DragonBall : Evolution ou fan égal pigeon ?

19 mai 2009
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L'acquéreur de ce DragonBall : Evolution a clairement de quoi avoir les boules. A moins d'aimer le film au plus haut point, difficile de ne pas fuir ce titre comme la peste. Limité dans son casting comme sa réalisation, extrêmement court, handicapé par une mise en scène soporifique, le jeu de Namco Bandai est clairement raté. Si son gameplay sauve un peu les meubles, tout le reste fait peine à voir.

Ce n'est un secret pour personne : l'adaptation trahit souvent le support original. Et plus vous avez d'adaptations, plus le produit final tend à s'éloigner de l'œuvre de base. Tiré du film éponyme lui même inspiré de loin du célèbre manga d'Akira Toriyama, DragonBall : Evolution porte très mal son nom. Compte-rendu d'une évolution à l'envers.

L'attaque spéciale de Yamcha à l'oeuvre : comme quoi le ridicule peut tuer.

Y a-t-il un scénariste dans l'avion ?

Tenter d'introduire un scénario dans un jeu de combat paraît toujours risqué. Rares sont les titres qui arrivent à conférer à leurs personnages une histoire suffisamment intéressante pour enrichir leurs background. Les séquences animées de Street Fighter IV parviennent encore bien à coller à l'univers de la série par exemple, même si il n'y a pas de quoi crier au génie non plus. DragonBall : Evolution propose quant à lui de revivre le film car ceux qui, comme moi, dans un moment d'oubli ou d'hérésie le plus total, se le sont infligé, en veulent toujours plus. Le mode scénario vous invite donc à suivre les péripéties palpitantes du jeune Goku qui apprend les arts martiaux auprès de son grand-père San Gohan. Au programme : une succession interminable d'écrans fixes reprenant les dialogues si bien écrits du long-métrage. De temps en temps, des combats viennent évidemment vous réveiller. Ne pas s'attendre à une retranscription fidèle, tel est le mot d'ordre. Car si le film peine à retrouver l'esprit du manga, le jeu n'arrive même pas à reprendre la trame du film convenablement. Est-ce un bien ou un mal ? A vous de voir... En tout cas, le ridicule intervient fréquemment. Ainsi, Goku et son grand-père s'entraînent sur des fils au début du film, le premier qui tombe ayant perdu. Sur PSP, le contexte et l'enjeu sont les mêmes, à l'exception près que les deux compères combattent sur le sol... Ben voyons !

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De San Goku à San Cucul....

Outre ce mode passionnant se terminant en une petite heure - soit vingt minutes de moins que le film - le jeu compte entre autre un mode défis amusant l'espace d'un instant. Un peu à la manière d'un Lumines 2, des challenges (vaincre en un temps imparti, gagner sans coups spéciaux...) sont proposés sur trois niveaux de difficulté ; le joueur devant impérativement tout finir en facile pour débloquer les épreuves en normal puis en difficile. De quoi occuper ceux qui désirent obtenir toutes les illustrations, croquis et autres story-board à débloquer. A part ça, il faut bien avouer que vous faites vite le tour du jeu. Seulement onze personnages sont disponibles, autrement dit une misère pour celui qui a pratiqué les épisodes Budokai et Tenkaichi sur PSP et PS2. Les décors sont d'un vide affligeant et les animations souvent risibles. Les personnages sont mal modélisés à partir des acteurs du métrage, comme un certain Street Fighter The Movie en son temps. Le gameplay demeure quant à lui honorable. Il faut dire qu'il reprend les bases des Budokai sortis sur le même support. Les affrontements paraissent donc assez dynamiques bien que très répétitifs et bourrins dans l'âme. Marteler les boutons de coups pour effectuer des combos basiques est souvent synonyme de victoire. Un mot pour finir sur la traduction française. Sans surprise, celle-ci n'est pas bien fine, comme le pathétique "San Cucul" le laisse entrevoir. Même en ne prenant pas la chose au premier degré, la pilule (capsule ?) a du mal à passer.
Les Plus
  • Chichi est bien jolie
  • Le gameplay reste correct
Les Moins
  • Le casting ridicule
  • La réalisation : honteuse
  • La traduction de mauvais goût
  • La mise en scène d'une série Z
  • La très faible durée de vie