PES 6 joue les prolongations sur DS

31 mars 2007
Testé par sur
Disponible sur
2
  • Éditeur Konami
  • Développeur Konami
  • Sortie initiale 26 octobre 2006
  • Genre Sport

Pro Evolution Soccer 6 était sans doute inadaptable en l’état sur DS et devait être repensé. Les développeurs ont clairement fait l’impasse sur la réalisation pour s’attacher à retranscrire l’inimitable gameplay propre à la série. Avoir privilégié la simulation et la sobriété graphique au détriment de l’arcade et du spectaculaire est tout à fait louable. D’autant qu’il est possible de passer outre la réalisation old school pour profiter pleinement d'un jeu exigeant mais intéressant, qui vous gratifie de vos efforts après plusieurs heures de persévérance. Difficile par contre de pardonner la pauvreté du contenu, qui diminue forcément la durée de vie. Pro Evolution Soccer 6 DS est donc un coup d’essai non dénué d’intérêt, mais dont la prochaine version devra revoir à la hausse ses ambitions en matière de réalisation et de contenu.

La série phare de Konami se devait d’être présente sur Nintendo DS, ne serait-ce que pour y poursuivre la guerre fratricide avec son concurrent FIFA. Le premier contact est aussi rude qu’un coup de crampons dans le tibia : la réalisation datée vous renvoie à des références de dix ou vingt ans d’âge. Et pourtant, cette impression s’efface au fur et à mesure des heures de jeu car l'orientation simulation de Pro Evolution Soccer 6 se dessine rapidement. Cela suffit-il pour en faire un incontournable du foot sur DS ?

Si les joueurs disposent toujours de statistiques persos, la différence en jeu n'est pas des plus flagrantes.

Pas grand chose dans le short

Premier constat : les modes de jeux sont peu nombreux. Outre le classique entraînement, qui permet d’assimiler les contrôles de jeu, vous avez trois possibilités de parties : Match exhibition, Coupe Konami et Tour du monde. Le match simple vous oppose à la console, ou bien à un autre joueur en mode réseau ou Wifi. La coupe Konami est une compétition à élimination directe comprenant 16 équipes maximum, et hormis le choix de ces équipes, elle n’est pas paramétrable. Quant au Tour du monde, il s’agit d’une sorte de mode carrière simplifié dans lequel vous affrontez une à une toutes les équipes nationales afin de débloquer de nouveaux joueurs et de nouvelles équipes. Original, mais vous en faites vite le tour. Où sont donc les possibilités de championnat, de compétition personnalisée ? Pire encore, la base de données n’est nullement satisfaisante : toutes les équipes nationales sont au rendez-vous, mais vous n’avez droit qu’à une ridicule sélection de quelques clubs européens, dont pas un français ! Vous retrouvez par contre les options de paramétrage propres à la série : personnalisation des joueurs, sélection de la formation et de la stratégie, désignation des tireurs de coup francs... Mais ces réglages ne rattrapent en aucun cas un contenu tout simplement décevant.

Un joueur de plus et ça va commencer à ramer.

Carton rouge bien mérité

Vous lancez un match exhibition, et là c’est le choc ! Les graphismes antédiluviens évoquent immédiatement ISS pro 98 sur PlayStation. Les joueurs sont mal modélisés et tellement pixellisés que vous avez parfois du mal à distinguer les différentes parties de leur corps. Le terrain est affreusement terne ; la visualisation latérale de l’action manque un peu de recul – vous épargnant cependant la bouillie de pixels censée représenter le public. L’animation n’est pas mauvaise en soi mais se voit lésée par ce rendu visuel désastreux. Il est en outre difficile de passer sous silence ces inadmissibles ralentissements qui interviennent de façon systématique lorsqu’un trop grand nombre de joueurs sont présents à l’écran. L’ambiance sonore, quant à elle, ne relève pas le niveau de la réalisation. Les bruitages sont affligeants et vous renvoient à vos souvenirs de Kick Off. Les clameurs du public évoquent le bruit d’une chasse d’eau en action. Les commentaires brillent par leur absence, excepté lors d’un but (mais n’ayant jamais été le fort de la série, il est peut-être superflu de les regretter). A noter enfin que l’écran inférieur ne sert qu’à visualiser le positionnement de vos joueurs et leur état de fatigue. La seule possibilité tactile réside dans la modification de la stratégie (offensive ou défensive) de votre équipe. A l’instar de FIFA DS, il aurait été appréciable de pouvoir sélectionner les joueurs au stylet lors des touches et des corners.

Ils n'y peuvent rien... même à 5 contre 1 je reste le plus fort !

A l'aise dans ses crampons

Dès le coup d’envoi, une autre surprise vous attend : le jeu est nettement plus lent que ses confrères. C’est un peu désarmant au départ pour les habitués, mais vous vous y faites vite. D’autant que la jouabilité est sensiblement identique aux versions de salon. A savoir que c’est toujours un véritable régal de pouvoir construire des actions complexes tout en exécutant des mouvements de façon intuitive. Mais "sensiblement", parce qu’elle a quand même été quelque peu simplifiée. Le ballon colle davantage au pied, et il est de fait plus facile de dribbler un adversaire ; ce qui expliquera peut-être le faible nombre de gestes techniques disponibles. Pourtant, cette épuration du gameplay fonctionne à merveille : le jeu, moins technique à l’évidence, en devient cependant plus tactique, d’autant que la relative lenteur permet d’organiser au mieux ses actions. Une réserve cependant : dans les deux premiers modes de difficulté (facile et moyen), le "pressing", mouvement qui consiste à se précipiter sur un joueur adverse pour s’emparer du ballon, est beaucoup trop efficace. Il permet alors une tactique imparable : envoyer un long ballon sur la défense adverse, le récupérer immédiatement grâce au pressing d’un attaquant, et marquer ainsi facilement. D’autant que les gardiens sortent beaucoup trop systématiquement de leurs buts et se trouent au moindre de vos tirs. Par contre, en mode difficile, le jeu devient un vrai challenge, exigeant et intéressant. Mais c’est bien sûr avec l’option réseau que Pro Evolution Soccer 6 DS prend toute sa dimension : rivaliser avec un ami en mode réseau, ou encore affronter un joueur au hasard dans le monde, voilà qui n’a pas de prix.
Les Plus
  • Jouabilité PES
Les Moins
  • Contenu trop léger
  • Réalisation catastrophique