Lost Planet se retrouve sur PS3

02 avr. 2008
Testé par sur
Disponible sur
3
  • Éditeur Capcom
  • Développeur Capcom
  • Sortie initiale 12 janvier 2007
  • Genre Action

Si vous deviez hésiter entre les versions 360 et PS3, ou si vous voudriez vous convaincre de ne rien perdre de l'expérience sur la console de Sony, soyez rassurés, le résultat est très proche. L'avantage pour la version plus récente est au niveau du contenu en ligne : toutes les additions du Xbox Live sont incluses, ce qui amène en autres le nombre de cartes multi à 16. De nouveaux personnages sont disponibles, comme Mega Man ou Frank West de Dead Rising, en sous-vêtements s'il vous plaît ! Même si le résultat technique est convaincant, avec des parties en lignes fluides et de qualité, la comparaison entre l'expérience de jeu sur 360 grâce aux fonctionnalités en ligne et sur PS3 est au désavantage de cette dernière. Ce n'est pas un défaut inhérent du jeu, mais l'affluence et l'enthousiasme des joueurs n'a rien à voir avec ce qui a suivi la sortie de Lost Planet sur 360. Mais pour ce qui est de l'aventure solo, le portage a été plutôt efficace. Les esthètes, ou les techniciens, remarquent des différences dans les textures, un crènelage plus marqué et une moins grande fluidité dans les scènes d'action intenses. Mais si vous découvrez l'aventure pour la première fois, vous serez probablement aussi soufflé que les joueurs le furent à l'époque. Lost Planet conserve en effet des qualités intemporelles : son univers original, ses combats titanesques et un système de jeu imparfait mais efficace. Les joueurs en veulent toujours plus, mais avec un prix réduit à 40 euros, Lost Planet reste le bon jeu pop-corn qu'il était il y a un an et demi.

Tout comme la version PC, Lost Planet sur PS3 est fidèle à ses origines : il conserve ses qualités comme ses défauts. Le cœur de l'expérience n'a pas changé, mais le multijoueur bénéficie de l'ensemble du contenu additionnel disponible en ligne. Malgré un rendu graphique moins convaincant que celui de la console de Microsoft, ceux n'ayant jamais eu l'occasion de tenter l'aventure ne seront probablement pas refroidis pour si peu.

Etrange de devenir soi-même un costume après en avoir porté tant.

Comme au cinéma

Lost Planet puise son inspiration dans le cinéma hollywoodien : les références à James Cameron et à Paul Verhoeven vont au-delà de la fascination pour la souffrance d'insectes broyés dans les rouages d'une machine. Le sens du spectacle est omniprésent. Premièrement, pas question d'interpréter un héros qui ne soit une gueule. L'arme de destruction la plus dangereuse du moment s'appelle Wayne Holden, ce dernier partageant le faciès de la superstar coréenne Lee Byung Hun. Il suffit de le voir pivoter sur lui-même armé d'un lance-missile trois fois plus grand que lui pour tomber sous le charme. Malgré ses traits asiatiques, il a la carrure du héros américain. Afin de ne pas chercher trop profond dans sa psyché, le scénario fait de lui un héros amnésique. La seule chose dont il se souvienne, c'est comment se battre. Cela tombe bien, une guerre pour la ressource principale de la planète, la thermo-énergie, l'amène à en tourmenter les principaux détenteurs : les Akrids. Ce conflit contre un ennemi représentant autant une menace qu'un intérêt stratégique n'est pas sans rappeler des préoccupations américaines actuelles. Mais ce ne sont ni le thème, ni le script qui vous plongent directement dans l'ambiance d'une salle de cinéma. Ce sont surtout les paysages, aussi froids et exquis qu'une crème glacée, et les explosions aussi savoureuses qu'un cornet de pop-corn tout chaud. Vous êtes confortablement installés ? La séance peut commencer.

Enfin un Mega Man sur une console nouvelle génération ?

