Crimson Skies

25 oct. 2000
Testé par
3
  • Éditeur Microsoft
  • Développeur Gaumont Multimedia
  • Genre Inclassable

Microsoft nous donne ici un relativement bon jeu, plein d'avantages, avec en plus un mode multijoueur -– que je n’ai pas pu essayer faute d'avoir une connexion viable -– certainement fort sympathique, doté de graphismes superbes, d’une bonne ambiance, bref avec tout pour réussir. Le jeu pèche néanmoins par une répétitivité vite lassante qui laisse le joueur un peu sur sa faim, envieux d'avoir autre chose à faire que d'abattre de l'avion ennemi 90% du temps…

Il faut l'avouer, les simulateurs de vieux avions orientés arcade ne sont pas légion sur PC, notamment ces dernières années. Crimson Skies vient combler la brèche avec des aspects délirants et une facilité d'accès destinée à ceux qui n'aiment pas devoir se servir des 100 touches de leur clavier pour pouvoir piloter tranquillement.

L'histoire de Crimson Skies est intéressante, dans la mesure où il s'agit d'une pure invention : nous sommes en 1937 et les USA sont divisés en petites nations qui se tapent dessus après la chute du grand pays que nous connaissons, nous, encore aujourd'hui. Les relations diplomatiques entre ces mini-nations sont au bord de l'inexistant, et les ballons dirigeables sont les fers de lance d'une armada de machines volantes qui ont remplacé les voies de transport terrestres (notamment le réseau ferroviaire construit au XIXe siècle, anéanti par les combats). L'aviation "normale" s'est aussi énormément développée, et les designs des avions du jeu sont pour le moins… loufoques, on se demande d’ailleurs si des engins pareils voleraient vraiment (certains oui, certains autres probablement pas).
 

Flibusterie.

Qui dit commerce, dit généralement pirates : c'est autour de cet état de faits que s'articule Crimson Skies, dans la mesure où vous, le héros, Nathan Zachary, êtes le chef d'une bande de pirates de l'air appelés "Fortune Hunters". Pirates, oui, mais pas forcément méchants, car au final vous vous apercevrez bien vite que vous n'êtes pas du tout les méchants de l'histoire, bien au contraire. Voilà pour la trame globale de l'histoire, qui certes n'est pas abyssale mais contribue à donner une bonne atmosphère au jeu. Celle-ci est aussi alimentée par l'époque à laquelle il se déroule, prolifique en beaucoup de choses. Le ton vous sera donné par exemple par le screenshot de ce paragraphe, qui illustre bien l'esprit du jeu.
 

Wow, c'est joli tout ça.

Votre première mission vous demandera de patrouiller une petite île de l'archipel d'Hawaii où vous pensez que se trouve un sympathique trésor ; il va s'agir pour vous de le dénicher et de le défendre contre divers assaillants. Peu importe les détails de votre tâche, nous y reviendrons plus tard. Les graphismes de Crimson Skies sont quoi qu'il en soit fort beaux et riches, comme vous pouvez vous en douter, et profitent d'un moteur tout à fait viable qui n'a pas grand chose à envier à tout ce qui se fait actuellement. Lumières colorées, effets de transparence, le classique lens flare, bref tout ça, c'est vraiment très joli.
 

Ratacatacatacatac.

On sent aussi que les développeurs n'ont pas voulu rater l'aspect détaillé du jeu, avec moult petites choses : les douilles de vos mitrailleuses qui s'envolent, les balles traçantes qui sillonnent le ciel, les impacts sur votre avion, les morceaux de ferraille qui s'en détachent, les explosions superbes, les pilotes qui sautent en parachute, et j'en passe ; bref, tout montre le souci du détail dans ce jeu. Dans certaines missions vous verrez même des voitures de police sillonner les rues des endroits au-dessus desquels vous volerez, et vous entendrez leurs "pin-pon" en passant à proximité de ces dernières.
 

Bogie à 6 heures!

