Enemy Territory : Quake Wars ou l'exigence brute

19 oct. 2007
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Comme diraient les fantastiques jurys des superbes émissions télévisuelles : un grand "oui" pour Enemy Territory : Quake Wars, même s'il est payant. Même si pertinemment vous savez que son univers, son système de missions et sa communauté vont être mis à mal par la concurrence. A savoir un Unreal Tournament 3 bientôt sorti et un Team Fortress 2 qui fait couler beaucoup d'encre, à défaut de sang. Ne pensez tout de même pas que les serveurs s'en trouvent désertés, mais pensez bien que ces titres proposent des styles totalement différents. Et l'un d'entre eux pourrait plus vous accrocher qu'un autre. Le point vraiment dommageable est que Enemy Territory : Quake Wars ne peut qu'être en deçà du sentiment de manque créé par sa campagne marketing poussée.

Vous ne l'attendiez plus, et pourtant il vous prouve que patience et longueur de temps portent leurs fruits tant à l'eau qu'ils se cassent. Enemy Territory : Quake Wars vous intrigue depuis des mois, se dévoilant graphiquement peu à peu, faisant monter la pression à chaque capture publiée ? Avouez que c'est plutôt fort pour un jeu dont en grande partie vous connaissez le contenu. Alors, cette débauche visuelle valait elle le coup d'attendre à elle-seule ? Oui, bien sûr, car le résultat est plaisant. Mais la pression n'est elle pas trop montée ?

Vous combattez en extérieur mais aussi en intérieur.

Cinq classes pour les raser tous

Adaptation du mod multijoueur gratuit Ennemy Territory - conçu à l'origine pour Castle Wolfenstein - Enemy Territory : Quake Wars se veut déjà fort d'une communauté d'aficionados. Développé sans cacher le but de faire signer de nouveau les adeptes du style, Quake Wars apporte son lot de nouveautés mais campe néanmoins sur les bases de son prédécesseur. Ainsi, les joueurs retrouvent sans surprise les classes utilisées de par le passé. Bien entendu, elles sont adaptées à l'univers Strogg/Marines qui fait toute la beauté de Quake II mais aussi celle de Quake IV. Au passage, ne vous flagellez pas trop fort si vous avez manqué cet épisode, pensez plutôt à l'avenir. Et voici justement ce qu'il vous réserve : du grand, du beau, mais aussi des champs de bataille impitoyables où vous devez vous faire un nom.

La tourelle est placée, attendez sa livraison.

Règle n°1 : vous n'êtes pas chez maman

Avant toutes choses, appréhendez les cartes à l'aide du mode "escarmouche" proposé. A l'aide de bots, vous prendrez conscience de l'enchainement des missions à accomplir. Car ici les cartes ne se gagnent pas à force de harcèlement sur un point donné. Vous défendez et attaquez des deux côtés. Vous devez tantôt déployer votre base, réparer de l'armement ou encore tenir une position pour gagner de l'expérience. Bien entendu, chaque lieu de combat possède quelques grandes places à investir les unes à la suite des autres. Cependant, c'est suivant votre catégorie de combattant qu'une multitude de missions secondaires apparaissent pour améliorer vos statistiques. Notez que ces actions secondaires influent sur les conditions de combat de votre équipe car une tourelle anti-personnelle réparée vaut plus qu'un tas de ferraille inactif par exemple. Ou encore le minage en bonne et due forme d'un bâtiment ralenti l'ennemi. Mais au fait, les tourelles ? Voici une première nouveauté.

Un bombardement est en cours, mieux vaut s'envoler.

Quake 2 Chaos, quand tu nous tiens...

Choisissez entre Soldat, Technicien, Médecin, Artilleur et Saboteur - selon votre goût du moment - pour anéantir au mieux vos ennemis. Le premier manie les explosifs et le lance-roquette. En tant que technicien, vous détenez un privilège non négligeable : vous placez des tourelles anti-personnelle, anti-véhicule ou un poste d'artillerie presque bon où cela vous semble. D'une importance stratégique intense, ces ustensiles sont à entretenir à l'aide de vos pinces répare-tout. Quant au troisième, dans sa version strogg, il crée entre autres des points d'apparition à partir de cadavres. L'artilleur commande des frappes de précision douteuse, dévastatrices. Son opposant Strogg joue un rôle plus défensif en déployant un bouclier. Pour finir, le Saboteur s'adresse plus aux joueurs qui aiment la finesse. Avec son fusil de précision et sa capacité à se déguiser en fantassin du camp adverse il pirate par la même occasion les éléments électroniques. Mais il lance également des attaques de drones volants. Voila une belle panoplie de compétences qui a de quoi occuper vos soirées.

Voici la vue - trop chargée - d'une tourelle de char.

Complet aux céréales multivitaminées

Ajoutez à cela que certaines missions ne peuvent être réalisées que par une classe spécifique et vous devinez sans peine la dose de coopération qui doit régner au sein de l'équipe. Tentez de jouer solo, et vous comprendrez vite que rien n'est possible. Bien entendu, veillez à augmenter votre expérience et au passage les 3 barres qui vous caractérisent : armes légères, sens du combat et une dernière dédiée à la classe utilisée. Vous gagnez ainsi en vitesse, en capacité de tir ou encore vous pouvez débloquer une arme. Les véhicules sont de la partie. Ils vont du quad ou jet pack utiles seulement aux brefs déplacements qui suivent le respawn jusqu'à l'imposant mech. Tout cela en passant par les chars et 4X4 qui se pilotent à deux ou trois. Vous devez composer au mieux avec les unités disponibles pour tenir vos positions ou forcer le passage, sachant qu'aucune de ces unités ne tient la place de réel blindé. Les unités volantes sont peu maniables et assez fragiles. Cependant, un bon appui aérien peut faire la différence ou au pire donner une bonne diversion.

Vous avez souvent droit à une belle surface de jeu.

Joyeuse marave

Les cartes donnent une impression de grandeur, qui est accentuée lorsque vous pénétrez les souterrains. Vous vous demandez alors où l'action se termine. Passons sur les textures souvent douteuses rencontrées dans les bâtiments et gardons à l'esprit l'étonnante fluidité du jeu. Sans être d'une forte complexité, les ruines et complexes souterrains donnent lieu à des combats acharnés et techniques dans des arènes totalement adaptées au multijoueur. Au final, Enemy Territory : Quake Wars est un jeu qui se mérite. En effet, vous ne brillerez pas au bout de quelques parties. Il vous faut apprendre à jouer en coopératif et à connaitre les niveaux avant de vous sentir à l'aise et arrêter de mourir à tout va. C'est pour la bonne cause que vous donnez votre sang car au final avec un peu d'expérience l'affrontement n'en est que plus beau. Mais, encore une fois, la stratégie marketing qui consiste à dévoiler des vidéos de toute beauté des mois avant la sortie du jeu ne peut au final que décevoir. Malgré cette frustration, vous pouvez foncer sur ce titre qui est une valeur sûre... pour quelques semaines au moins. Car tiendra-t-il le coup face à la concurrence de fin d'année qui s'annonce rude ?
Les Plus
  • Le gameplay affuté, pour les joueurs qui en veulent
  • Tout simplement beau
  • De bonnes innovations
Les Moins
  • Un écran trop chargé lors de la conduite
  • Des camps trop similaires
  • Les véhicules ne tiennent pas leur place : on peut s'en passer