Pyromanie salutaire

Au programme : extraterrestres à gogo, armes surpuissantes, pirates des neiges et dreadnoughts en série. Difficile de chipoter, l'emballage ne trompe pas sur le produit. Lost Planet est un jeu de tir à la troisième personne qui offre quasiment tout ce que vous pourriez attendre comme puissance de feu. Les onze niveaux qui composent l'aventure sont directs : votre progression dans la poudreuse n'est ralentie que pour donner l'occasion à vos armes de s'exprimer. Les Akrids sont des adversaire intéressants : leurs mouvements requièrent une phase d'analyse, afin de savoir où et quand frapper. Les pirates des neiges par contre représentent une piètre nemesis. Plutôt bêtes et pas assez méchants, ce sont des figurants destinés à subir vos rafales. Les montagnes enneigées qui constituent le décor principal ont pour mérite de mettre en avant le déluge de métal incandescent que vous déversez sur vos ennemis. Les explosions contrastent si bien sur fond blanc qu'il est impossible de s'empêcher de faire péter le moindre tonneau explosif. Mais le cadre polaire a aussi un effet sur le gameplay : la chaleur est une ressource que vous récupérez en détruisant le décor et en détruisant vos ennemis. Cette thermo-énergie remonte votre vitalité lorsque vous prenez des coups, et si vous venez à en manquer vous gelez sur place. Puisque cette énergie disparaît pour peu que vous la laissiez trop longtemps au sol et que votre température personnelle descend régulièrement, vous tracez le plus vite possible jusqu'à la prochaine source de chaleur. Toutefois Lost Planet se révèle plus que généreux pour la thermo-énergie d'une part, et pour les armes et munitions d'autre part, ce qui fait que vous êtes rarement en manque. Sauf quand arrive un boss.

La pyrotechnie est toujours au rendez-vous.

Des ennemis en dents de scie

Comme dans un film Hollywoodien, certaines séquences semblent remplir les creux entre les scènes d'action. Dans Lost Planet les moments qui vous collent au fond de votre siège correspondent aux affrontements contre les boss. Titanesques. A couper le souffle. Seul God of War concurrence le jeu de Capcom sur ce point, sinon il faut aller chercher aussi loin qu'un Super Contra sur Super Nintendo pour retrouver des sensations équivalentes. La difficulté de ces combats vous scotche au pad et met tous vos sens et votre analyse à l'affût. Malheureusement, en comparaison, le calme plat des niveaux de jeu jette un froid. La facilité consternante avec laquelle vous terrassez les ennemis communs retire tout challenge, toute adrénaline. Encore heureux, les robots de combats dans lesquels vous vous engoncez régulièrement pour semer le chaos procurent un frisson de puissance passagère. Mais le manque d'ennemi conséquent en dehors des boss rend la progression plutôt fade. Du coup, vous vous empâtez sur votre canapé en suivant votre bonhomme de chemin, en endurant patiemment des cinématiques trop longues et des niveaux trop plats. Vous en prenez plein les yeux, plein les oreilles, c'est sûr, mais le spectacle se regarde de loin, comme un film devant lequel les spectateurs papotent. Le principe de la thermo-énergie aurait pu apporter la tension qu'il manque au titre. Même si les ennemis sont faciles, devoir les descendre en un temps limité aurait pu apporter un défi stimulant. Mais la récupération d'énergie est rendue trop facile par des sources trop fréquentes. Les points de passage sous forme de balises à activer sont nombreuses et rétablissent votre santé efficacement. C'est dommage, les sensations visuelles et sonores sont au rendez-vous, mais votre intérêt ne s'éveille que face aux créatures mesurant plusieurs dizaines de mètres de haut.
Les Plus
  • Du grand spectacle
  • L'édition intégrale
  • Un bon jeu multi sur PS3
  • Un prix réduit
Les Moins
  • Pas d'apport fondamental dans ce portage
  • Techniquement en dessous des autres versions