Projecteurs sur The Darkness

12 août 2007
Testé par sur
Disponible sur
3

Sans atteindre les sommets que certains imaginaient, Starbreeze propose avec The Darkness un film noir à la première personne, mêlé de tout ce qu’a à offrir le comics d’origine. Le sentiment de puissance est bien au rendez-vous, même s’il est parfois difficile d’utiliser les pouvoirs de façon fluide. Beaucoup de travail a été abattu pour que l’aventure offre une expérience cohérente, aussi bien en termes de rythme que de narration. Il est dommage de se retrouver parfois bloqué en ne sachant pas comment se rendre en un lieu, surtout au nom d’une liberté d’exploration au final restreinte. L’aventure aurait pu être bien plus vaste et proposer plus de choix que les quelques missions optionnelles disséminées. Reste une chose : après avoir joué à The Darkness, il est difficile de se passer de son compagnon démoniaque et de revenir à des jeux de tirs subjectifs plus traditionnels. Ajoutez à cela un ton adulte et une réalisation mature malheureusement rare de nos jours. The Darkness a les qualités qu’il faut pour faire oublier ses défauts.

Lorsque Starbreeze se décide à rempiler après les Chroniques de Riddick qui en ont bluffés plus d'un, il y a de quoi s'émoustiller. The Darkness est l’adaptation d’un comics américain qui a tout pour faire un beau jeu video : un héros aux pouvoirs immenses, une ambiance mature et un style graphique porteur. Même si le style graphique du jeu prend des libertés, le reste est au rendez-vous. Eteignez la lumière, préparez-vous mentalement : il y a du coeur au menu ce soir.

Le metro vous permet d’aller d’un lieu à un autre

Un sombre héros

Vous vous réveillez à l’arrière d’une décapotable. A l’avant deux caricatures tirées tout droit d’un film de mafieux font fuser les répliques décapantes. Vous saisissez votre nom, votre âge : Jackie Escato, vous fêtez aujourd’hui vos 21 ans. Un échange de billets a mal tourné, c’est ce qui incite le conducteur à appuyer si fort sur la pédale d’accélération. Les sirènes de la police ne tardent pas à se faire entendre. A peine remis d’un choc ayant eu lieu durant la négociation, un fusil vous est tendu. De quoi gagner du temps tandis que la voiture s’enfonce dans un tunnel en travaux. Rien à faire, tout dérape : l’un des acolytes se prend un camion en pleine mâchoire, des ouvriers sont blessés, votre véhicule tombe dans le vide. A peine vous remettez-vous de ce nouveau choc que la complexité de la situation vous apparaît. Votre Oncle Paulie a une dent contre vous. Qui dit l’oncle Paulie dit aussi l’ensemble des sbires sous sa coupe puisque c’est un baron du crime. Votre seule défense est l’attaque : vous devez mettre au tapis ses sous-fifres puis remonter jusqu’à lui. Vous ne craignez pas pour votre vie, mais pour celle de votre fiancée, Jenny. Heureusement pour vous, il vous reste un joker. Un aspect de votre personnalité qui est jusqu’à présent resté tapis dans l’ombre.

Difficile pour les ennemis de résister face à de tels pouvoirs

De puissants pouvoirs

En anglais votre côté obscur a un nom : The Darkness. Il ne s’agit pas uniquement de la part de ténèbres qui sommeille en vous, mais véritablement du nom d’une entité qui vous habite. Mi-anguille, mi-démon, ce phénomène aussi surprenant qu’inexpliqué peut se révéler être un véritable atout lorsque vous avez la pègre sur le dos. Elle communique avec vous directement dans votre esprit de sa voix rauque. Elle vous confie son mépris du genre humain, sa soif de sang insatiable. Aussi abjecte soit-elle être, il vous faut reconnaître une chose : c’est la meilleur alliée dont vous puissiez rêver pour vous battre. Vous la contrôlez pour qu’elle se faufile au sol et aux murs jusqu’aux ennemis dont elle ne fait qu’une seule bouchée. Elle peut aussi ouvrir des serrures, débloquer des passages autrement inaccessibles. Sa friandise favorite est le cœur humain. Laissez-la se repaître des cadavres sur votre route, elle vous offrira de nombreux pouvoirs. Vous pouvez invoquer des « darklings » par exemple, qui combattront pour vous, nettoieront des couloirs à la sulfateuse ou exploseront pour vous ouvrir une voie. Attention cependant, un principe universel est à respecter dans The Darkness. Veillez à éteindre toute sources de lumière aux alentours, car elles consomment l’énergie alimentant vos pouvoirs. A l’inverse, dès que vous êtes dans l’ombre, votre créature se régénère.

Des papiers secrets disséminés recèlent des numeros de téléphone réservant des surprises

Un polar noir

C’est donc en bonne compagnie que vous arpentez les rues de la ville à la recherche des malfrats à la solde de Paulie. Pour ce faire vous êtes amenés à rencontrer de nombreux contacts qui vous aideront, dans des séquences plutôt calmes, presque d’exploration. Toutefois c’est surtout les armes aux poings, une dans chaque et vos créatures sur les épaules qu’avancent vos recherches. Vous regretteriez presque d’ailleurs que vos adversaires soient si peu sensibles aux balles. La meilleure solution est presque toujours de se planquer et d’envoyer votre créature faire le sale boulot. Difficile de dire si vos victimes voient vraiment leur bourreau se faufiler devant elles. Du coup les combats paraissent un peu brouillons. Reste que l’ambiance est au rendez-vous. Votre aventure est digne des films de référence, soutenue par des dialogues en V.O. d’une qualité exceptionnelle. Les temps de chargement sont l’occasion pour Jackie de se livrer à un monologue introspectif. C’est un plaisir de les découvrir à chaque fois. Le traitement graphique du titre est à la hauteur de l’ambition. Seul bémol : votre propre apparence. Jackie donne dans le stéréotype grossier, presque autant que la modélisation qui se dévoile sous son plus mauvais jour lors de gros plans. C’est d’autant plus étonnant que les autres protagonistes sont séduisants et vivants. Ils s’intègrent bien dans les décors de qualité, le tout soutenu par une bande-son créant une vraie ambiance.
Les Plus
  • Une vraie ambiance
  • Des pouvoirs impressionants
  • Les dialogues dignes d'un film
Les Moins
  • Des combats un peu brouillons
  • Une navigation pas toujours simple