Journey to the Savage Planet

22 mars 2020

Le quatrième meilleur jeu de tous les temps

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4

Sous ses airs de No Man's Sky se cache en réalité un metroidvania fait main. Contemplatif, idiot et subversif, Journey to the Savage Planet démontre des qualités mais surtout une envie folle de liberté. Autant vous le dire de suite, on ne s'attendait pas à un tel jeu.

L'histoire

Ce jeu est une mine de bonnes idées. La première est que vous jouez un clone de vous, travaillant pour la quatrième meilleure société d'exploration interstellaire : Kindred Aerospace. La compagnie a envoyé des astronautes à travers la galaxie pour explorer, récolter des informations afin d'y établir une potentielle colonie. Malheureusement le voyage ne s'est pas déroulé sans encombre et vous venez d'atterrir, sans carburant, sur une planète qui n'attend que vous pour être conquise.

Le jeu est surprenant et cultive tout le long un second degré, un humour potache que vous allez vous prendre de face. Une voix off vous accompagne jusqu'au bout du jeu, elle vous guide, vous conseille, vous interpelle d'un extraordinaire accent québécois qui ne vous laisse pas insensible et vous fait mourir de rire. Lorsque vous mourrez, elle est toujours là pour vous accueillir d'une magnifique punchline en plein dans les dents.

Votre vaisseau n'est pas un lieu anecdotique, il est aussi le lieu d'une narration inattendue. La boîte mail vous envoie des enquêtes de satisfaction et un écran diffuse en boucle des vidéos en tous genres qui ont pour but de faire le lien entre vous et votre mission (la compagnie qui vous embauche, l'état de la société...). C'est à se fendre la poire quelque part entre l'humour surréaliste d'un Fallout et la dégueulasserie d'un Braindead avec un soupçon des Monty Python.

Vous l'aurez compris, le jeu tire au bazooka sur les travers de notre société, sur nos habitudes de consommation et de consommateurs... c'est délicieusement punk.

Une mise en scène spectaculaire.

Le principe

Journey to the Savage Planet est un jeu d'exploration. Pour être tout à fait précis, il se place dans la lignée d'un Metroid Prime, c'est-à-dire que vous allez scanner l'environnement pour en extraire les informations précieuses à la compréhension de cet univers, et explorer pour récolter les matériaux nécessaires à l'amélioration du matériel et à la poursuite l'aventure. Un pur metroidvania organique à souhait qui se traverse non pas au pas de course mais dans une déambulation contemplative qui sait alterner entre inéluctable phase de tir et démentielles séquences entre jet pack et grappin.

Alternant entre bon goût et indéniable beauté, les décors faits de forêts, plaines enneigées, cavernes de lave, monumentales architectures extraterrestres et luxuriantes plateformes... vous raviront. Des niveaux tout en verticalité parfaitement construits qui vous poussent toujours de l'avant, vous proposent toujours un challenge, une récompense à aller chercher.

Sur les traces d'une civilisation supérieure.

Pour qui ?

Pour les nostalgiques de Metroid Prime ou les fans de Fallout 3 pour ceux qui aiment l'exploration, la contemplation, ceux qui aiment se laisser porter par les détails, les rencontres et qui se challengent à la vue d'un rien si loin en se faisant la réflexion : « comment on y accède ? ».

Un jeu qui possède aussi cette irrévérence, cet humour cradingue que possédaient les jeux dans les années 90. Journey to the Savage Planet ressuscite cet état d'esprit et pour cela un grand merci à Typhoon Studios pour ce chef-d'œuvre.

L'agencement des niveaux est parfait.

L'anecdote

Il est dommage qu'il n'y ait pas plus d'animaux dans le jeu, la faune est d'une grande originalité mais les mêmes animaux se répètent tout le long et réservent peu de surprise. L'impression qui s'en dégage est désagréable et dessert la parfaite construction des niveaux. De retrouver les même animaux d'une zone à l'autre finalement gâche un tout petit peu la satisfaction du voyage et de la progression. Mais absolument rien de grave.
Les Plus
  • L'énorme travail visuel
  • L'exploration aux petits oignons
  • Des vidéos à mourir de rire
Les Moins
  • Délicates phases de plateforme
  • Une faune peu diversifiée
Résultat

Quelle œuvre grandiose, quelle baffe incroyable, c'est peu dire qu'on ne s'attendait pas à une telle expérience. Un jeu à l'humour ravageur et déjà culte, une aventure prenante dont on s'empresse d'aller au bout. Pour la prochaine fois, qu'on donne à Typhoon Studios des moyens conséquents et ils sauront nous offrir un jeu encore plus grand, plus beau et plus dévastateur. Chapeau bas les amis.