Tous à l'appel dans la contrée de Juarez

21 janv. 2007
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3

Ces détails prennent trop d'importance tout au long de l'aventure. C'est un réel gâchis car les décors sont beaux, l'ambiance réelle, l'action présente. Les doublages en français sont parfaits. Ne vous formalisez pas car vous serez ouvertement traités de "Fils de pute" et autres "Foie jaune", pour ne pas vous gâcher les meilleures. D'une manière générale, le titre est bien réalisé. Il tourne sous Chrome Engine. Vous pouvez donc utiliser les éléments de décor comme dans Half-Life², ou presque. De plus, ce moteur utilise les derniers shaders, et la conception artistique de l'ensemble est de bon goût. C'est réellement cette impression d'avancer dans un tunnel qui ternit les phases d'action et des adversaires aveugles qui achèvent l'intérêt portée à l'histoire de Billy. Attention, il n'est tout de même pas déplaisant de vivre ces aventures. Notamment grâce à la magie de certains passages - très scriptés il faut en convenir - et les quelques bonnes idées qui viennent au secours de ce Call of Juarez.

De vastes plaines craquelant sous le soleil brûlant de l'Ouest Américain. Des hordes de coyotes n'attendant de vous qu'un signe de faiblesse pour vous achever. Au loin, vous entendez des bruits de sabots. Péniblement vous vous abritez derrière un cactus, l'arme au poing. Ici, tout est hostile. Il n'y a guère que la mort qui ne s'y plaise. Voila le décor dans lequel vous vous embarquez en lançant Call of Juarez. Ne vous fiez aux apparences, derrière cette hostilité ce cache un jeu qui vaut le détour.

Un titre soigné à bien des niveaux.

Retour aux sources

En début de partie, vous incarnez Billy. Un jeune homme livré à lui-même, perdu dans cette nature hostile. Vous décidez de revenir dans votre village natal embrasser votre vieille maman, par nostalgie peut être. Cependant, plus que la nature ce sont certains des habitants de cette bonne ville de Hope qui sont vos pires prédateurs. Bref, n'y pensez pas et avancez. Après tout, les vies humaines ne valent pas grand chose par les temps qui courent, et la votre ne déroge pas à cette règle. Après un court tutorial qui vous enseigne l'art de la faufilade dans les herbes hautes et le maniement du flingue rouillé, vous arrivez à destination. Et là, vous tombez nez à nez avec le shérif de la ville. Il ne trouve rien de mieux que de vous confisquer votre assurance-vie à six coups. Bravo, l'histoire commence mal ! C'est donc totalement dénué de protection que vous avancez. Malencontreusement, vous rencontrez une vieille copine. Ou plutôt son patron qui supporte mal qu'elle puisse "discuter" avec vous sans être payée. Le fourbe lance à vos trousses tous les hommes du coin, et c'est parti pour une longue cavale à peine ponctuée par le meurtre de vos parents. Sale journée pour Billy.

Lorsque vous le voulez, vous pouvez cogner à mains nues.

Double histoire

Vous pensez que le scénario vient de vous être un peu trop dévoilé ? Détrompez-vous car de cette histoire découle la seconde, celle de l'ancien brigand devenu pasteur qui se lance à vos trousses. L'originalité de Call of Juarez vient du fait que ces deux récits parallèles impliquent deux types de gameplay. Vous parcourez avec Billy les niveaux de manière furtive, ce qui rend obligatoire les scènes d'infiltration. Vous cherchez les zones d'ombres, et attendez le tonnerre pour faire claquer votre fouet. Sous peine d'être repéré par les "habitants" de la faune. Billy est très peu armé, son principal allié est le fouet qui, accroché bien en hauteur, l'aide à sauter les ravins ou autres barrières naturelles. Son agilité est sa seconde force. Elle lui permet de sauter loin et d'escalader, ce qui donne au final de véritables scènes de jeu de plate-forme. Pour finir, son deux coups ne lui serait d'aucun secours face aux ennemis bien trop nombreux qu'il évite en permanence. Et le pire d'entre eux, vous l'incarnez.

Voyez en multi : des profils sont disponibles. Faites de même en solo.

