Cryostasis vous donne la chair de poule

24 févr. 2009
Testé par sur
Disponible sur
2
  • Éditeur 1C
  • Développeur Action Forms
  • Sortie initiale 27 février 2009
  • Genres Action, Aventure

Au final, Cryostasis : Sleep of Reason est un jeu très moyen. Si les développeurs sont parvenus à créer, à la manière de Bioshock, un environnement original, cohérent et immersif, ils ont échoué à donner un sens et un rythme correct à l’aventure. Ainsi, les déplacements et les combats se révèlent très pénibles à cause d’une lourdeur et lenteur excessive du personnage. Et beaucoup trop de questions restent en suspens à cause d’un scénario obscur. Dommage, car le titre d’Action Forms est remplie de bonnes idées, avec à leur tête le système de jauge de température. Si vous souhaitez toutefois vous lancer dans l’histoire, il est fortement conseillé de tester sur votre configuration la version de démonstration du jeu afin de bien vous assurer que le moteur graphique tourne de manière satisfaisante.

Le petit monde des FPS sur PC est depuis de longs mois à la recherche d’un second souffle. Après avoir usé et abusé de toutes les ficelles connues sans jamais les renouveler, les développeurs ont fini par lasser et décevoir les fans purs et durs en orientant le genre vers une "consolisation" des jeux (Far Cry 2 ou F.E.A.R. 2). Heureusement, la créativité et l’originalité n’ont pas totalement disparu, comme en témoignent par exemple S.T.A.L.K.E.R. : Shadow of Chernobyl et Clear Sky. C’est également le cas de Cryostasis, dernier titre d’Action Forms, qui va tenter d’imposer ses idées nouvelles et surtout essayer de vous convaincre...

Les ennemis peuvent surgir de nulle part.

Un FPS atypique

L’aventure se situe quelque part dans l’Arctique en 1968. Le brise-glace atomique soviétique North Wind s’est échoué sur un gros iceberg. L’équipage a entamé les travaux nécessaires à la réparation des dégâts et un météorologue a été dépêché sur les lieux pour éclaircir les circonstances de l’incident. Ce météorologue, c’est vous : Alexander Nesterov. Mais lorsque vous arrivez - vous ne savez pas trop comment - sur les lieux, vous ne trouvez qu’un immense rafiot inerte sans trace de vie si ce n’est d’étranges mutants agressifs. Ce ne sont d’ailleurs pas vos seuls ennemis puisque votre principal souci est le froid extrême qui règne sur les lieux. Heureusement - et aussi curieux que cela puisse paraître - vous semblez détenir un étonnant pouvoir qui vous permet de voir dans le passé, voire de le modifier, ce qui va vous permettre de vous tirer de bien des mauvais pas. Cryostasis se présente comme un FPS au niveau de la vue, mais est très éloigné des standards actuels du genre incarnés par Crysis, Far Cry 2 ou encore Call of Duty 5. Il est en vérité beaucoup plus proche d’un jeu comme Condemned, c’est-à-dire un mélange d’exploration, d’énigmes et de tir dans une atmosphère travaillée, riche en horreur et en suspense. Par exemple, vous ne rencontrez finalement que peu d’ennemis, mais leur arrivée est souvent extrêmement bien scriptée au point de régulièrement vous faire sursauter.

Réchauffez vous dès que vous le pouvez afin de récupérer vos forces.

Chaud et froid

Les graphismes sont plutôt jolis, notamment le rendu volumétrique qui simule les particules gelées en suspension dans l’air. Par contre, le moteur du jeu ne semble pas très optimisé. Quel que soit le réglage des paramètres graphiques, le taux d’images par seconde joue régulièrement au yo-yo, surtout lorsque vous utilisez la lampe torche. Il est d’ailleurs difficile de savoir si le problème est dû au moteur en lui-même, ou à des pilotes de cartes graphiques pas encore adaptés. Les décors sont peu variés puisque l’aventure se déroule uniquement sur le brise-glace. Vous passez de coursives en coursives, en actionnant toujours les mêmes interrupteurs et en franchissant inlassablement les mêmes portes hermétiques. La barre de vie habituelle est remplacée par une jauge circulaire de température. La couronne extérieure représente la température extérieure de la zone dans laquelle vous vous trouvez, tandis que le disque intérieur symbolise votre température interne. Celle-ci diminue lorsque l’air environnant est plus froid que vous, ou lorsque vous prenez des coups. Par contre, pour la faire remonter, vous devez vous réchauffer auprès de tout ce qui est plus chaud que vous : un feu de bois, un générateur, une conduite de vapeur d’eau, ou même une simple ampoule à incandescence. Ce système se révèle ici très efficace et original, même s’il avait déjà été entrevu dans Crysis (lorsque vous escortez Prophet pour fuir l’île gelée).