L'ambiance sonore du jeu n'est pas non plus en reste, et tous les textes sont parlés. La VF n'est à ce propos pour une fois pas trop ratée, à l'exception près des commentaires de vos coéquipiers en vol, énervants à la longue, voire même hors de propos (exemple : "Regarde, c'est un feu nourri!" alors que personne ne canarde personne). Le reste des voix est tout à fait viable, bien kitsch, bien d'époque, bref on s'y croirait presque. Le bruit des moteurs est aussi très réussi, que ce soit le bruit du vôtre, d'un dirigeable ou des avions qui passent près de vous.
 

Maniable.

En bon jeu orienté arcade qu'il est, Crimson Skies se devait d'être facile d'accès, et non un simulateur complexe à la EF2000 ou SU-36 Flanker. Si vous voulez de la simulation pure en tout cas, Crimson Skies n'est pas fait pour vous. Bref, le jeu est facile d'accès, avec seulement une dizaine de touches à mémoriser, principalement pour varier votre vitesse ou pour activer les nitro-boosts. Il est naturellement recommandé de jouer à ce jeu au joystick, sans quoi vous risqueriez d'avoir du mal. Vous arriverez très vite à faire de jolies manœuvres acrobatiques avec votre coucou loufoque, sans les risques de décrochage et autres choses sympathiques que tout vrai pilote connaît et doit éviter s'il tient à sa vie. Bref, un vrai jeu d'action pure.
 

Yee-haw.

Du côté des missions qui vous seront proposées, elles sont plus ou moins variées dans leur contenu : escorte, attaque de dirigeable, simple combat contre une escadrille ennemie, vol d'avion, attaque de base au sol, défense de votre dirigeable, bref plein de tâches vous seront données, et c'est tant mieux. Bien sûr, ça ne s'arrête pas là ; d'ailleurs, voici un exemple de mission que vous aurez à effectuer : votre dirigeable est un peu à court de carburant, et vous décidez d'attaquer un pétrolier russe pour pouvoir repartir tranquille. Vous attaquez donc le phare supposé indiquer sa route au pétrolier et le remplacez par un faux phare vous appartenant, afin de le diriger vers des écueils. La supercherie fonctionne, des bateaux de patrouille appartenant au vrai phare sortent de leur hangar pour protéger le bateau, et bientôt c'est un gros dirigeable russe qui arrive à la rescousse avec ses avions, afin de défendre le pétrolier et de vous empêcher de vous ravitailler.
 

Simple.

Naturellement tout dans le jeu est scripté et prévu à l'avance, et dans le cadre de cette mission, votre boulot se résume à 1) détruire le phare 2) détruire les vedettes de patrouille 3) détruire les avions du dirigeable russe pour protéger le vôtre pendant son ravitaillement, et 4) détruire les moteurs du dirigeable russe afin d'empêcher qu'il vous suive dans votre fuite. Fin de la mission. Bref, c'est tout à fait sympathique.
 

Beuh.

Il y a cependant un gros "mais" à toutes ces missions : malgré leurs tenants et aboutissements souvent différents, leur déroulement est souvent beaucoup trop similaire. Votre boulot se résumera essentiellement à abattre de l'avion ennemi à toutes les sauces, dans absolument toutes les missions, de la première à la dernière, avec quelques fioritures par ci par là. Le jeu en devient hélas vite pénible, mais subsiste tout de même dans l'esprit une envie de persévérer et par conséquent de terminer le jeu. Enfin, la difficulté est parfois assez mal dosée, car rien qu'en mode de difficulté normale, le dernier tiers du jeu est un challenge, et certaines missions sont à se tirer les cheveux (notamment celle où vous devez faire des acrobaties sur Hollywood, une véritable horreur, qui vous sera en plus imposée à deux occasions différentes dans le jeu). A titre d'information, il y a trois modes de difficulté : normal, dur, et très dur, mais nous n’avons pas voulu essayer les autres niveaux que normal, ce dernier étant déjà largement suffisant.
Les Plus
  • Les graphismes
  • L'ambiance années 30 bien cliché bien sympa
  • La VF, pas trop ratée pour une fois
Les Moins
  • Peut-être un brin difficile sur certaines missions
  • Trop répétitif