Secret Files : Tunguska pointe efficacement sur Wii

23 mai 2008
Testé par sur
Disponible sur
2

A la façon d’un Benjamin Gates qui tentait sans succès de reproduire le succès d’Indiana Jones, Secret Files : Tunguska s’inspire beaucoup des Chevaliers de Baphomet mais sans vraiment en retrouver la saveur. Dommage car le potentiel était bien là et il n’est pas exclu qu’une suite, déjà prévue sur PC, vienne rectifier les défauts de ce premier volet. Néanmoins, Keen Games prouve brillamment que le genre point & click peut parfaitement s’adapter à la Wii, et un succès pour ce Tunguska pourrait donner des idées à d’autres éditeurs…

Le succès commercial de la Wii et la précision du pointeur de sa télécommande ont donné des idées à l’éditeur allemand Deepsilver. Secret Files : Tunguska, point & click de Fusionsphere bien accueilli sur PC, arrive donc sur la console de Nintendo dans une adaptation intelligente signée Keen Games.

L'histoire commence avec la disparition du père de Nina.

Aux frontières du réel

Nina Kalenkov se rend au musée d’histoire naturelle de Berlin pour y retrouver son père Vladimir qui y travaille en tant que chercheur. Arrivée dans son bureau, elle ne trouve qu’un vaste désordre et pas la moindre trace de Vladimir. Pour ne rien arranger, des témoins parlent d’hommes mystérieux en robes noires et la police ne semble pas très coopérative. Avec l’aide de Max, assistant au musée, la jeune femme va découvrir que son père faisait partie d’une expédition scientifique liée à la catastrophe de Toungouska, restée inexpliquée, à laquelle plusieurs personnes mal intentionnées semblent s’intéresser. Ces recherches mèneront les deux héros en Russie, en Amérique latine, en Irlande et en Asie.

L'aventure vous fera voir du pays.

Contrôle pointu à la télécommande

Ceux qui ont pratiqué le point & click sur consoles savent vraisemblablement pourquoi le genre est si peu populaire hors des PC : sans souris, point de salut pour diriger péniblement un curseur au stick analogique ou à la croix directionnelle. Avec ses nouvelles interfaces, Nintendo change la donne et offre des consoles idéales pour accueillir les fleurons du genre voire le renouveler comme sur DS avec Phoenix Wright ou Hotel Dusk. Sur Wii, le pointeur de la télécommande remplace parfaitement la souris et le Nunchuk permet de déplacer directement son personnage (ce qui reste peu utile en pratique). Vous serez de plus avantageusement aidés par la possibilité d’afficher tous les éléments interactifs d’un écran afin de ne pas passer à côté du traditionnel objet de trois pixels de large. De la même façon, le jeu signale les combinaisons d’objets possibles dans l’inventaire par l’intermédiaire des vibrations, ce qui évite de nombreux essais pour rien.

Certaines séquences vous font jouer avec Max.

Le retour du singe sur la pompe à eau

Malheureusement, le genre point & click si bien adapté à la Wii n’est pas représenté au mieux avec Tunguska. Malgré des décors soignés, l’aventure déçoit sur plusieurs points. Les personnages manquent terriblement de charisme, coincés entre le sérieux d’un univers réaliste et la tentation de second degré caractéristique de l’âge d’or du genre. Peu de personnalité et des gags qui tombent invariablement à plat, difficile de s’attacher à Nina et Max. Le scénario, qui promet aventure et mystère, n’exploite pas assez ses lieux (quand vous pensez à Cuba, vous pensez à autre chose qu’à un hôpital psychiatrique, non ?) et ne développe pas plus son point de départ qu’un épisode de X-Files (qui a l’avantage de ne pas durer douze heures). Surtout, les énigmes paraissent souvent artificielles car sans rapport avec l’intrigue ou l’univers proposé, ce qui est la pire remarque que l’on puisse faire à un point & click.
Les Plus
  • Le pointeur de la télécommande est parfait pour ce type de jeu
  • Les décors sont soignés
Les Moins
  • Le scénario décevant
  • Des personnages sous-exploités
  • Trop d'énigmes illogiques