Mario & Luigi au centre de Bowser : le RPG vu de l’intérieur

16 nov. 2009
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur Nintendo
  • Développeur Nintendo
  • Sortie initiale 9 octobre 2009
  • Genre Action

Malgré un petit effet redite, cela fait très plaisir de retrouver le plombier moustachu dans un action-RPG de cette trempe. Le scénario comporte ce qu’il faut de rebondissements afin de toujours vous donner envie d’avancer. Les mécanismes de gameplay, bien rodés, assurent un plaisir de tous les instants. L'humour propre à la série fait mouche, une fois de plus. Bref, un titre réussi destiné à tous ou presque ; les vieux routards du RPG y trouveront peut-être une aventure trop courte et facile à leur goût. Dans tous les cas, Mario & Luigi : Bowser's Inside Story reste un gros titre de fin d'année sur DS.

Au fil des années, le célèbre plombier de la firme de Kyôtô a été adapté dans moult genres vidéo ludiques : plates-formes, sport (golf, tennis, kart...), sans oublier le jeu de rôles. Sévissant depuis 2003 avec son frangin dans un action-RPG des plus appréciables, le tandem revient pour la troisième fois dans un épisode introduisant une nouveauté de taille : Bowser. De quoi se jeter tout feu tout flamme dans ce titre plus que jamais prometteur…

La terrible rouliboulite à l'oeuvre.

Ce n’est pas Bowser le ‘Koopable’ ?

Oh surprise, la douce Princesse Peach ne s’est point fait enlever par le fameux dinosaure. Mais tout n’est pas rose pour autant au Royaume de Toadstool. La rouliboulite, terrible maladie qui fait rouler et grossir les gens, frappe de plus en plus d’habitants. De surcroît, l’ennemi juré de Mario a avalé un champignon empoisonné ; un coup fourré du vil Gracowitz que les amateurs de la série connaissent depuis l’épisode GBA : Mario et Luigi Superstar Saga. Suite à ça, Bowser a avalé tout ce qui était à proximité. Se retrouvant dans son estomac, Mario et Luigi tentent alors de retrouver la sortie, quelle qu’elle soit…

Comme dans Paper Mario, des badges peuvent être assignés aux persos afin d'augmenter leurs caractéristiques.

Mario les bons tuyaux

En terme de gameplay, la série des Mario et Luigi s’avère être l’équivalent portable des Paper Mario. Autrement dit, vous avez droit à un savant mélange de phases d’exploration façon vieux Zelda et de phases de combats au tour par tour. Le système d’affrontement est d’ailleurs vraiment bien pensé et à aucun moment vous ne devez tuer du monstre afin de monter bêtement les niveaux de vos personnages. Comme souvent avec Nintendo, simplicité rime avec efficacité. A chaque bouton son personnage donc. A pour Mario, B son frère, tandis que le gros Bowser utilise X voire Y. Tout est histoire de rythme dans les combats puisqu’il convient d’appuyer au bon moment pour faire le plus de dégâts possibles. Sauter sur l’adversaire maladroitement et l’attaque s’arrête là. Sauter avec brio et vous aurez droit à un deuxième coup bonus afin de faire davantage de points de dégâts. Sur le même principe, alternez A puis B pour que les deux frères tapent à tour de rôle dans une carapace vers un ennemi, cette dernière allant de plus en plus vite à chaque coup donné. Ce système a le mérite d’être dynamique et de sans cesse solliciter votre participation, aussi bien dans les séquences offensives que défensives.

Les goobas s'enflamment à condition de les toucher au bon moment avec votre stylet.

Un anti corps nommé Mario

Mario & Luigi : Partners in Time jouait sur l’interaction des frangins avec les équivalents enfants. Au centre de Bowser, lui, met logiquement l’accent sur les interactions entre Koopa et les deux frères. Le tout fonctionne comme une symbiose, les actions du premier pouvant aider les deux autres à progresser et inversement. Concrètement, si Koopa se désaltère, l’eau fraîchement ingurgitée permet à Mario et Luigi d’atteindre des zones jusqu’alors inaccessibles. Koopa ne peut pas vaincre un ennemi par lui-même ?  Qu’à cela ne tienne : aspirez-le et les frangins auront sûrement une méthode plus appropriée pour lui régler son compte. Jouer sur les deux fronts - et donc sur les deux écrans - rend le titre tout sauf monotone, d’autant plus que Mario et Luigi peuvent s’entre-aider eu mêmes. Il leur est possible par exemple de combiner leurs attaques afin d’être plus efficace. Lors de séquences d’exploration, un coup de marteau de Luigi sur son frère le fait rétrécir, de quoi se faufiler dans des trous de souris sans problème. Les propriétés de la DS sont davantage utilisées que sur l'épisode précédent. Vous êtes amenés notamment à sortir votre stylet pour toucher les goombas lancés par Bowser afin qu'ils s'enflamment et soient plus dévastateurs. Lorsque ce dernier se transforme en géant (pour des raisons que je tairai), vous êtes littéralement Bowser en crachant du feu via le micro ou en mimant le mouvement de votre coup de poing grâce au stylet. Les caractéristiques propres à la DS rendent donc le gameplay encore plus varié et palpitant.

L'interaction entre Bowser et les frangins est vraiment bien pensée.

Mario et Dumber ou Dumb et Luigi ?

La saga Mario et Luigi représente peut-être le juste milieu entre certains jeux se prenant trop au sérieux et d’autres un peu trop niais. L’humour potache est présent jusqu’à la fin, aussi bien dans les dialogues que dans les situations (Bowser ayant trop mangé, les frangins doivent faire fondre sa graisse à un moment : inoubliable). Allant encore plus loin que les Paper Mario dans le ridicule, Mario & Luigi : Bowser's Inside Story prouve une fois de plus qu’il est possible de proposer un gameplay carré dans un univers qui ne tourne pas rond… La localisation française est par ailleurs réussie, même si certains jeux de mots rendent mieux en anglais ; tout dépend de votre niveau dans la langue de Shakespeare. Quoi qu’il en soit, c’est un réel plaisir de s’immiscer pendant presque trente heures dans cet univers délirant. Luigi, comme par le passé, est souvent tourné en ridicule (il tente de fuir certains combats par exemple) comparé à son frère, la véritable ‘idole’. Ou quand Nintendo se moque de lui-même avec justesse. Un mot enfin sur les rendus visuels et sonores. La réalisation est toujours aussi soignée. L’ambiance colorée colle bien à l’atmosphère du jeu, et les sprites 2D demeurent mignons au possible. Les digits sont quant à elles excellentes et pleines de vie. La bande son signée Yoko Shimomura, la compositrice attitrée de la série, confère au titre une étiquette rétro pas déplaisante. Quelques vieux thèmes sont repris avec justesse ; les nouveaux étant bien trouvés eux aussi. L’effort fait sur les bruitages renforce aussi l’immersion. Ah, Mario qui nage avec un bruitage façon Mario Bros 3, que du bonheur je vous dis, que du bonheur !
Les Plus
  • la réalisation chatoyante
  • le gameplay riche et varié
  • le ton comique bien mené
  • l'utilisation sympathique du stylet et du micro
Les Moins
  • la facilité du titre pour les habitués du genre