La physique ne concerne que les particules. N'espérez donc pas faire tomber ces stalactites sur vos ennemis en tirant dessus.

Du plomb dans les chaussures

A l’image de Condemned, les déplacements du héros sont excessivement lents et rigides. Bien sûr, cela s’explique en partie parce qu’il est alourdi par les multiples couches de vêtements nécessaires pour résister au froid intense qui règne autour de lui. Pourtant, dans le cas présent, vous avez davantage l’impression que c’est en scaphandre que vous vous déplacez tellement l’inertie est exagérée. Une jauge d’endurance est présente, mais elle se vide dès que vous sautez, portez un coup ou courez. Concrètement, il est possible de bénéficier d’une petite accélération salutaire sur quelques mètres à peine, puis vous devez attendre que la jauge se remplisse avant de pouvoir l’utiliser à nouveau. Cette rigidité se ressent également au cours des combats. Vous pouvez utiliser divers objets au corps à corps, comme une chaîne, une vanne ou une hache, mais les coups que vous assénez sont lents, et leur portée est vraiment difficile à appréhender. Lorsque vous trouvez des armes à feu, vous n’êtes pas pour autant tiré d’affaire puisque leur efficacité n’est pas exceptionnelle tandis que leur temps de rechargement est très handicapant. Enfin, si une poutre ou une caisse vous barre le passage, impossible de la déplacer ou de passer au-dessus en sautant : c’est tout simplement parce que les développeurs veulent vous empêcher d’aller dans cette direction. En fait, l’aventure est complètement linéaire. Pour vous rendre d’un point A à un point B, il n’y a qu’un unique chemin à suivre après avoir accompli certaines actions prédéfinies, comme actionner un levier ou déverrouiller une porte.

Certaines phases de « possession » vous conduisent sous l'eau, avant la catastrophe.

Retour vers le passé

Les seuls événements qui rompent quelque peu ce gameplay trop classique sont les "rencontres" avec les cadavres des marins. En effet, vous tombez régulièrement sur un membre d’équipage décédé dans une zone sans issue apparente. Pour pouvoir progresser, il vous faut alors utiliser votre capacité d’"écho mental" qui consiste à prendre "possession" de ce corps tout en remontant le temps. Vous pouvez ainsi changer les actions qu’il a réalisées avant de mourir afin d’à la fois le sauver de la mort mais aussi de vous créer une issue. Par exemple, vous êtes devant une échelle inaccessible qui vous empêche d’atteindre un niveau supérieur. Vous remontez alors le temps dans la peau d’un mécanicien qui assiste, impuissant, à une explosion de vapeur qui tue un de ses collègues et qui lui est également fatale. Au lieu de ne rien faire, vous pensez à aller couper la vanne adéquate, ce qui abaisse indirectement l’échelle que vous convoitiez pour atteindre la sortie. Ainsi, ces phases sont prétextes à de petites énigmes qui suivent toutes globalement le même schéma : vous observez et analysez la situation qui conduit à la mort du marin, vous cherchez une solution, puis vous appliquez cette solution. Il en résulte un grand nombre préalable d’essais infructueux puisque chaque "possession" ne vous laisse qu’un temps très limité avant le trépas du "possédé". C’est d’ailleurs parfois un peu frustrant puisque, pour certaines situations, vous êtes vraiment livré à vous-même sans réussir à comprendre ce que le jeu attend de vous.
Les Plus
  • Un univers cohérent et immersif
  • De beaux graphismes
  • Des évènements efficacement scriptés
  • Une jauge de température originale
  • Un système d’"écho mental" réussi
Les Moins
  • Des déplacements pénibles
  • Des combats peu convaincants
  • Une certaine linéarité
  • Un scénario obscur
  • Un moteur graphique gourmand