Need for Speed : Most Wanted flashé

31 oct. 2005
Rédigé par
Prévu sur

Lorsqu’il s’agit de présenter ses gros titres à la presse spécialisée, Electronic Arts fait bien les choses. Entre les tours de pistes de kart et l’open bar, tout cela aurait pu ressembler à la présentation du dernier Burnout. Mais c’est bien à Need for Speed Most Wanted que nous avons pu jouer, et ce sur PS2, Xbox et PSP. Entre boire et conduire, nous avons préféré jouer pour vous apporter nos premières impressions avant que le jeu ne sorte sur toutes les plateformes actuelles au mois de novembre.

Un retour en force

Etat des lieux

Depuis 10 ans déjà les joueurs ayant un besoin de vitesse vidéoludique trouvent leur compte grâce à la série Need For Speed qui de plateforme en plateforme, propose à chaque fois une nouvelle vision de la célérité automobile. Si le mot d’ordre principal a avant tout été de mettre les joueurs au volant d’objets de fantasmes, que cela soit grâce aux licences de constructeurs prestigieux ou grâce au "tuning" poussé dans ses derniers retranchements, les accessoires eux-mêmes étant sujets à des licences, chaque version "habille" le coeur du jeu (le besoin de vitesse, nous le rappelons) d’une orientation de gameplay particulière. Depuis le jeu du chat et de la souris avec la police dans le premier NFS on a pu entamer des courses poursuites avec ses amis dans les volets Poursuite Infernale, en faisant un détour du côté de la marque Porsche, auquel un épisode a été dédié en 2000. Bref, avec chaque nouvelle itération, de nouveaux modes de jeu, de nouvelles orientations entre simulation et arcade, des tentatives plus ou moins bien accueillies du public.

Votre objectif : ne pas rester inaperçu

Sous la terre

En 2003, la série se dote du sous-titre Underground, et propose aux joueurs des parcours nocturnes leur permettant d’obtenir des ressources pour "upgrader" leur moyen de locomotion favori, mais surtout afin de gagner en style. Ce style n’est pas une simple cosmétique, il prend en compte le souci du détail sur la carrosserie de votre voiture ainsi que vos prouesses en pleine course. La customisation du véhicule prendra une bonne part du temps de jeu, surtout dans le second volet proposant une déambulation libre dans les rues de Bayview où le joueur doit parcourir de grandes distances afin d’atteindre la boutique spécialisée dans le domaine voulu. Toutes ces parties annexes aux courses elles-mêmes, que cela soit au garage ou bien sur la route pour se rendre sur la ligne de départ d’une épreuve montre bien l’intention des concepteurs d’offrir une expérience au-delà du simple jeu de caisses : ouvrir aux joueurs les portes du mondes des courses nocturnes et du tuning.

Les joies du tuning seront au rendez-vous

Attrape-moi si tu peux

Pourquoi un tel détour rétrospectif pour vous parler de la banale suite d’une franchise à succès ? Pour tenter de comprendre le travail des concepteurs lorsqu’il s’agit pour eux de proposer un nouvel opus d’une série vendue à 15 millions d’exemplaires. Le nouveau NFS donne le ton avec son titre abandonnant l’épithète d’Underground pour un Most Wanted bien appuyé. Un retour aux sources évident diront certains, dans la continuité des derniers ajouteront ceux qui ont joué au jeu. Comme on pouvait s’en douter, la police sera à nouveau de la partie mais dans une proportion jamais égalée. Le mode principal de jeu, la partie d’exploration, nous ouvre les rues de la ville comme dans Underground 2 et propose un lot équivalent de missions ponctuelles et de virées au garage afin d’améliorer le quotidien de votre véhicule. Toutefois la voirie sera désormais le théâtre de courses-poursuites effrénées ainsi qu’un véritable terrain de jeu puisqu’il faut désormais accomplir moult infractions au code de la route afin d’attirer l’attention de la maréchaussée et gagner du crédit auprès de la pègre des chauffards.

Un nouveau cadre fort bienvenu

Guide du fuyard

Comment tout cela s’organise ? Tout d’abord, il est conseillé de commencer par une belle entorse à la loi, en vous laissant flasher pour un excès de vitesse par exemple. Aggravez votre cas en percutant des véhicules innocents et vous ne tarderez pas à voir répliquer une foule de voitures de police. Lorsque vous jugerez avoir assez taquiné les condés, vous pourrez alors entamer une tentative d’évasion en évitant les manœuvres des policiers qui tacheront d’immobiliser votre véhicule jusqu’à ce que vous soyez "busted". Un bon conseil : n’hésitez pas à utiliser le décor pour ralentir vos poursuivants, en rentrant dans un camion transportant d’énormes rondins de bois par exemple, ou en percutant les pylônes d’un garage afin que l’immense enseigne en forme de pneu s’effondre sur eux, vous accordant de la sorte quelques secondes de répit. Si tout se passe bien, vous ne tarderez pas à voir apparaître l’indication "hors de portée", ce qui signifiera que les flics auront perdu votre trace et vous rechercheront au dernier endroit ou vous aurez été aperçu. Libre à vous alors de vous planquer dans une ruelle en attendant que les choses se calment, ou bien de faire repeindre votre véhicule, tout comme dans tout "grand vol d’automobiles".

