Faites confiance à Splinter Cell : Double Agent

15 nov. 2006
Testé par matthew sur
Disponible sur
4
  • Éditeur Ubisoft
  • Développeur Ubisoft
  • Sortie initiale 19 octobre 2006
  • Genres Action, Aventure

Il n’y a pas que l’agent qui soit double, le jeu l’est aussi. Le mode multi de Splinter Cell : Double Agent est tellement différent du mode principal qu'il mériterait presque un test à lui seul. L’équipe d’Ubisoft Annecy revisite sa formule à succès d’un jeu asymétrique où les uns jouent des mercenaires en vue à la première personne et les autres des espions encore plus agiles que Sam Fisher. Un travail particulier a été apporté à l’accessibilité du titre en vous invitant à entrer dans le bain en douceur via des missions espion en solo d’abord, en coopératif ensuite, puis en coopératif compétitif. Le principe est simple : il s’agit de pénétrer une zone gardée pour dérober des données situées dans quatre terminaux. Pour ce faire tout se joue à l’aide d’un gant hi-tech qui fait office de centre de piratage à distance. Introduisez-vous discrètement et récupérez les données rapidement car dès que vous commencez à pirater les gardes sont prévenus. Puis ramenez les informations jusqu’à votre drone pour les sauvegarder. C’est aussi simple que cela. Cela permet d’apprendre le fonctionnement du jeu multi en douceur. Après, que cela soit dans un camp ou dans l’autre, le plaisir est intense. Les espions jouent à cache-cache contre une vraie intelligence humaine et ont le plaisir de pouvoir glisser un mot à l’oreille de leur victime quand elle parviennent à les surprendre par derrière via le micro-casque Xbox. Les mercenaires disposent de capacités physiques renforcées, d’un grappin pour sauter depuis une hauteur, et d’un capteur de rythme cardiaque très efficace. Splinter Cell : Double Agent en multi est tout simplement l’un des meilleurs jeux sur le Xbox Live.

Difficile de faire la balance entre innovation et tradition lorsque qu'une série à succès atteint son quatrième volet. La solution d'Ubisoft pour donner un coup de jeune à Sam Fisher consiste à le mettre en prison, à l'inciter au terrorisme et à lui demander en même temps de sauver le monde. Ce qui est nouveau dans Splinter Cell : Double Agent, c'est que vous êtes invités à choisir. De façon discrète, si possible.

En fonction de vos choix, les missions diffèrent.

Quelque chose ne tourne pas rond

Comme son titre l’indique, cet épisode sème le doute sur les identités. Dans un premier temps ce n’est pas Sam Fisher qui intrigue, mais la jeune recrue qui vous accompagne dans votre toute première mission. La routine à première vue : plongeon en pleine mer depuis un avion, infiltration dans une base sous haute surveillance, désamorçage d’un missile... bref, que du classique. Sauf qu’au cours de cette opération, votre apprenti se fait tuer. Ce n’est que dans la cinématique après la mission que Sam réagit, il jette ses célèbres triples jumelles dans l’océan. Le plus fou, c’est que ce n’est pas la mort de votre compagnon qui provoque cette réaction, mais le décès de sa fille annoncé en deux secondes avec une image fugitive d'une voiture la renversant. Ca fait bizarre sur le moment de voir l’intrigue expédiée en moins de deux, difficile de ne pas imaginer que c’est bien votre fille qui devait vous accompagner qui a été remplacée au dernier moment pour une raison ou une autre. En même temps, cette rapidité permet de mieux entrer dans le vif du sujet : votre intégration au sein du groupe de terroristes nommé la John Brown Army (JBA) en tant qu’agent double de la NSA. Difficile de trouver un grand intérêt à l’intrigue et aux motivations des terroristes, les incohérences montrent bien que ce n’est pas l’essentiel. Ce qui importe, ce sont les situations que la narration amène et avant tout ce que vous faites.

Faites parler les gardes pour obtenir des informations.