L'adaptation est la clef

Le pasteur, quant à lui, avance comme un bourrin. Force est de constater qu'il a des arguments en sa faveur. Un pistolet dans chaque main, il fait cracher les balles à la vitesse de l'éclair. Lorsque trop d'ennemis sont à l'écran, un mode ralenti permet de le balayer avec les deux curseurs de visée. Appuyez au bon moment sur le bouton à droite ou à gauche de la souris pour tirer. C'est assez difficile à mettre en pratique, et l'effet n'est pas des meilleurs. Il faut plusieurs cartouches pour abattre un foie jaune, et ce principe de tir ne permet pas le tir en rafale. Résultat : la moitié de vos munitions part dans le vide et vous vous retrouvez obligé de recharger face aux survivants. Ce n'est pas conseillé. Néanmoins, c'est une innovation qui a le mérite d'exister. Elle casse le rythme des niveaux et n'est pas utilisée à outrance. D'une même manière, vous gérez les duels. Moments mythiques du Western, les duels vous obligent à baisser et relever la souris pour dégainer en même temps que votre adversaire. Mais là, Ô surprise, votre curseur se balade avec un lag affreux. A vous de le maitriser tout en esquivant les billes de plombs qui vous arrivent dessus. Voici une manière sympathique de régler ses différends.

Le passage dans les mines traine en longueur.

Que de tunnels

Nos deux héros présentés, venons en aux faits. Les niveaux que vous parcourez d'une manière parallèle ou en sens inverse avec chacun d'eux sont de toute beauté. Ils diffusent une atmosphère terriblement prenante. Le champ de vision et les hauteurs sur lesquelles vous escaladez ne sont pas sans rappeler Vietcong. C'est dire si vous prenez le temps d'admirer les paysages. Les décors ne sont pas en reste. Les éléments dont ils fourmillent laisse imaginer le vrai travail de fourmi exécuté par les level-designer. Là où le titre pèche grandement, c'est dans sa linéarité. Bien vite, vous vous apercevez qu'au milieu de ces étendues ce sont des tunnels que vous parcourez. Rien à voir avec les niveaux qui se trouvent au coeur de la montagne. Ces derniers qui reprennent le contexte minier de l'époque font - deuxième ressemblance avec Vietcong - baisser le gameplay au niveau d'un Doom. Mais le titre est assez long, vous espérez de la diversité. De retour à l'air libre, vous constatez que vous retournez dans des tunnels. La voie est toute tracée et, tantôt d'un côté, tantôt de derrière un rocher, vous vous faîtes tirer dessus. Dommage.

Il y a une touche artistique, c'est indéniable.

Les lunettes n'étaient pas encore inventées

A votre disposition, de vieilles armes d'époque. La plupart rouillées, elles explosent si vous les utilisez trop souvent. Heureusement, vous en récupérez sur les cadavres de feu vos ennemis. La dynamite est de la partie, ce qui ne présente qu'un intérêt des plus restreints dans la mesure où les assaillants ne se regroupent que rarement pour vous faire face. Seule la possibilité d'enflammer les chariots offre un côté intéressant. Souvent, vous cherchez qui vous tire dessus. Les tirs manqués à votre encontre se symbolisent par une barre verte vous indiquant leur provenance. C'est alors que vous vous tenez longtemps debout dans un espace sans abri, et sans que l'on puisse vous abattre. Pire, vous mettez un temps infini à trouver le gus bloqué derrière un arbre, trahi par son IA. Voici ce qui complète l'insipidité qui caractérise vos ennemis. Le problème se rencontre souvent lors des phases avec Billy. Il n'est pas rare qu'un bandit se tienne face à vous, vous regarde bien en face, tout en vous sortant des phrases toutes faites : "Ah tu vas voir quand je vais t'attraper", "Tu ne perds rien pour attendre". Il peut arriver que vous fassiez un bruit ou qu'un éclair vous rende totalement visible. De là ce même individu va sortir son arme... Puis va la ranger quelques secondes plus tard. Et va répéter les mêmes phrases sans fin.
Les Plus
  • Dégainer à la souris
  • Vivre l'aventure avec les deux personnages
  • Des doublages qui collent à l'ambiance
  • Des armes qui explosent
  • Des décors superbes
Les Moins
  • Une IA plus que perfectible surtout en infiltration
  • L'impression de progresser dans un tunnel
  • Le manque de réaction des ennemis