Tony Tough 2 : le Columbo en culotte courte

04 mars 2007
Testé par Sam sur
Disponible sur
2

Tony à un problème. Il passe son temps à faire des aller retour dans son village et parle beaucoup. Grâce à votre aide, il va résoudre accessoirement quelques énigmes peu intéressantes et sans aucun rapport avec la trame principale. Cette trame reste d’ailleurs bien mystérieuse. Récapitulons. Tony Tough 2 est un jeu où vous incarnez un détective en devenir, qui ne sait même pas sur quoi il enquête ? Ça n’a aucun sens. L’ensemble est plombé par la mise en scène du scénario et par des cinématiques mal orchestrées. La mayonnaise ne prend pas. C’est d’autant plus dommage que l’ambiance adulte et l’humour sont plutôt réussis. Seulement, un jeu d’aventure doit par définition nous mener à l’aventure, et non pas se contenter de nous faire se promener d’un personnage à l‘autre en attendant de découvrir des détails croustillants, le tout sans savoir dans quel sens le jeu nous emmène.

Tony Tough, le point'n'clic rempile pour un second épisode. Et en 3D s’il vous plaît ! Pour cette aventure, le grand Tony redevient petit, reprend la route de l’école qu’il déteste tant, et part dans une quête résolument adulte armé de son seul humour. Mais que peut faire un enfant face au monde des grands. Si associer une momie et un fauteuil roulant ne vous fait pas peur, Tony Tough 2 : Détective Privé vous est destiné.

Tony n’aime pas l’école, et elle le lui rend bien.

Un trou à rat

Comme son titre l’indique, Anaconda livre ici le deuxième volet de Tony Tough. Le premier volet proposait une aventure adulte et mature, où le petit détective en imperméable gris, armé d’un sens de l’humour tranchant et de ses grosses lunettes, évoluait dans un monde cartoon. Ce jeu avait su faire l’adhésion de nombreux joueurs, tant par l’originalité de ses graphismes que par le regard acide que porte Tony sur tout ce qui l’entoure. Ce nouvel épisode propose un voyage dans le temps puisque vous vous retrouverez aux commandes d’un Tony redevenu enfant. Il habite Washington, une bourgade fantôme perdu dans le désert du Nouveau Mexique. Le seul point commun notable avec le premier titre est cette unité de lieu. Vous ne sortirez pas du village. Et bien sûr, Tony porte déjà de grosses lunettes. Comme tout cancre qui se respecte, il n’aime pas l’école, arrive toujours en retard, répond à son professeur et doit essuyer le courroux de son père. Mais Tony à un rêve : il aimerait devenir détective.

Un humour burlesque.

Une histoire de tempo

Dans cette aventure, vous êtes amené à aider Tony à réaliser sa première enquête. Le jeu est un point'n'click classique : tout se joue à la souris, il n’y a pas d’interface visible à l’écran et l’inventaire est succinct. A chacune de vos erreurs, chaque fois que vous tenterez d’associer une clé à molette avec un crapaud mort, Tony vous le fera remarquer avec son humour grinçant. Si ses piques sont très drôles et décalées au début, elles deviennent vite pesantes au fur et à mesure du jeu. Les séquences de discussion sont longues, pas souvent utiles mais pour certaines tordantes. Il n’y a pas beaucoup d’habitants dans cette ville désertée : un shérif, un prêtre, votre professeur, quelques amis et la famille de Tony. Sachant que vous ne quitterez pas le village, vous allez les rencontrer très vite. Guider Tony n’est pas une mince affaire. Vous avez une liberté totale dans vos mouvements, à vous de savoir à qui parler et pourquoi. C’est d’ailleurs le gros point faible du jeu. Vous n’êtes pas du tout guidé, et certains évènements ne se déclenchent qui si vous avez résolu un puzzle quelconque. La mise en place de l’intrigue ne se finit que vers la moitié du jeu. C’est vraiment trop long car vous passez votre temps à résoudre des énigmes sans aucun rapport les unes avec les autres. Si vous survivez à l’ennui de la première partie, vous pourrez commencer véritablement à jouer et à enquêter. Tony offre alors un challenge intéressant. Il est malheureusement gâché par les cinématiques qui vous montrent tous les faits et gestes des personnages, y compris des méchants.

Des plans de caméra pas toujours évidents.

Trois dimensions pour cinq maisons

Tony est modélisé tout en 3D. Le jeu adopte des graphismes cartoon qui collent avec l’univers déjanté du héros. Les décors sont figés et vous ne pouvez pas choisir vos angles de caméra. Cependant, une tornade, ou des herbes folles viennent rompre la monotonie de ces décors sans vie. Les personnages sont peu animés. Cela est compensés par la pâte cartoon qui stéréotype tout les personnages. Un méchant ou sa mère Italienne sont reconnaissables au premier coup d’œil. Les développeurs comptent plutôt sur l’humour et le sens de la répartie pour identifier chaque personnage. Vous saviez Tony sarcastique, mais vous n’avez pas entendu son père où le prêtre parler ! Cela les rend tous attachants et leur donne une vraie personnalité. A ce niveau là, l’immersion est une réussite. Les airs de blues, joués à la guitare ou au piano sont très bons, l’ambiance Western spaghetti est omniprésente. Les doublages quand à eux sont aussi dans l’ensemble réussis. Mis à part la voix de Tony, celle que vous devrez malheureusement supporter le plus souvent ! Elle est horrible : c’est une sorte de long râle aigu. Heureusement, vous pouvez activer les sous-titres pour les dialogues dans les options. Mais ça serait se priver du reste de la VF, d’excellente facture. Voila un choix difficile qui se présente à vous.
Les Plus
  • L'humour
  • Un univers décalé
Les Moins
  • La voix de Tony
  • Pas d'immersion
  • Des dialogues laborieux