L’embarras du choix

Double Agent est avant tout la promesse d’une liberté de jeu inédite dans la série Tom Clancy. Non seulement la plupart des objectifs au cours de la mission ne sont pas obligatoires, mais certains sont mêmes antinomiques. L’important est de conserver votre confiance auprès de la NSA, qui vous retirera votre mission si vous aidez trop ostensiblement les terroristes, mais en même temps de préserver votre couverture auprès de la JBA en accomplissant les tâches qu’ils vous demandent. Votre niveau de confiance est représenté par deux jauges affichées en bas de l’écran, augmentant et diminuant en fonction de vos actions et de votre comportement. Il suffit de vous promener dans une zone interdite ou d’avoir un comportement suspect pour voir votre jauge diminuer auprès des terroristes. De même, si vous acceptez de mettre en danger des vies humaines, la NSA vous ôtera sa confiance. Ce n’est pas lors des séquences où il vous est donné de choisir rapidement entre deux options que ce système fonctionne le mieux. L’exemple de l’interrogatoire, spoilé par la campagne publicitaire agressive dont le jeu a fait l’objet, est finalement peu convaincant car la morale est vite oubliée au profit de la gestion la jauge. Non, là où ça marche le mieux, c’est en pleine mission lorsque suivre les demandes de la NSA devient trop dangereux. A vous de choisir la meilleur approche, et au mieux de remplir le maximum de missions.

Des séquences impliquent un gameplay particulier, comme le saut en parachute.

Heureux celui qui comme Fisher a fait un beau voyage

Plus que jamais, Double Agent vous offre un ticket pour le tour du monde en échange de deux trois informations glanées par-ci par-là. Nouvel an à Shanghai, plongée sous-marine au pôle Nord, guerre civile à Kinshasa : hors de question de tout dévoiler, sachez simplement que jamais une telle diversité d’environnement ne s’est ressentie dans un jeu, faisant passer les derniers films de James Bond pour des huis clos. La puissance de la 360 est mise à profit pour produire des effets qui décollent la rétine : le soleil se reflète sur la glace de la banquise, les feux d’artifices colorent votre crâne rasé, la lumière de l’Afrique inonde votre viseur... Autant la série est réputée pour ses intérieurs obscurs, autant cet épisode vous laisse gambader à l’air libre en plein jour. De toutes nouvelles zones d’ombres plus subtiles apparaissent là où l’on n’aurait pu en imaginer auparavant, permettant tout de même de progresser hors de vue. C’est dans ces cas-là qu’il faut se féliciter des progrès techniques des consoles nouvelle génération : la gestion fine de la lumière renouvelle le level design. Les feux d’artifices du nouvel an à Shanghai en sont un bon exemple : les déflagrations éclairent même les pièces les plus obscures et vous mettent en danger en l’espace de quelques secondes. Impressionnant !

Pour garder la confiance de la NSA, mieux vaut éviter de tuer les innocents.

Un homme aux multiples facettes

La diversité ne s’arrête pas au décors, Sam ne cesse de changer de visage selon le lieu visité et rejoint la mode Alias, un classique chez les espions. Costume de plongée, combinaison immaculée pour la neige, lunettes de soleil en Afrique, l’attention portée à Fisher et ses formes multiples fait de lui plus qu’un simple héros. Il est le catalyseur de l’expérience du joueur, toujours changeant selon les multiples possibilités offertes. Briser le stéréotype commence par casser une image. Les trois yeux verts reviennent bien sûr, mais ce n’est pas ce qui reste en mémoire. Vous passerez bien plus de temps au creux de sa nuque à contempler ses nombreuses cicatrices, à regarder son visage impassible tapis sous un bureau tandis que l’ennemi passe à deux centimètres, les gouttes de sueur perlant sur son front. Jamais le héros d'un jeu n’a pris une aussi grande place à l’écran. Sam Fisher est dépeint comme un monument, forçant l’admiration d’une part, mais vous laissant assez de place pour l’identification. Vous avez une part plus importante que jamais dans le jeu grâce aux choix des objectifs, aux voies multiples et au système de confiance. Pour peu que vous ayez apprécié les précédents volets et que vous soyez à la recherche d’une pointe d’innovation, Splinter Cell : Double Agent vous convaincra. Si vous êtes néophyte, il faut accepter l’apprentissage par l’erreur pour progresser, défaut présent depuis le premier épisode et qui apporte son lot de frustration. Mais après tout, c’est ce qui donne sa saveur à la réussite une fois le principe accepté.
Les Plus
  • Le système de confiance, efficace
  • Les missions ouvertes
  • Un mode multi exemplaire
Les Moins
  • La frustration de l'apprentissage par l'échec
  • Le système de sauvegarde qui laisse à désirer
  • Quelques bugs gênants