Entrez dans l'Histoire avec XIII Century : Death or Glory

08 sept. 2008
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Au final, XIII Century : Death or Glory est une vraie déception. Ce titre est incapable de concurrencer sérieusement Medieval II : Total War, qui demeure la référence absolue des jeux de stratégie en temps réel ayant pour contexte le Moyen-Age. Il est d'ailleurs vraiment déconseillé aux néophytes de par sa difficulté excessive. Seuls les tacticiens hors pair, qui connaissent déjà sur le bout des doigts tout ce qui se fait dans le genre, peuvent être intéressés par le challenge offert par le titre d'Unicorn Games Studio. A la ferme condition, bien sûr, d'avoir des nerfs à toute épreuve.

De Defender of the Crown sur Amiga à Medieval II : Total War sur PC, le Moyen-Age a toujours constitué une période privilégiée pour les jeux de stratégie en temps réel. Cet âge sombre, riche en batailles de grande ampleur entre des armées constituées d'archers, de chevaliers ou de fantassins est à nouveau le théâtre d'affrontements épiques dans XIII Century : Death or Glory. Alors, un coup d'épée dans l'eau ?

Avant chaque bataille, vous avez droit à un petit résumé du contexte et des forces en présence.

Aux armes !

XIII Century se focalise uniquement sur le champ de bataille. En effet, vous n'avez pas à construire un seul bâtiment, ni à collecter la moindre ressource. Vos seules tâches sont de gérer vos troupes, de les déplacer et de planifier vos attaques afin d'annihiler votre ennemi. C'est donc un jeu de stratégie-tactique avant tout, où le mot "réflexion" prend tout son sens. Ici, pas de longue campagne solo scriptée dans laquelle vous dirigez le destin d'un grand empire. A la place, cinq petits groupes de scénarios dans lesquels vous combattez les armées médiévales anglaises, françaises, germaines, russes ou mongoles. Chaque pack correspond à une nation et comprend cinq missions totalement indépendantes mais qui doivent curieusement être réalisées dans un ordre défini. Chacune de ces missions reproduit à l'identique une bataille historique plus ou moins célèbre. Pour les plus doués, un sixième groupe de cinq missions bonus est débloqué une fois les cinq premiers terminés. Pour les néophytes, la présence d'un tutoriel permet de se familiariser avec les commandes. Enfin, un mode "escarmouche" vous offre la possibilité de créer vos propres batailles.

Placez vos archers derrière vos piquiers pour éviter que la cavalerie ennemie ne fasse un massacre.

Pierre-feuille-ciseaux

Les affrontements sont basés sur le principe du Pierre-feuille-ciseaux. Ainsi, les cavaliers l'emportent sur les archers, qui l'emportent sur les fantassins, qui l'emportent sur les piquiers, qui l'emportent sur les cavaliers. Ajoutez à cela la gestion de la fatigue (en cas de marche prolongée), du moral, des munitions (nombre de flèches ou de carreaux) et du type de terrain, et vous obtenez un jeu de tactique plutôt complexe. Par exemple, ce n'est pas parce que votre armée est plus imposante que celle de votre adversaire que la victoire vous est acquise, et inversement. Ce qui compte avant tout, c'est de coordonner les différents types d'unités et de les adapter à celles de l'adversaire et aussi au terrain. Au niveau de l'interface, c'est plutôt prometteur. Elle est certes austère et fournie, mais plutôt claire. Vous pouvez choisir parmi une multitude de formations et d'attitudes différentes celle que vos troupes vont adopter, et régler, par exemple, leur vitesse de déplacement. Toutes les actions sont réalisables à la souris, mais il est également possible d'utiliser les raccourcis clavier que le jeu met à votre disposition.

Mettre le jeu en pause permet de figer le temps tout en laissant la possibilité d'analyser calmement la situation.

Trop de cervelle

Malheureusement, les problèmes ne tardent pas à se manifester. D'abord, le titre est graphiquement dépassé même si la résolution est paramétrable. Les animations et la fluidité globale sont loin d'être irréprochables, même sur une configuration musclée. L'ambiance sonore, proche de la cacophonie, est quant à elle assez particulière. Par ailleurs, le choix de la faction n'a que peu d'incidence sur le profil des troupes, qui sont à peu de choses près quasi-génériques. Pourtant, le vrai point noir du jeu, c'est l'IA. D'une part, celle régissant les actions ennemies est bien trop efficace, rendant le jeu assez difficile. Ne soyez donc pas étonné si vous êtes amené à faire et refaire les mêmes batailles en espérant enfin l'emporter. D'autre part, l'IA guidant les réactions de vos troupes est déplorable : celles-ci font souvent fi de vos ordres, préférant aller s'empaler sur d'autres unités ennemies que celles que vous avez désignées, ou alors restent figées sans riposter alors qu'elles sont attaquées. Dommage, dans ce cas, que le mode multijoueur disponible soit si mal pensé et limité : il aurait permis d'affronter des joueurs humains et donc de palier à cette difficulté excessive.
Les Plus
  • Des scénarios historiques fidèles
  • Son petit prix
Les Moins
  • Dépassé graphiquement
  • Une IA pas au point
  • La difficulté trop corsée
  • Un mode multijoueur limité