Les grandes marques sont de retour

Black List

Notre brève session de jeu ne nous a pas permis de comprendre avec certitude les tenants et aboutissants du scénario, mais il nous a semblé qu’à l’instar du célèbre Driver nous étions une sorte de conducteur solitaire infiltré dans le milieu des courses urbaines afin de rentrer en contact avec le numéro un de la Black List, le Most Wanted. En effet, au fur et à mesure de nos exploits, cascades et infractions, nous sommes amenés à défier des concurrents afin de gravir les échelons de cette fameuses liste noire. Ce qui est bon signe c’est que la progression dans le scénario semble relativement ouverte puisqu’il s’agit d’atteindre un certain score de différentes façons. Chacun débloquera ainsi à sa façon les magnifiques cinématiques interprétées par la délicieuse Josie Maran (Van Helsing, Aviator), nouvelle égérie de la série. Ce mélange de séquences filmées et d’images de synthèse se marie de façon efficace dans un flou artistique stylé, et ce sera avec plaisir qu’on avancera dans l’aventure.

Les vidéos de fin de course montreront votre passage à la tv

Ce n’est que le début

Il ne faut pas s’attendre à un virage en épingle pour ce Most Wanted qui reprend de nombreux éléments du second volet Underground pour y ajouter l’ombre des forces de l’ordre. Les modes de jeu tels que le Tollbooth, une course à checkpoints, le Sprint Race, une épreuve contre trois concurrents et le Drag requérant plus de stratégie que d'adresse ne sont réellement novateurs que pour l’étape de fuite qui leur ont été ajouté à la fin : en effet il ne suffira pas de franchir la ligne d’arrivée en premier pour remporter l’épreuve. Il faudra parvenir à échapper à la police qui nous aura flashé durant la course, ceci pour une période entre une et deux minutes dans la version à laquelle nous avons pu jouer. C’est au cours de ces courses poursuites qu’un élément, ô combien classique désormais, intervient pour nous aider : le "speedbreaker", ralenti à la sauce NFS, qui permettra de négocier des virages comme jamais et d’anticiper les mouvements agressifs des assaillants. Il est toutefois difficile pour l’instant de juger de l’apport d’une telle fonctionnalité, tant on est mitigé entre l’efficacité en termes de jeu et la rupture dans le rythme que cela amène. A voir.

Tuning et discretion vont rarement de paire

Tenue de route

En termes de réalisation, il est agréable de découvrir que les concepteurs ont décidé de quitter le monde de la nuit urbaine pour des environnements de banlieue dans des tonalités principalement sépia. Tout comme avec Burnout Revenge on a l’impression d’atteindre l’âge d’or des consoles de génération actuelle tant les systèmes semblent poussés dans leurs derniers retranchements, avec un avantage net pour la version Xbox au détriment de la version PS2 qui souffre du classique effet de flou cache-misère. La version Xbox 360 n’était malheureusement pas en démonstration lors de la présentation. La bande-son EA composé d’artistes rap, rn’b et néo-métal se suspend parfois pour proposer de sympathiques coupures contextuelles très cinématographiques. Pour les yeux et les oreilles, c’est bien parti. Les sensations de conduites restent résolument arcade, proches des épisodes précédents. Le dérapage est par contre de moins en moins utile puisque le "speedbreaker" fait encore mieux son office. Cela sera très utile pour emprunter les nombreux passages secondaires qui compensent la difficulté des virages qu’ils impliquent par un gain de temps appréciable.

Un nouveau modèle de voiture de police sort de l'ombre

Hors des sentiers battus ?

Il serait facile d’étendre le constat du principe des jeux de courses à leur philosophie générale : on y tourne en rond autour d’un circuit ou d’une ville, de même que les jeux pourraient se contenter de continuer à proposer cette expérience nue, brute, comme notre instinct nous attirant vers les jeux de caisses. Depuis Underground, Electronic Arts s’est attaché à donner un sens à ces virages et accélérations sans fin. Le premier axe fut celui d’une dimension esthétique, où la personnalisation des véhicules et la conduite avec style transcendent l’absurdité du bitume virtuel. NFS Most Wanted choisit pour horizon la transgression, la notoriété et le jeu de chat et de souris. Et toute la partie exploration et progression tendent vers cette direction, proposant une expérience de jeu cohérente. Il va de soi qu’il faudra tester le jeu sur la durée pour voir si toutes ces bonnes idées fonctionnent ensemble. Mais à première vue, et sur le papier, la politique consistant à explorer tous les aspects du phénomène automobile un par un est enthousiasmante.