Nioh

22 mars 2017
Testé par sur
Disponible sur
3
  • Éditeur Koei
  • Développeur Team Ninja
  • Sortie initiale 9 février 2017
  • Genres Action, Rôle

La mort : une entrée pour la vie

Non, Nioh n'est pas Dark Souls ! Et ce pour des raisons évidentes : ce n'est pas un action-RPG, il n'a que faire des sensations liées au voyage, là où Dark Souls ne cesse d'interpeller pour jouer autrement. Nioh est plus sec, plus impitoyable, mais plus immédiat et plus généreux aussi ; la faute à une progression "marche ou crève" et à une avalanche de butins. Plus classique dans son cheminement, sa maniabilité, du beat them all à l’ancienne qu’on trouverait un rien dérangeant si ses parcours et son ambiance n’étaient pas aussi soignés.

Le succès de Dark Souls aura au moins permis à Team Ninja d’actualiser les fondements de l’héritage Ninja Gaiden. Les habitués de la licence de From Software reconnaîtront les emprunts, les autres seront ravis de jouer à un beat them all de qualité, d’une très grande modernité et plus simple d’accès, à l’encontre des jeux Platinum Game. Nioh revient aux fondamentaux.

L'histoire

Comme disait l'Autre : "s'il y a des cinématiques, c'est qu'il y a une histoire". Alors oui, joliment illustrée, il y a une histoire. Un territoire envahi par des créatures, mutées par l'effet d'une pierre mystique. Il y a des personnages aussi, tous plus illustres les uns que les autres, et des jolies filles également aux jambes interminables et aux regards pleins de non-dits. Si cela raconte effectivement quelque chose, il faudra le voir comme un joli cadeau de transition entre deux niveaux, des petits bouts d'une fresque simplement amusante, à regret, car elle se devait d’être magistrale, aux vues de l’attente du jeu (plus de dix ans).

C'est propre et de bon goût.

Le principe

Ici, pas de monde ouvert, mais une traditionnelle carte. Sur celle-ci des niveaux à traverser une première fois pour les besoins de la progression, ensuite ils offrent des possibilités de missions secondaires, très intelligemment pensées, puisque si le lieu reste identique, les configurations de départ et de cheminement s’en trouvent changées. De nouveaux objectifs et des ennemis autrement plus forts permettent de manière très agréable de monter en puissance. Surtout que Nioh est d’une générosité folle, des quantités d’armes, d’équipement, d’argent vous sont distribués. Vous pouvez les garder, les revendre ou plus intéressant, les échanger contre des bonus immédiats.

Soigné et d'une classe folle.

L'ambiance

Le découpage en niveaux permet de créer des ambiances très variées, riches de jolis effets d'atmosphères qui installent à merveille les nuances. Alors certes avec Dark Souls on s’était habitué à des perspectives sans fin, aux confluents élémentaires. Avec Nioh, les choses se réduisent, se focalisent à hauteur d’hommes, les contes et légendes ont envahi des décors étriqués, labyrinthiques. Vous vous sentez à l’étroit dans ces bouts de villages, cours, temples et grottes ; à l’image des ennemis peu diversifiés mais tous de bons goûts et les boss redoutables et magnifiquement stylés et inspirés. La mythologique Japonaise y est magistralement interprétée, des pans de rouleaux y prennent vie.

Va falloir débarrasser avant d'y aller.

Le gameplay

Là où Dark Souls est organique, Nioh est lui plus traditionaliste. L’originalité vient des nombreuses possibilités pour enrichir sa jouabilité poussiéreuse. Un original système de positions d’attaque, un familier à invoquer, des mignons "kodama" dissimulés dans les niveaux qui vous apportent des bonus en tout genre. Tout le long des niveaux, des tombes de joueurs décédés, que vous pouvez ou non réveiller, vous offriront de beaux objets dont les fameuses "coupes", pour invoquer d’autres joueurs à venir vous aider. Fondamentalement, rien de neuf mais couplé aux mécaniques instaurées par Dark Souls (endurance, ennemis redoutables, appréhension de ne jamais récupérer son expérience) cela fait son petit effet et emporte l’adhésion.

Vous allez le trouver beau d'abord et souffrir ensuite.

L'anecdote

L’introduction du jeu est époustouflante, s’il ne fallait faire qu’une partie du jeu ce serait celle-ci. Nioh singe à la virgule près Dark Souls. Londres, le héros s’échappe de prison, enfermé dans une forteresse qu’on croirait tout droit sortie d’un Dark Souls. Un condensé exceptionnel de toutes les mécaniques d’espace et de combat de la licence de From Software. Le plagiat est d’autant plus émouvant qu’il faut le lire comme la conviction évidente de tout ce que la Team Ninja rejette. La mythologie, la culture Européenne ne les intéresse pas et la question qu’ils semblent poser est : pourquoi offrir notre talent, notre savoir-faire à une imagerie qui ne nous appartient pas ? Tous les choix de Nioh, à tort et à travers, apparaissent alors comme des revendications culturelles. C’est d’une arrogance folle, surtout lorsqu’elle est portée par un héros occidentalisé. Géniale ironie.
Les Plus
  • Du bonheur à chaque partie
  • Une ambiance peaufinée
  • Des boss éreintant mais quel orgueil de les battre
Les Moins
  • Tellement classique
  • Un scénario sans envergure
  • Des décors en apnées