Tokobot : ceci n'est pas Pikmin

18 mars 2007
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3

En apparence, Tokobot est un jeu médiocre, voire mauvais. Son histoire peu intéressante, son moteur graphique daté et son jeu d'acteur caricatural ne mettent pas en valeur le travail de recherche des artistes de Tecmo. De même, sa prise en main bancale ne rend pas honneur à certaines trouvailles dans le gameplay. En dépit d'une impression de déjà-vu, les mécanismes de Tokobot allient brillamment dextérité et logique. Toutefois, la progression reste linéaire et la durée de vie atteint difficilement les 10 heures pour un jeune joueur. Ces nombreux défauts vous empêchent donc de profiter pleinement des qualités intrinsèques mais camouflées du jeu. Les curieux et les plus jeunes peuvent toutefois y jeter un oeil sans risque d'être déçus.

Laid, linéaire, répétitif, excessivement lent et donc forcément inintéressant. Voici les mots qui viennent à la suite des premières minutes plongé dans le monde de Tokobot. Transfuge de la PSP, le titre de Tecmo est loin de mettre tous les atouts de son côté. Pourtant, derrière cette médiocrité, se cache un gameplay d'une simplicité et d'une logique étonnante. Tokobot est un jeu au double visage : à la fois soporifique et passionnant...

Lui, c'est un méchant et en plus, il vous nargue.

La chasse au trésor

Vous incarnez le jeune Bolt qui ambitionne de devenir maître des trésors. Pour réaliser son rêve, il est recruté par le laboratoire Canebois, spécialisé dans l'exploration des tombeaux anciens. Les ruines appartiennent à une civilisation disparue, possédant de hautes connaissances en technologie. Bolt fait la découverte des Tokobots, sorte de petits robots à tout faire, utiles pour déjouer les pièges des tombes. Le thème de l'archéologie est un prétexte pour poser un univers manichéen à la trame simpliste. Les méchants sont méchants, les gentils sont gentils (sauf quand ceux-ci changent de camp et deviennent méchants). Même si le jeu laisse une large place aux dialogues, les phases parlées sont loin d'être indispensables, notamment à cause d'un vocabulaire limité et d'une psychologie inexistante. La distribution des rôles laisse libre cours à la caricature : l'opératrice est une petite nerveuse, le professeur Canebois est calme et posé, Fuel est arrogant... Tokobot Plus semble donc clairement destiné à un jeune public.

Un exemple du travail esthétique gâché par le rendu graphique.

Le double visage esthétique et technique

Il s'agit là de distinguer l'aspect esthétique de l'aspect technique. Il faut se rendre à l'évidence : le moteur graphique indigent de Tokobot Plus n'est pas digne de la PS2. Le rendu oscille entre le jeu Dreamcast raté et le titre PS2 de première génération. Les décors scintillent, les personnages sont sommaires et les textures rudimentaires. A cela s'ajoute une impression de lenteur, heureusement minimisée par l'option 60Hz. Tokobot Plus est un pur produit PSP, à la manière d'un GTA Liberty Stories, autre transfuge de la portable de Sony. Pourtant, l'aspect esthétique mérite de dépasser l'aspect technique. Le travail de Tecmo a surtout porté sur l'alliance d'éléments technologiques et d'un univers archéologique imposé par la présence de ruines. Même si elle ne parvient à imposer totalement ses choix, l'esthétique de Tokobot donne l'impression d'une homogénéité entre les éléments piochés ici et là. Certains décors, aussi bien en intérieur qu'en extérieur, sont de vraies réussites. Quel dommage que la technique ne suive pas !

De la plate-forme pure comme on l'aime.

Copié-collé ?

Aussi bizarre que cela puisse paraître, Tokobot PSP a été présenté par la presse, comme un clone de Pikmin. Pourtant, le jeu de Tecmo ne possède que quelques points communs avec le titre de Shigeru Miyamoto. En fait, l'unique similitude est la position de petit chef qu'a le joueur. Dans Tokobot comme dans Pikmin, vous êtes amené à diriger votre petite escouade de robots/bébêtes, qui obéissent au doigt et à l'œil à vos ordres. Le but est bien entendu de résoudre des situations en utilisant au mieux les compétences de vos "soldats". Pour cela, Tokobot tente d'utiliser au mieux la manette PS2. Les touches Carré, Triangle et Rond sont ainsi attribuées à différentes formations de votre groupe. Il est par exemple possible de faire l'hélicoptère en adoptant une formation en ligne. Au fil de l'aventure, vos robots gagnent en compétence et peuvent résoudre d'autres situations. Cette similitude pourrait suffire à cataloguer le titre de Tecmo de sous-Pikmin. En effet, Tokobot a le profil type du jeu médiocre et bâclé : gameplay basique, possibilités limitées, progression linéaire et caméras mal gérées. Pourtant, est-il définitivement condamné à la poubelle des jeux ratés  ?

A vous de trouver les routines des boss présents dans le jeu.

A la découverte d'une certaine profondeur de jeu

La pseudo ressemblance avec Pikmin ainsi que les nombreux défauts du jeu doivent être dépassés. Tokobot est bien plus qu'un simple clone bâclé. Il représente le virage moderne pris par le jeu de plate-forme depuis la génération 32 bits. L'utilisation des compétences du robot est une forme de conceptualisation de la progression, déjà vue dans Prince of Persia mais également dans Conker ou Sly Raccoon. Tokobot va même encore plus loin en se démarquant de ce virage moderne pour reprendre des principes old school avec notamment des phases de plate-forme pure. De même, la linéarité de son gameplay masque l'apport capital de la logique dans les mécanismes de jeu. Les puzzles et énigmes vous placent dans une situation de seule et unique solution à trouver sous peine de bloquer de nombreuses minutes. Grâce à cela, Tokobot devient un jeu passionnant car terriblement logique et gratifiant pour votre esprit. Cela se voit également dans les combats contre les ennemis ou les nombreux boss, où le jeu use (et abuse) des routines rappelant l'époque 2D. Bien entendu, l'ensemble est facile d'accès : les énigmes sont juste assez difficiles pour faire réfléchir un enfant. De ce point de vue, Tokobot remplit parfaitement son objectif didactique.
Les Plus
  • Le travail esthétique appréciable
  • Un gameplay bien pensé
  • Les phases de plate-forme pure
  • Les mécanismes terriblement logiques
Les Moins
  • Horrible graphiquement
  • Prise en main difficile
  • Trop court et trop facile