Star Wars Galaxies : Premières Heures

15 août 2003
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Explorer l’immense désert de Tatooine ou les vertes contrées de Naboo, rencontrer des Storm Troopers et boire un verre à la cantina de Mos Eisley, c’est une partie de ce que propose le très attendu Star Wars Galaxies. Au-delà du matraquage médiatique et des scènes de fanatisme exubérant, qu’y a-t-il dans cette galaxie très, très lointaine ?

Il y a bien longtemps…

Star Wars Galaxies commence très bien : après les logos de Lucas Arts et de Sony Online Entertainment, on a droit au traditionnel « Il y a bien longtemps, dans une galaxie très, très lointaine… » puis les premiers accords de la musique composée par John Williams résonnent dans les enceintes, tandis que l’on apprend en lettres jaunes sur fond de vide spatial que la galaxie est en proie à des troubles, et que pendant ce temps, dans la couronne extérieure, un vaisseau de réfugiés vient de se faire arraisonner par un croiseur impérial… Suit une petite cinématique réalisée avec le moteur du jeu qui montre une navette impériale partant du croiseur pour rejoindre une station spatiale, et qui refroidit l’ardeur du fan de Star Wars aux sens tout excités, par sa lenteur et son inutilité agaçante.
 

La taille importe peu

La création du personnage est un véritable plaisir, notamment grâce au degré impressionnant de customisation possible, tout en étant entraîné par la musique toute droit venue de la trilogie originale. Ainsi, dans le processus de création d’un bothan – l’une des huit races disponibles, dont les wookies et les twi’leks - il est non seulement possible de régler sa carrure, sa masse musculaire et sa couleur de peau, mais aussi la hauteur et la largeur de son nez, la forme de ses yeux, l’aplatissement de son museau et plein d’autres détails qui rendront le personnage totalement unique. Une fois l’apparence de votre personnage choisie, il reste à sélectionner sa profession de départ, qui ne sera néanmoins pas fixée au cours du jeu.
 

Vous êtes venu dans cette casserole ?

L’arrivée dans le monde de la guerre des étoiles se fait en douceur grâce à un tutorial sponsorisé par l’Empire, qui se déroule dans une base spatiale impériale. Une fois les bases du jeu assimilées, on peut enfin choisir la planète sur laquelle l’aventure va réellement commencer. Des cinq planètes proposées, seules deux apparaissent dans les films : Naboo et Tatooine. Le choix est rapidement fait pour le fondamentaliste de l’univers, et l’on se trouve presque immédiatement sous un soleil de plomb, dans les rues poussiéreuses de Mos Eisley. La première impression est que l’on s’y croirait : pour un MMORPG, les graphismes sont vraiment de grande classe, et la diversité des personnages et des créatures visibles donnent une immense impression de béatitude. La visite peut commencer.
 

Il n’y a pas grand chose à voir, tu sais…

Malgré la fameuse réplique de Luke adressée à Han au début de l’épisode VI, la Tatooine de Star Wars Galaxies est un peu comme un musée pour tout connaisseur de l’univers. La reproduction de Mos Eisley est une réussite, du marché jusqu’à l’astroport en passant par la célèbre Cantina, tandis que les scènes de combat de rues sont relativement fréquentes et divertissantes. L’ambiance de la Cantina est particulièrement réussie, et en y entrant pour la première fois on se sent un peu comme Luke au début de l’épisode IV, à la différence près que les nombreux personnages (joueurs) présents sont toujours prêts à vous offrir un verre ou à vous proposer leurs compétences. Dans un coin se trouve le célèbre orchestre du lieu qui joue des airs connus, tandis que le barman propose pour une somme modique toutes les boissons légales et illégales de la planète, du jus de Jawa jusqu’au Bantha blaster.
 

Passez-moi ce désert au peigne fin !

A un moment ou à un autre, rempli de jus de Jawa, on se décide quand même enfin à sortir au grand air et à partir explorer le grand désert. A peine sorti de l’enceinte de la ville, on écarquille grand les yeux devant ces petites bêtes qui vous observent avec curiosité, puis qui s’approchent de vous, vous reniflent, et s’en retournent à leurs activités habituelles. La première occurrence de ce genre oblige le joueur à s’arrêter un instant pour reprendre ses esprits, tant ce sens du détail procure du plaisir à découvrir l’univers. Au fur et à mesure que l’on avance dans l’immense désert (la carte accessible par un raccourci donne le vertige), on rencontre de nouveaux types de créatures, et de personnages. Ainsi, en courant, on peut apercevoir au milieu de nulle part un Bantha, qui attend paisiblement près d’un amoncellement de rochers. En s’approchant du massif et néanmoins paisible ruminant, on se rend compte, un peu tard la première fois, qu’une bande d’hommes des sables se cachait près du rocher, et voilà qu’on se trouve pris en chasse par une bande surexcitée tandis qu’un sniper vous arrose. Adrénaline et bonheur garantis !
 

