Final Fantasy XII : The Zodiac Age

16 août 2017
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L’univers d’une vie

Monumentale pièce maîtresse du dispositif Final Fantasy ; dorénavant nul n’est excusé. Dans son plus bel écrin Final Fantasy XII : The Zodiac Age se doit de surpasser votre épisode préféré, et ce quelque qu’il soit. Final Fantasy XII est un monstre de modernité, capable de prendre dix ans dans la face sans broncher. Scénario aux libertés d'antan, promenoir béat, jouabilité émérite et délectations récréatives. Jouer à Final Fantasy XII c’est comprendre d’où viennent les petits cailloux dispersés sur les chemins actuels du jeu vidéo. À bon entendeur !

Final Fantasy XII, c’est la réputation d’un chef-d’œuvre défectueux et inachevé. Aujourd'hui, deux générations de consoles plus tard Final Fantasy XII : The Zodiac Age se présente tel un pacha : puissant, magnifique. Si c’est la première fois que vous rentrez en ce lieu saint du jeu de rôle, prenez une mine grave, une attitude digne et attendez-vous à être abasourdi par tant de beauté. Pas moins.

L'histoire

Le royaume d’Ivalice est en proie à la domination sans partage de l’empire d’Archadia. Les rois sont tués, les hommes trahis, mais les cœurs dissidents ne capitulent pas. Vous le savez, le hasard n’existe pas pour les héros. Il s’agit simplement de se créer les coïncidences qui mèneront un jeune homme plein de panache à rencontrer une bande de voleurs désinvoltes qui le conduiront en prison. Là-bas évidemment est emprisonné l’assassin de son frère, qui en réalité, et vous vous en doutez, n’est pas le véritable coupable mais la victime d’un coup d’État. Vous voilà parmi la résistance à porter les armes et à changer l'Histoire.

À ce titre, l’introduction est l'une des plus incroyables et des plus passionnantes qu'il vous sera donné de découvrir dans un jeu vidéo. Il y a cet instant absolu de grâce. Une scène incroyable de beauté ; enfin votre course folle s’apaise, le héros face à un paysage d’une beauté à perte de vue s’arrête. Devant lui une mer de sable, il passe sa main dedans, la poussière s’écoule, rejoint le cours sans fin de la poussière. La symbolique du moment vous renvoie face à votre propre expérience de jeu : déjà dix heures. Vous n’avez rien vu passer et pourtant quel rythme, au regard des standards actuels cette introduction pourrait constituer fièrement un jeu vidéo à part entière. Final Fantasy XII : The Zodiac Age ne fait que commencer.

Si elle est connue l'histoire n'est jamais cliché, la mise en scène s'attache aux moments forts d'une chronologie, ce n'est donc jamais caricatural ou dilué en inutilités narratives. Les situations, si elles sont amenées à changer, sont influencées par les caractères probants d'un rang social, par les rencontres, le voyage... Le spectaculaire n'est jamais intrusif et la narration est surtout l'opportunité de mettre en scène une quête épique par la jouabilité.

Extraordinaires paysages.

L'univers

Même s’il emprunte sans vergogne aux plus belles mythologies, le royaume d’Ivalice est une cathédrale. L’œuvre de Yasumi Matsuno en haute définition est une bénédiction, capable d’afficher enfin convenablement les visions de l’artiste : c’est d’une beauté bouche béé. Des paysages sublimes de bout du monde, des architectures incroyables entre Orient et art nouveau, et à une échelle gigantesque. Rarement un jeu vidéo vous aura autant immergé, contenu au plus bas d’une cité vous obligeant sans cesse à jouer avec la caméra pour voir le sommet d’une tour, d’une bâtisse ou le ciel, simplement pour vous dégager des entrailles urbaines. Dans le royaume d’Ivalice, la mythologie Final Fantasy prend autorité et cohésion, les éléments que l'on connaît par cœur, dessinés par Akihiko Yoshida n'ont jamais été aussi superbes. Aussi originales qu'elles soient, les races du royaume d'Ivalice ne sont jamais grotesques, s'accordent à merveille avec l'univers. D'une intelligence et d’un raffinement qu’on ne cesse de s’émerveiller à tous les instants. Si vous êtes amoureux du détail, vous passerez plus de temps qu’il n’en faut dans les moindres recoins.

