Call of Duty 3 vous rappelle au combat

28 nov. 2006
Testé par sur
Disponible sur
4
  • Éditeur Activision
  • Développeur Treyarch
  • Sortie initiale 10 novembre 2006
  • Genre First Person Shooter

Il ne faut pas s’y méprendre : l’objectif de Call of Duty 3 n’est pas de proposer des nouveautés en termes de jeu. A parcourir le premier niveau, quasiment sans tirer une balle, l’interactivité d’un tel titre peut laisser pantois. Le jeu de tir est presque un prétexte pour occuper l'esprit du joueur, tandis que son inconscient s’en prend plein la face. Call of Duty 3 est peut-être un mauvais jeu, mais c’est aussi l’une des meilleures expériences interactives qui soient. Une fois les douze heures de la campagne parcourues, les souvenirs affluent et témoignent de la force des sentiments vécus. Reviennent en mémoire la marche dans la boue sous la pluie, le rencontre avec la résistance, la tension sous pilonnage de l’artillerie, une multitude d’impressions qui ressurgissent et qui montrent la force de l’aventure. En fin de compte, les innovations sont plus subtiles qu’il n’y paraît, elles se jouent dans une gestion du rythme encore plus fine et une attention constante au ressenti du joueur. Et il faut reconnaître que le soin apporté aux graphismes, la musique symphonique, la mise en scène des séquences scriptées sont des éléments vitaux pour maintenir une qualité digne de ce nom. Call of Duty 3 n’est peut-être pas de tous les goûts : mais ce qu’il le fait il le fait bien. Et s'il vaut faut votre dose d'originalité, rien ne vous empêche d'attendre la version Wii annoncée pour le mois de décembre, qui réservera peut-être des surprises. Pour peu que vous ayez le courage de retourner sur les champs de batailles de la seconde guerre mondiale, n’hésitez pas. Engagez-vous !

Les plus jeunes d'entre vous ont peut-être eu la chance d'échapper au service militaire. Activision ne compte pas vous laisser vous engourdir et a décidé vous envoyer régulièrement au front. Pour le programme dénommé Call of Duty 3, l'adjudant Treyarch s'occupe de vous, prenant la relève du caporal Infinity Ward. Si certains rechignent déjà à l'idée de perdre leur liberté et retrouver la routine de la guerre, qu'ils se rassurent : ils verront du pays.

La météo plonge directement dans l'ambiance.

La guerre du jeu

En caricaturant les camps, deux visions du jeu vidéo à l’heure actuelle peuvent être distinguées. D’un côté les partisans du gameplay, terme qui n’a toujours pas trouvé de traduction en français satisfaisante. Ceux-ci défendent leur amour du jeu avant tout, à travers les choix qui leur sont proposés, la qualité de l’enchaînement des épreuves et des récompenses offertes. C’est un parti qu’adopte volontiers Nintendo par exemple, avec des consoles comme la DS et la Wii qui proposent de nouvelles façons de jouer et ne participent pas à la course à la puissance graphique. Souvent un certain dédain s’adresse aux jeux représentant la tendance contraire. Avec des arguments de ventes à coups de facteurs de puissance par rapport aux générations antérieures, la Xbox 360 et la PS3 se font les apôtres du photo-réalisme et de la débauche de polygones. Pour simplifier, le jeu est pour eux plus une affaire de sensations. S’il y a bien un jeu qui stigmatise cette tendance, c’est Call of Duty 3. Nombreux sont ceux qui voient dans cette dernière itération une incarnation du mal vidéoludique : un troisième volet séparé d’un an du précédent ; la seconde guerre mondiale, un thème éculé ; très peu d’originalité de gameplay ; et pour finir, un photo-réalisme dont la principale innovation vient de l’herbe qui se plie sous vos pas. Cela veut-il pour autant dire que Call of Duty 3 est une mauvaise expérience ? Loin de là.

Les séquences de char font leur retour.

La France comme si vous y étiez

Pas vraiment besoin de s’attarder sur le contexte : ce volet retrace les affrontements ayant eu lieu en Normandie, de la côte jusqu’à Paris. Un seul continent, un seul pays cette fois-ci, mais les protagonistes viennent de tous horizons : résistants français, commandos écossais, troupes canadiennes... Ce sont les personnages qui vous font voyager. Même si tout se concentre sur la France, les développeurs ont fait leur boulot de repérage. Villages réalistes et prés pleins de vaches : vous vous croiriez facilement chez mémé. Ce que le décor a perdu en diversité, il l’a gagné en justesse et en finesse : ce sont les bottes de foin qui vous servent de couverture dans les granges, les tonneaux de vin dans les caves, déversant leur cru sous les impacts des balles. Il ne s’agit pas seulement d’en mettre plein les yeux, les concepteurs de niveaux se sont emparés des sentiers tortueux et des rues encaissées pour proposer une progression immersive. Les ruines dans lesquelles vous évoluez vous enfoncent dans les cratères formés par les obus des chars, vous gravissez des amoncèlements de gravats. L’irrégularité du sol exprime pleinement le chaos de la guerre. Il suffit de déambuler dans le champ de bataille pour ressentir le désordre régnant. Certes, les choix de direction sont inexistants et les échanges de coups de feu sont limités par le bon vouloir de vos compagnons de combat. Cela permet de circonscrire les zones d’affrontement et de scripter la progression. En conséquence, la qualité du level design a un coût : celui de la liberté.

Les missions de la résistance apportent un soupçon d'infiltration.

Avancée militaire ?

Les innovations de jeu sont minces. Call of Duty 3 reprend le système de vie adopté dans le deuxième volet : votre écran devient écarlate tandis que vous subissez le feu ennemi. Dès que vous vous mettez à couvert, l’écran redevient normal et vous retournez tout frais pimpant au combat. La vraie nouveauté réside dans les corps à corps, efficaces. D’une pression du stick analogique droit vous envoyez les allemands au tapis. Régulièrement au cours de l’aventure un combattant vous saute au cou et tente de vous étrangler à l’aide de la crosse de son fusil. Le visage de l’ennemi n'a jamais été aussi près tandis que vous vous débattez en appuyant alternativement sur les gâchettes. Amusantes et faciles, ces séquences ont un caractère très cinématographique. De même, vous ne vous contentez plus de dirigez la mitrailleuse lorsque vous montez à bord d’un véhicule. Vous conduisez votre engin avec un degré de liberté relativement surprenant, en tentant de traverser les zones à risque le plus vite possible et en fauchant un ou deux soldat au passage si possible. La dernière innovation réside dans le mortier qui se dirige en roulant les sticks analogiques pour orienter le canon selon l’angle qui causera le plus de dégâts. Pas évidentes au départ, ces séquences offrent la satisfaction de descendre les troupes adverses dans de grandes gerbes de flammes. C’est certain, ce ne sont pas ces quelques nouveauté qui vont changer la donne. N’y a-t-il pas de quoi se sentir floué avec un numéro 3 qui ressemble à un 2.5 ?
Les Plus
  • Les séquences scriptées de haut niveau
  • La réalisation très cinématographique
  • Les animations, soignées et nombreuses
Les Moins
  • Manque d'originalité dans le gameplay
  • Plusieurs bugs gênants, certains forçant à recommencer la mission en cours