Golden Axe tranche dans le vide

31 oct. 2008
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A trop vouloir ressortir du placard les vieilles licences, SEGA finit par dégrader honteusement le faste d'une série qui a marqué les joueurs de la première heure. Golden Axe : Beast Rider a bien trop de défauts pour espérer convaincre une communauté de joueurs ayant gouté aux joies d'un God of War ou d'un Ninja Gaiden. Un scénario inexistant, une palette de coup famélique, des caméras horripilantes, un rythme de jeu pénible, rien ne peut venir étayer la plastique flatteuse et le système de montures efficace pour enrayer l'exécution en règle de la série par son géniteur. Clairement un jeu à éviter.

"C'est dans les vieilles marmites que l'on fait les meilleures soupes". Tout le monde connaît cette célèbre maxime. Malheureusement, elle s'avère rarement vraie dans le monde artistique, et le jeu vidéo n'échappe pas à cette réalité. Grand pilier du beat'em all sur arcade à la fin des années 80, Golden Axe revient aujourd'hui dans une version HD. SEGA tente donc une sacrée passe d'arme en essayant de remettre une de ses plus grosses licences au goût du jour. Après l'échec d'un Altered Beast en 2005 sur PS2, l'éditeur nippon va-t-il réussir à convaincre face à une concurrence (à l'image d'un God of War) aiguisée comme un katana d'Okinawa ?

La réalisation graphique est une des rares qualités du jeu.

Un écrin doré

Soyons direct, Golden Axe est un vrai beat'em all, peut-être même un peu trop. Fi de toute considération scénaristique de son ancêtre, il incarne le défouloir avec un grand D. Une fois la brève (et bâclée) introduction passée évoquant succinctement le tyran légendaire de la série Death Adder, le jeu démarre sans autre forme de détails sur la trame principale. Le premier constat est flatteur : une réalisation graphique soignée, un moteur Havok égal à lui-même, une amazone court vêtue fort bien modélisée et du gore à outrance. Il semble que tout soit réuni pour raviver la flamme de cette série culte, mais l'illusion est de courte durée. Exit Ax le barbare et Gilius le nain, les deux autres personnages originels de la saga, ne reste plus que Tyris l'amazone. Son objectif ? Dézinguer du barbare à tour de bras dans d'humides et tièdes bains de sang, vague après vague, inlassablement jusqu'à parvenir en une poignée d'heures (4 à 5 environ) au fameux boss Death Adder. Loin d'être difficile, le jeu offre un système de combo simpliste et non évolutif, tant et si bien qu'il est difficile de trouver des arguments pour justifier la progression dans le jeu.

Dès qu'un peu trop d'adversaires s'invitent, les combats deviennent très brouillons.

Vous avez dit navet ?

Telle une mauvaise réalisation de série Z, Golden Axe souffre d'une mise en scène très médiocre et ce n'est certainement pas le - rare - jeu des acteurs qui va sauver le naufrage. "Quelle importance ?" diront certains, "il s'agit d'un beat'em all !". La réponse est simple : passée une heure de jeu, vous tentez vainement de trouver une motivation pour avancer. Comptez sur une petite huitaine d'arme (que des épées, un comble pour un jeu dont le titre est "Golden Axe"), un système de combo figé, des esquives et des contre mal gérés, des caméras chaotiques et capricieuses, autant de points qui attestent du caractère insipide de l'aventure. Pour couronner le tout, il faut compter sur de très disgracieuses fenêtres pop-up qui viennent littéralement plomber le rythme de jeu dès qu'une astuce vient ridiculement aviser le joueur sur un point évident de gameplay. Passés les premiers niveaux, vous pensez enfin pouvoir être débarrassé de cette tare, mais c'est sans compter sur ce ridicule système de parchemins redondants qui, même en plein milieu du jeu, ressasse des conseils dispensés au début de l'aventure. Conjugués à de nombreuses cinématiques qui s'invitent toutes les 33 secondes environ pour de mauvaises raisons, vous comprenez vite à quel point la progression peut être harassante.

Les duels de monture apportent un plus dans les combats.

Sur son fier destrier

Heureusement ou pas, il est un petit plaisir qui vient un peu contrebalancer cette avalanche de tares. Au fur et à mesure de l'aventure (pour les plus courageux), vous découvrez un panel intéressant de créatures que Tyris peut chevaucher pour terrasser ses adversaires. Chacune dotée d'un design réussi et bien différent, elles possèdent également des caractéristiques spécifiques telles que cracher du feu, passer en mode furtif, s'enrager au point de devenir un véritable ogre de guerre, etc. Si leur contrôle s'avère parfois fastidieux, notamment pour les demi-tour, elles sont tout de même assez utiles à la progression et, au final, plutôt jouissive en terme de gameplay. Alors que les premières créatures se rapprochent plus du gros lézard, les suivantes s'apparentent à de véritables mammouths voire même à ce grand singe qui escalade des buildings. Finalement, c'est certainement l'unique point d'intérêt qui vient vous motiver à avancer dans le jeu : découvrir toutes les espèces de montures. Car ce n'est certainement pas les différents modes de jeu qui vont insuffler un peu plus d'intérêt à l'histoire principale : Un mode arène insipide et dépourvu de tout système de récompense qui consiste à affronter des vagues d'ennemis perpétuelles jusqu'à notre dernier souffle. Et un mode défi qui permet de reprendre chaque acte du jeu afin d'obtenir un meilleur classement. Ceux qui espéraient un mode multi seront déçus car ce dernier n'a tout simplement pas été envisagé.
Les Plus
  • La réalisation graphique
  • Un système de monture intéressant
Les Moins
  • Une trame scénaristique ridicule
  • Une palette de combo figée
  • Un personnage jouable
  • Pas de multi
  • La gestion de la caméra médiocre
  • Une progression fade et linéaire