Army of Two 2 : à deux, c'est mieux

14 févr. 2010
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Army of Two reste une question de goûts. L’ambiance caricaturale, le côté pas finaud pour un sou, la durée de vie basée sur la rejouabilité : autant d’aspects qui en convaincront certains et en rebuterons d’autres. A partir de là, il ne nous reste plus qu’à nous rendre à l’évidence : Army of Two : Le 40ème jour est une excellente suite qui, tout en s’assumant un peu plus, améliore bien des points de son prédécesseur, le manque de diversité en tête. Difficile donc de ne pas conseiller cet opus à ceux qui ont un minimum apprécié le précédent.

En 2008, Electronic Arts sortait Army of Two, jeu d’action viril censé faire la part belle à la coopération. Si en soit ce programme paraissait alléchant, le jeu se révéla tout juste sympathique, la faute à des défauts rédhibitoires (intelligence artificielle médiocre, manque de diversité, etc.). En dépit de ses tares, le soft a tout de même trouvé son public, ce qui permit à EA de mettre une suite en chantier. Army of Two : Le 40ème jour se devait de corriger les nombreux défauts de son aîné afin d’intégrer la compagnie des excellents jeux d’action. Mais y-est-il parvenu ?

Je vous présente Rios (le gros) et Salem (le un peu moins gros).

"J’aime pas tuer les animaux. Les gens OK, mais pas les animaux." Tyson Rios

Comme son prédécesseur, Army of Two : Le 40ème jour ne fait pas dans la dentelle. Suite aux événements du premier volet, Rios et Salem travaillent désormais à leur compte en choisissant eux même leurs contrats. C’est ainsi qu’ils se retrouvent à Shanghai pour ce qui ne devait être qu’une mission de routine. Mais tout vire au cauchemar lorsqu’une succession d’attentats s’abat sur la ville. Dès lors, les deux compères n’ont plus qu’un objectif : sortir de ce pétrin. Autant être clair, le côté grossier et caricatural de l’aventure divisera toujours autant. Les héros sont stupides mais gentils (quoi que) tandis que les méchants sont très méchants et encore plus débiles (un exploit). Un côté grotesque appuyé par des doublages qui le sont tout autant, voire plus (ah! cet accent chinois). Certains adoreront alors que les réfractaires à l’ambiance neuneu n’y trouveront probablement pas leur compte. Signalons tout de même des dialogues mieux travaillés et plus aptes à faire sourire. Un boulot renforcé par une mise en scène plus présente, les petits gars d’EA Montréal n’étant pas avares en explosions. Le premier niveau en est le meilleur exemple : rarement un jeu d’action aura fait péter autant d’immeubles en si peu de temps. Un aspect hollywoodien qui classe définitivement le soft dans la catégorie des «blockbusters bien gras». Mais revenons à nos bourrins de service. Ayant carte blanche, ils bénéficient d’une liberté d’action accrue. Du coup, il n’est pas rare qu’on nous demande d’épargner ou non certains protagonistes. Chaque décision influe sur notre réputation via un indice de moralité. Une fois le choix effectué, une scénette s’enclenche, sous forme de bande dessinée muette, afin de nous montrer l’impact de notre décision sur le personnage en question. Si cet ajout n’est pas révolutionnaire, il n’en demeure pas moins sympathique et permet d’étoffer une histoire qui en avait bien besoin.

Techniquement, le jeu alterne entre le bon et le moins bon.

Ils sont pas beaux mes biscotos ?

Près de deux ans se sont écoulés entre les deux Army of Two. Une durée de gestation relativement commune pour le développement d’une suite. Mais avouons qu’en deux petites années, il s’en est passé des choses. Gears of War 2 et Uncharted 2, pour ne citer qu’eux, sont désormais les mastodontes de cette génération de consoles en matière d’action et de graphismes. Nous étions donc en droit d’espérer des évolutions notables pour cet Army of Two : Le 40ème jour, surtout que le premier épisode ne brillait pas de part sa technique. Ne nous voilons pas la face : le titre reste très loin des références précédemment citées. Les textures manquent de finition, particulièrement en intérieur, et la modélisation des personnages est encore bien perfectible. Les explosions, elles, sont toujours aussi moches (en plus d’être mal gérées). Nous déplorons aussi le manque d’originalité en terme d’ambiance visuelle : difficile de ne pas mentionner des jeux tels que Bionic Commando ou Stranglehold, tant certains environnements en semble tout droit tirés. Autrement dit, les joueurs à la recherche de dépaysement repasseront. Mais ne noircissons pas trop le tableau, le jeu restant honnête et nous proposant tout de même des améliorations appréciables : la profondeur de champs et bien mieux gérée qu’auparavant et les décors semblent moins vides. De même, aucun ralentissement n’est au rendez-vous malgré le chaos ambiant. Une bonne chose.

Les fausses redditions : un excellent moyen de surprendre des ennemis un peu trop sur le qui-vive.

