FaceBreaker dans les cordes

15 oct. 2008
Testé par sur
Disponible sur
2
  • Éditeur Electronic Arts
  • Développeur EA Canada
  • Sortie initiale 4 septembre 2008
  • Genre Sport

Finalement, FaceBreaker, plein de bonnes intentions, s'avère assez décevant en regard des motivations et des objectifs qu'il semblait viser. Il aurait pu succéder aux maîtres du genre, mais à cause d'une difficulté exagérée et d'un gameplay trop bourrin, il ne sera qu'un simple jeu de boxe arcade fun et divertissant. Avec des bases assez solides toutefois, nous pouvons nous prendre à rêver d'un 2e opus qui lui pourrait bien réussir là où celui-là a échoué.

Déjà présent dans le domaine de la simulation de boxe avec le très bon Fight Night Round 3, EA Sports tenait à proposer un jeu dans la digne lignée des Super Punch Out et autres Ready To Rumble. Le pari était osé car si le genre est peu représenté, ses références flirtent avec l'exceptionnel. Mais rien n'arrête l'ogre américain et en proposant ce FaceBreaker, le plus gros studio du monde espère bien installer une nouvelle référence en matière de boxe arcade. Pari réussi ?

La modélisation des personnages est propre et stylée.

Let’s get ready to rumble

Le paysage vidéoludique de la boxe arcade avait bien besoin d'un nouveau représentant. Les piliers du genre ont donné de sacrés frissons aux plus anciens d'entre nous, mais ces frissons commencent à dater. Et Electronics Arts semble l'avoir compris. Il est toujours compliqué de passer après les plus grands et même si le studio américain est une véritable machine de guerre, il allait leur falloir beaucoup de talent et de rigueur pour assouvir les fantasmes des joueurs les plus exigeants. La recette paraît simple, beaucoup de fun, des personnages charismatiques, un gameplay accessible et efficace, des coups spéciaux et le tour est joué. Mais comme pour toute recette, la différence se fait sur le petit ingrédient en plus, la petite saveur alléchante qui va rendre le plat si particulier. EA Sports maitrise sans conteste la base de la cuisine vidéo ludique, mais il est clair que dans ce FaceBreaker ils n'ont pas su apporté la touche magique nécessaire au chef d'œuvre.

Ce n'est pas un coup au foie qui va vous envoyer au tapis dans Facebreaker.

Une difficulté mal dosée

On associe bien souvent le mot arcade avec accessibilité. Par extension, l'accessibilité rime avec facilité. Tout ceci à partir du constat flagrant de la simplification des jeux en regard de leur orientation grand public grandissante. Loin sont les jeux arcades où il fallait batailler des heures durant pour maîtriser leur gameplay simple et paradoxalement si complexe. En cela, FaceBreaker semble renouer avec les jeux d'antan. A ceci près que l'époque n'est plus la même et les mœurs ont changés. Disons le clairement : FaceBreaker est dur et ce, même dans le mode le plus simple. L'IA est corsée au possible et il va falloir vous armer de courage pour finir le jeu. La prise en main est rapide et efficace, un bouton de frappe haute, un bouton de frappe basse, un pour les projections, un pour les coups spéciaux et la gâchette pour les parades, voilà un gameplay épuré sur lequel il faut travailler encore et encore avant de trouver la faille de chaque adversaire. Car à l'instar de ses ancêtres, FaceBreaker propose plusieurs combattants, tous très charismatiques, avec pour chacun un talon d'Achille. N'espérez pas progresser dans le jeu sans les avoir décelé.

En enchainant plusieurs coups sans en encaisser, vous pouvez déclencher le Facebreaker...

La face cassée

Rien à redire sur l'habillage graphique, Electonic Arts maitrise son sujet et vous livre là une production léchée et stylée, chaque combattant est soigné et dispose d'un charisme particulier. La modélisation est impeccable et le jeu gère même la déformation en temps réel des visages tuméfiés par les coups. L'environnement sonore est du même acabit de même que l'interface des menus. Tout le jeu baigne dans un humour omniprésent, et même si les doublages français sont parfois douteux, une volonté de bien faire se manifeste notamment par certaines répliques bien cocasses. Il en va de même au cœur des combats avec des démarches parfois très burlesques ou encore des coups spéciaux, les fameux "Facebreaker", très atypiques. Si le gameplay paraît simple, la prise en main immédiate et la difficulté mal gérée, la structure des combats est trop mal agencée pour laisser place à une quelconque technicité. Soyons clairs, FaceBreaker est bourrin. Une fois les points faibles des adversaires trouvés, toutes considérations d'esquives et de parades deviennent superflues pour laisser place au martelage de boutons.

... et alors attention les mâchoires !

Adriaaaaan

De plus en plus usité dans les jeux, la caméra live vison vous permet de prendre une photo de vous (ou de quiconque à portée de mains que vous auriez envie de cogner virtuellement) afin de modéliser votre avatar 3D. Le principe est simple mais terriblement porteur. Dans les faits, vous devez prendre différents plans de votre tête afin que le jeu dresse un portrait plus ou moins réussi de vous. Et à ce stade, les résultats sont très variables ; la qualité de vos clichés influence drastiquement la réussite de la modélisation. Respectez les règles de prises de vue et vous pourrez vous prendre pour l'étalon italien, la tête déformée après un combat et crier le nom de votre dulcinée. Vous avez même la possibilité de promenez votre avatar sur les serveurs d'Electonic Arts afin d'aller cogner l'avatar 3D de vos amis sur le live. Sur ce point d'ailleurs, rien de transcendent, un multijoueur au classicisme déroutant qui n'a clairement pas fait l'objet de beaucoup d'attention de la part des développeurs. Il permet néanmoins de changer la donne face à une IA intransigeante qui semble lire dans vos pensées tellement vos coups aussi variés soient-ils sont facilement anticipés.
Les Plus
  • Une réalisation impeccable
  • L'humour omniprésent
  • Une prise en main immédiate
  • Des temps de chargement quasi inexistants
Les Moins
  • La difficulté mal dosée
  • Trop bourrin
  • Un multijoueur décevant
  • Des doublages français parfois ridicules