Resident Evil : Revelations y va de son mode Commando avec la possibilité de jouer en coopération en ligne ou en local. Composé de missions reprenant les environnements de la campagne solo, ce mode allonge la durée de façon conséquente. De quoi occuper les adeptes du scoring et envoyer à la poubelle The Mercenaries 3D une bonne fois pour toute.
Les Plus
  • Graphiquement magnifique
  • Une ambiance réussie
  • Quelques passages d'anthologie
  • La maniabilité au pad circulaire aussi simple que convaincante
  • Jouable même sans cet accessoire
  • Un rythme de jeu bien équilibré
  • Une recette qui a fait ses preuves
  • Entièrement localisé en français et choix du doublage en prime
  • La durée de vie honorable
  • Des modes annexes bienvenus
Les Moins
  • Des révélations ? Où ça ?
  • De nouveaux protagonistes absolument ratés
  • L'interface perfectible (tactile inutile, cartes mal fichue, etc.)
  • Le scan, une idée tout de même sous exploitée
  • Le découpage en épisode divisera, ces derniers ne sont pas assez homogènes
  • Quelques ralentissements