Miami Vice : sea, sex and drugs

18 oct. 2006
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2

L'alliance de nombreux mécanismes (marché de la drogue, négociations, réputation) et d'un gameplay intéressant ("hide'n shoot") ne font pas forcément un bon jeu. La preuve avec Miami Vice qui pèche à trop en rajouter tel un junkie proche de l'overdose. Bien que plaisant et prenant, le jeu cumule de nombreux défauts frustrants comme une caméra peu adaptée et un rythme saccadé. La durée de vie du titre est courte : comptez une dizaine d'heures si vous souhaitez utiliser à fond tous les éléments du gameplay. Il est également possible de boucler le jeu en moins de cinq heures en enchaînant les missions. A plusieurs, le jeu prend une autre dimension. Reste à trouver un autre possesseur puisque le titre ne permet pas le partage d'UMD. En définitive, Miami Vice est un jeu moyen qui plaira certainement aux possesseurs de PSP en mal d'action. Les autres peuvent attendre GTA : Vice City Stories pour une immersion dans un Miami plus eighties et moins premier degré.

Jeu officiel du film adapté de la série, Miami Vice vous plonge dans une ville où flingues et drogues font bon ménage. Pour démanteler un important cartel, Crockett et Tubbs n'hésite pas à utiliser la manière forte et illégale. Trop vite estampillé "jeu à licence", le studio et dealer Rebellion est loin de fournir une mauvaise marchandise en dépit d'un thème délicat et racoleur.

Les flics les plus classes de Miami.

Deux flics ami-ami

Deux agents de la brigade des stupéfiants se sont infiltrés dans le milieu sans merci de la drogue. Crockett et Tubbs, respectivement Colin Farrell et Jamie Foxx dans le film de Michael Mann, mettent leurs nez dans les affaires d'un gros cartel à Miami. Au début de leur mission, il est difficile de grimper les étages. Vous commencez par éliminer des petits trafiquants de marijuana, pour ensuite taper plus haut jusqu’à remonter tout le cartel et démanteler le trafic. Un semblant d’histoire lie les différentes missions du jeu, même si finalement, tout est un prétexte pour enchaîner les niveaux en essayant de caser le plus d'environnements possibles. Chaque mission réussie vous permet de gagner de la réputation qui vous ouvre les portes des dealers les plus reconnus et des barons les plus intouchables. Miami Vice part d’un postulat de départ intéressant : une plongée dans le monde de la drogue. Reste à voir si le gameplay suit.

Les environnements extérieurs sont sublimes.

Miami sous tension

Premier constat, l’aspect technique du titre a été soigné. La qualité des graphismes démontre l’étendue des possibilités visuelles de la PSP. Le jeu de Rebellion se permet même quelques effets de lumière sympathiques. L’animation reste fluide à tout instant même lorsque de nombreuses explosions viennent troubler l’écran. Cette réussite technique contraste avec des décors quelconques. Une ambiance des années 80 avec du fluo partout à la GTA Vice City était prévisible mais rien de tout cela. Le Miami dépeint dans le jeu est sombre, presque dépressif, rongé par le trafic de drogue et donc plutôt introverti, contrairement au cliché qui veut que Miami soit la ville de tous les excès. Mis à part quelques décors plutôt réussis, la plupart des environnements manque de charme, la faute également à un scénario fourre-tout. A force de vouloir caser tout et n’importe quoi, le jeu ne parvient pas à établir un univers stable et cohérent. L’ensemble est complété par une bande son décevante. Le fait que ce Miami Vice se déroule de nos jours et non dans les eighties dessert le jeu. Là encore pas de bande son culte à la GTA Vice City. Les thèmes musicaux sont banals et répétitifs. Le pire reste les dialogues en français mal interprétés, avec des accents latinos surjoués. En définitive, si l’aspect technique est de bonne qualité, l’univers et les ambiances sont mitigés, voire médiocres.

La traque se poursuit jusque dans les Everglades floridiens

Police et voleur dans la rue

Crockett et Tubbs ne sont pas des agents comme les autres. Le fait d'être infiltré dans le système, leur permet d'agir illégalement. Pour être reconnu et apprécié dans le milieu, les deux agents doivent gagner de la réputation. Plus ils prennent de risques, plus les barons les remarqueront. Plusieurs mécanismes permettent d'augmenter la réputation. Tout d'abord dans les phases d'actions, être en costard Versace et utiliser son glock est synonyme de classe et donc de bonne réputation. Au contraire, si votre personnage est en gilet pare-balles avec un fusil d'assaut, les missions seront certes plus faciles mais vous grimperez moins vite dans la hiérarchie du cartel. Avec votre réputation et la drogue saisie lors des missions, vous pouvez rendre visite aux barons. Lors des deals, il faut savoir être diplomatique mais aussi ne pas se laisser faire. Il est également possible d'aller démarcher directement les petits dealers. Les développeurs ont mis en place tout une économie parallèle : en effet, les prix d'achat et de vente peuvent augmenter ou baisser selon l'offre et la demande. L'argent récolté sert à acheter de nouvelles armes et des costumes. Pour les besoins de votre enquête, vous aurez recours au service de Freddie Luiz, votre indic'. Ce dernier veut être rémunéré avec de la drogue et demande des quantités de plus en plus importantes. Ses informations sont cruciales pour le bon déroulement des missions. Au poste de police, vous pourrez également pirater les données dans un mini-jeu laborieux pour obtenir des améliorations d'armes. Les mécanismes sont nombreux et variés, bien que l'ensemble reste compréhensible et accessible.

Tubbs improvise une planque avant la fusillade.

Se cacher et tirer

Contre toutes attentes, les phases d'action n'ont rien d'un bête tir au pigeon avec verrouillage automatique. Là encore le jeu surprend. Miami Vice mise sur un système "hide'n shoot" particulier bien que peu novateur. Ce système est proche d'un Time Crisis, d'un Kill.Switch ou du prochain Gears of War. Les niveaux de Miami Vice sont séparés en différentes zones avec plusieurs ennemis à tuer. Dans chaque zone, les éléments du décor permettent de se cacher pour se protéger des tirs ennemis. La visée se fait très simplement avec la touche R et le stick analogique. Difficile à prendre en main au premier abord, le système de Miami Vice se révèle astucieux, en dépit de quelques défauts regrettables. Quitter sa planque durant un affrontement est synonyme d'une mort assurée : un bouton d'esquive rapide aurait pu permettre de changer facilement de cachette. Le rythme des phases d'action est également haché. En effet, une fois, une zone terminée, aucun autre ennemi ne viendra vous perturber. La maniabilité possède aussi quelques ratés comme des angles de caméra déroutants ou une localisation des dégâts aléatoire. Pourtant, la sauce prend, notamment en coopération grâce au Wifi. Malgré ses défauts, le jeu offre un défouloir à la fois jouissif et stressant. Enfin, des séquences en bateau sont également proposées. La conduite est facile à prendre et main et se révèle même plus agréable qu'un Pursuit Force.
Les Plus
  • Le moteur graphique
  • Le système "hide'n shoot"
  • Prenant en solo
  • Captivant à plusieurs
Les Moins
  • Ambiance graphique et sonore ratée
  • Progression hachée
  • Mini-jeux inutiles
  • Durée de vie limitée