Des cinématiques splendides.

La jouabilité

La richesse de Final Fantasy XII : The Zodiac Age est qu’il peut se jouer d’innombrables manières. Le tour par tour est l'une de ces options, mais la grande originalité de cet épisode est qu'il reprend à son compte la jouabilité action-RPG héritée de Final Fantasy XI.

Un système très astucieux nommé Gambit permet de rendre vos personnages autonomes sous forme d’ordres préenregistrés. Il est seulement dommage que toutes ces lignes de Gambits ne soient pas toutes immédiatement disponibles et qu’elles soient une dépense de progression. L'aboutissement parfait d'une partie serait alors une exploration fluide au point de n'avoir jamais à arrêter la partie pour entrer les ordres. Cela contrasterait de manière folle avec le jeu exigeant qu'il est et qui vous oblige à la prudence et à la résignation de la première traversée, qui se fait finalement en ligne droite. Les niveaux sont si vastes, l’argent et les potions si rares, qu'il vous faudra gérer une équipe le plus souvent aux abois, la barre de vie toujours à moitié pleine et l'inventaire jamais suffisant. Vos excursions devront d'être minutieusement préparées.

Dans cet épisode comme dans aucun autre jeu de rôle, l'ensemble de votre équipe n'a eu une place si importante. D'habitude vous avez vos chouchous et jusqu'à la fin du jeu, à moins d'y être obligé, il est rare que vous en changiez. Dans Final Fantasy XII, vous apprendrez à avoir plusieurs compositions d'équipes : l'équipe d'exploration ou celle des combats cruciaux par exemple. D'où l'importance des "zodiacs" c'est-à-dire des métiers que vous assignez à vos recrues (chaque métier à ses armes, ses protections et les magies qui lui sont propres). Cela renforce le plaisir de jeu, vous pensez désormais en termes de stratégie, de plan de jeu et de cohésion d'équipe.

Un mélanges des genres impressionnant.

Pour qui ?

Il est difficile de conseiller le jeu à ceux qui l’ont terminé à l’époque. Final Fantasy XII : The Zodiac Age est long, exigeant et le planning des sorties actuelles est chargé. Mais ceux qui n’ont pas touché à un jeu de rôle depuis longtemps ou ceux qui sont passés à côté à l'époque, parce que Final Fantasy XI les avait fait fuir ou qu'ils avaient déjà changé de génération de consoles, se doivent de l'acheter. Final Fantasy XII est vif, rapide, jamais laborieux, blindé de quêtes annexes, de chasse aux monstres, de mini-jeux prêts à rallonger une durée de vie qui n’en avait vraiment pas besoin. C'est un jeu que l'on parcourt fièrement. Un jeu qui vous fera vous rappeler pourquoi vous aimez tant le jeu vidéo.

Parfait jusqu'à dans la minutie de ses ambiances.

L'anecdote

Ce à quoi on ne s’attend pas en arrivant sur cet épisode, c’est à se retrouver devant quelque chose qui rappelle autant Braid. Le jeu de Jonathan Blow nous permettait de jouer avec le temps : le stopper, l’accélérer, le rembobiner ou simplement le laisser filer. En ajoutant dans cette réédition la capacité d’accélérer la vitesse de jeu, les phases d’exploration et de combats souvent rébarbatives pourront être dépêchées. Au contraire, les combats les plus difficiles vous demanderont de stopper l’action, pour choisir soigneusement vos ordres. L’entre-deux de ces deux régimes se réservera à la contemplation. Laisser le choix de la cadence : voilà ce qui est réellement moderne et révolutionnaire. Final Fantasy XII : The Zodiac Age est une œuvre parfaite, résolument optimiste au sens où sur ses fondations on ne cesse de bâtir d'inépuisables sources de jouabilités.
Les Plus
  • Des graphismes somptueux
  • Un univers colossal
  • Des personnages fantastiques à faire évoluer
  • Un système de jeu absolu de densité
  • Pleins de quêtes optionnelles ... durée de vie de folie
  • Des musiques sublimes
Les Moins
  • Les lignes de gambits en gain de progression