Piou ! Piou !

A un moment ou à un autre, on se sent enfin une envie d’essayer ce pistolet-blaster que nous a remis un officier impérial à bord de la base spatiale. Une fois une créature à peu près inoffensive isolée, on la cible et… et là commence le combat, qui est clairement et inévitablement d’un ennui absolu. Certes, la caméra permet de faire des tours à 360° autour de son personnage en train d’ouvrir le feu automatiquement sur l’ennemi, mais on se lasse bien avant d’avoir le tournis, et l’on se dit qu’il vaudrait mieux se reconvertir dans une profession de musicien ou de danseur. Au fur et à mesure que l’on améliore ses compétences, on peut néanmoins acquérir de nouvelles « attaques spéciales », qui ne diminuent que légèrement l’ennui excessif entraîné par le système de combat. Comme dans tous les MMORPG, l’intérêt remonte lorsque l’on trouve un groupe de joueurs avec lequel partir chasser le mynock, puisque les ennemis s’enchaînent plus rapidement et que l’on peut discuter pendant les combats, mais cela reste un mal nécessaire plus qu’un véritable plaisir de jeu.
 

L’Alliance a besoin de vous !

La communauté reste, outre la reproduction fidèle de l’univers, le grand point fort du jeu. La connaissance et la passion pour l’univers de Star Wars semble lier tous les joueurs que l’on rencontre, et que leurs penchants soient impériaux ou rebelles, il est toujours possible d’échanger quelques mots amicaux et de rire de quelques blagues de connaisseurs. Si les serveurs de jeu sont uniquement aux Etats-Unis pour le moment, il est plutôt facile de trouver des Français et d’autres européens quel que soit le serveur, les Américains eux-mêmes étant, contrairement à ce qu’on pourrait penser, très amicaux et ouverts. En cas de problème avec l’interface du jeu, on trouve très rapidement une main secourable, et en quelques heures de jeu on se retrouve déjà à expliquer soi-même à des débutants certains principes du jeu, en échange d’un bantha blaster, cela s’entend !
 

J’allais justement te rembourser, Jabba…

Les relations entre les joueurs sont si poussées dans Star Wars Galaxies que l’économie est laissée entre leurs mains : impossible de trouver un marchand non joueur d’armes et d’équipement, il faut qu’un artisan joueur ait produit le matériel que vous désirez et l’ait mis en vente pour que vous puissiez l’obtenir, par l’intermédiaire de très utiles terminaux de commerce. Les prix sont alors déterminés par l’offre et la demande : si plusieurs personnes recherchent un certain type de carabine mais qu’il n’y a qu’un seul artisan capable d’en produire dans la ville, les prix grimpent vite, et il ne reste plus qu’à attendre qu’ils soient assez dissuasifs pour qu’un autre joueur se décide à créer lui-même ce type d’objet, réajustant ainsi l’offre et faisant baisser le prix. C’est un système inédit, et extrêmement appréciable puisqu’il donne un réel intérêt aux professions de l’artisanat.
 

Que la Force soit avec toi !

Après une dizaine d’heures de jeu, votre serviteur est conquis. Evidemment, il est fan de l’univers de Star Wars jusqu’au bout des ongles, la preuve dans les répliques qui servent de titre à chacun des paragraphes de cet article. Tout fan, ou simplement amateur, de l’univers de Star Wars est certain de trouver son compte dans ce jeu massivement multijoueur très fidèle à la vision de George Lucas, et ce ne sont pas les combats ennuyeux qui l’arrêteront de planer sur un nuage de bonheur. Pour les autres, il reste un jeu doté de mécanismes de jeu originaux, comme l’économie gérée par les joueurs et la possibilité de changer de profession et de compétences en fonction de ses envies, le tout fondé sur un univers cohérent et soutenu par une communauté forte, malgré un système de combat sans intérêt : c’est au moins autant que ce qu’offrent la plupart des MMORPG actuellement sur le marché. Il n’y a donc plus aucune raison de ne pas remonter dans le temps et d’aller combattre aux côtés de Luke Skywalker ou de Dark Vador !