Need For Speed Undercover dérape dangereusement

24 janv. 2009
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1
  • Éditeur Electronic Arts
  • Développeur EA Black Box
  • Sortie initiale 21 novembre 2008
  • Genre Course

Need For Speed Undercover avait l’air prometteur avant sa sortie. Il donnait l’impression de reprendre ce qui avait fait le succès de ses aînés, le tout remis au goût du jour avec un moteur flambant neuf. Malheureusement, il est très loin de se montrer à la hauteur et sera sans conteste une nouvelle déception pour les fans de la série, qui devront aller voir ailleurs ou attendre encore. Un épisode qui possédait pourtant les éléments nécessaires pour relancer toute une série, mais qui donne au final l’impression d’être bâclé, et demeure beaucoup trop limité pour être attirant.

Après l’énorme flop de l’épisode ProStreet dans la série des Need for Speed, il était grand temps pour ces messieurs d’EA Black Box de remettre le pied à l’étrier pour enfin nous proposer un volet digne de ses prédécesseurs. Quoi de mieux pour se faire qu’un retour aux sources ? Un environnement complètement ouvert, un moteur graphique tout neuf baptisé héroïc driving engine, un scénario de long métrage et surtout, le retour de la police ! Les bonnes vieilles mécaniques ont fait leurs preuves, reste à voir si le tout tient la route.

Infiltré ou pas, la police vous traite comme un criminel.

Fast and Curious

Histoire de changer du sempiternel scénario écrit, les développeurs ont eu l’idée d’entrecouper les scènes de jeu avec des cinématiques jouées par de vrais acteurs. Une habitude récente chez EA, qui a pourtant bien réussi aux derniers Command and Conquer. A la seule différence qu’ici, il ne s’agit pas de conquérir la planète, mais de vous faire un nom dans le milieu du délit routier. Vous jouez le rôle d’un pilote plutôt doué, chargé d’infiltrer et de remonter un réseau de voleurs de voitures et trafiquants en tous genres pour le compte des autorités locales. Une épopée urbaine qui n’est pas sans rappeler le film Fast and Furious. Ce petit côté cinématographique reste pourtant mal maîtrisé, et même si l’intention y est, la trame parfois décousue du scénario donne vraiment l’impression de quelque chose d’artificiel. De plus, le nombre de missions faisant partie du déroulement de l’histoire est quasi-anecdotique. Même en parcourant les autres épreuves, sensées vous aider à faire vos preuves auprès des différentes bandes de la ville, la durée de vie dépasse péniblement les douze heures de jeu. Une durée de vie qui pourrait sembler correcte, si seulement le mode multijoueur n’était pas là juste pour la forme, et si le panel d’épreuves était plus vaste. En effet, de nombreuses épreuves sont disponibles, mais se limitent souvent, en dehors des différents modes de courses, à aller d’un point à un autre le plus rapidement possible ou à échapper à la police dans différentes configurations. Il aurait été sympathique de trouver des types de jeu plus humoristiques ou originaux en plus de ceux-ci.

Toutes les grandes marques sont de la partie.

Centrifugeuse sur roues

Là où Need for Speed ProStreet se voulait réaliste (et échouait lamentablement), Undercover se montre sans ambiguïté sous le signe de l’arcade. Peut-être même trop ! Évidemment, un titre à vocation arcade ne peut pas proposer une conduite pointue et maîtrisée. Néanmoins, quand le pilotage d’une voiture ne diffère pas beaucoup du pilotage d’une autre, il est de mise de se poser quelques questions. Nulle interrogation sur la prise en main par contre, elle est instantanée et même le plus novice des novices n’a aucune chance de s’arracher les cheveux en tentant de négocier un virage. A plus forte raison puisqu’il est dans une majorité de cas possible de prendre les virages sans même décélérer. Ce qui semble grisant au début montre vite ses limites, et un jeu de course sans aucune technicité ne suscite au final que peu d’intérêt. Dans l’absolu, le plaisir de jeu est là mais il reste relatif et s’évapore en très peu de temps. Heureusement, la personnalisation des véhicules est toujours aussi jouissive, et il est réellement possible de réaliser des engins surprenants. Les modifications mécaniques influent légèrement sur les performances des véhicules mais ne changent pas grand-chose au style de conduite linéaire des bolides, dommage. Avec un calibrage plus fin et un meilleur respect des contraintes mécaniques, tout ceci aurait pu s’équilibrer et offrir une expérience de jeu à la hauteur, à l’image du pilotage arcade proposé dans Race Driver : GRID, qui se révèle plus que satisfaisant.

Le motion blur est souvent trop présent.

Seul au monde

Le pire, c’est sans doute de se sentir seul. Pas de piétons, très peu de véhicules, un manque de vie surprenant, surtout à l’ère de la next-gen. D’autant plus que l’environnement, relativement vaste, est entièrement ouvert dès le début du jeu. Pourquoi n’avoir pas essayé de se focaliser sur quelque chose de plus modeste, mais aussi de plus complet ? De la même manière, les décors qui défilent se ressemblent et n’ont que peu d’identité. L’intelligence artificielle est elle aussi bâclée, elle est tantôt agressive et réfléchie, et tantôt molle et arbitraire, venant vous plaquer au bout de cent mètres de course dans le premier mur visible. Dommage, car la bande son est dynamique, entraînante, et elle se veut variée, passant d’un Rock très électrique à de la musique urbaine rythmée et diablement immersive. Le moteur graphique fait lui aussi du bon travail, et l’effort réalisé est tout de même à noter. La modélisation des véhicules est plus que correcte et les modèles présents dans le jeu sont reconnaissables au premier coup d’œil. Reste que l’optimisation est nettement en deçà de ce que promettait le titre, et les saccades sont fréquentes, surtout dès que le paysage commence à défiler un peu plus vite. Parfois même, ces problèmes de ralentissements interviennent sans raisons apparentes, dans des endroits vides, même si vous roulez au pas. Cela va sans dire, ce défaut entache vraiment l’expérience de jeu, d’autant qu’à ce jour, aucun correctif n’est toujours venu combler la faille.
Les Plus
  • Un espace de jeu totalement ouvert
  • La personnalisation des bolides
  • Le retour de la police et des poursuites
Les Moins
  • La conduite exagérément arcade
  • Le manque de diversité des décors
  • Les saccades fréquentes
  • Le manque cruel de vie