Boom Boom Pow

Pour trouver les vraies nouveautés de cet épisode, il faut se tourner vers le gameplay. Le jeu se résume toujours, dans la plupart des cas, à dézinguer des vagues d’ennemis successives. Pour cela, les mecs d’EA ont conservé le système d’aggro permettant d’attirer l’attention des adversaires en étant agressif. Vous voulez prendre vos opposants à revers ? Pas de problème : demandez à votre coéquipier de les canarder pour mieux vous faufiler derrière eux. Pour ce faire, vous pouvez toujours donner des ordres à l’aide de la croix directionnelle. Certains environnements étant plus exigüs qu’auparavant, l’intelligence artificielle paraît moins défaillante que par le passé, même si cela n’est qu’une douce illusion. En plus des phases de fusillades habituelles, quelques originalités font leurs apparitions. En atteignant certains points, des ennemis n’hésitent pas à vous mettre en joue. Il vous est alors possible de faire semblant de vous rendre pour mieux les surprendre. Mais le vrai bouleversement vient de l’apparition de prises d’otages. En effet, des civils sont fréquemment pris à parti par les forces adverses. Il vous faut alors établir une stratégie adéquate pour parvenir à les sauver (enfin si vous le souhaitez). Vous pouvez foncer dans le tas avec votre coéquipier en espérant ne pas faire de victimes, mais aussi prendre les ennemis en otages. Afin de mieux vous repérer, les développeurs ont conservé le système GPS du premier opus, en pensant à l’améliorer. Ce dernier nous indique le chemin à suivre mais aussi les emplacements de notre coéquipier, des civils et des ennemis, tout en nous donnant le grade de ces derniers. En effet, les groupes d’opposants ont souvent un homme faisant office de haut gradé qu’il est préférable de prendre en otage pour intimider les autres. Une fois fait, votre coéquipier peut ligoter les gardes restants et sauver les civils, ce qui rapporte de l’argent. A noter que vous pouvez exécuter les ennemis qui capitulent, même si cela influe sur votre indice de moralité. Ces passages, plutôt courants, donne de la vie au jeu (grâce à la présence de civils) en plus de rajouter une variété de situations non négligeable.

Les mouvements coopératifs sont toujours de la partie.

Plus on est de fous, plus on tue rapidement

Ce qui n’a pas changé depuis Army of Two, ce sont les quelques heures qui suffisent pour finir l’aventure. Celle-ci se finit en cinq heures, six tout au plus. Oui, c’est peu. Mais faut-il vraiment lui en tenir rigueur ? Pas nécessairement puisque l’action est tellement crue que des heures supplémentaires lasseraient inévitablement. Et puis ce n’est pas parce que la campagne est courte qu'on arrête de jouer pour autant, bien au contraire ! Les développeurs ont conservé ce qui faisait le charme du premier volet : une rejouabilité exemplaire. Si vous ne connaissiez pas cette série et que vous comptiez acheter Army of Two : Le 40ème jour pour son solo, n’y pensez même pas. C’est à plusieurs que le jeu prend tout son sens, c’est indéniable. Le titre nous proposant aussi bien du coop à deux en écran splitté qu’en ligne, il est vivement conseillé d’avoir des amis. Comme auparavant, le jeu est basé sur la coopération et il est toujours possible de se protéger derrière un bouclier avec son pote, de lui faire la courte échelle ou de le réanimer lorsqu'il est à terre. A cela s'ajoute des petites nouveautés comme le pierre-papier-ciseaux, par exemple. Une intelligence artificielle ne remplacera donc jamais une personne pour ce qui est de l'amusement. D’autant plus que, contrairement à certains jeux du genre qui nécessitent des dizaines de balles pour venir à bout des adversaires, Army of Two propose une vision différente des choses : énormément d’ennemis mais qui meurent assez rapidement. Un côté terriblement arcade mais diablement efficace. Le seul réel regret que l’on peut avoir, c’est l’absence de boss final qui nous procure un sentiment d’inachevé. Toutefois, l’indice de moralité, plutôt sous exploité, nous pousse à refaire l’aventure en testant les différents choix scéaristiques qui la ponctuent. Bien sûr, comme dans le premier volet, d’autres modes multi-joueurs sont présents. Même s’ils ne constituent pas l’essence même du titre, ceux-ci boostent un peu la durée de vie. Enfin, nous pouvons aussi compter sur la personnalisation des armes, encore plus poussée qu’auparavant. A ce sujet, il est bon de savoir qu’une compatibilité de sauvegarde avec le premier opus est présente, ce qui nous permet de pouvoir acheter certaines armes de celui-ci. Evidemment, de nouvelles améliorations viennent pimenter le jeu : il est notamment possible de mettre des baïonettes sur nos armes. Et vu que nos héros ne font pas dans la finesse, pourquoi ne pas utiliser un peu de matos bas de gamme façon MacGyver, comme un tournevis ? Oui, c’est possible. Toujours dans la rubrique gadget, il est possible de personnaliser les masques de Rios et Salem en se rendant sur le site officiel du soft. Sympa bien que dispensable.
Les Plus
  • L’ambiance débile assumée
  • Le jeu en coopération
  • Les fausses redditions et les prises d'otages qui apportent de la diversité
  • Rejouabilité exemplaire
  • La personnalisation toujours au rendez-vous
Les Moins
  • Le côté stupide ne plaira pas à tout le monde
  • Amis indispensables
  • Pas génial sur le plan technique
  • Intelligence artificielle douteuse