Guild Wars 2

06 août 2012
Rédigé par DarkFramboisier
Prévu sur
  • Éditeur NC Soft
  • Développeur ArenaNet
  • Sortie initiale 28 août 2012
  • Genres Massively Multiplayer Online, Rôle

ArenaNet transforme l'essai

ArenaNet chouchoute les joueurs et surtout son prochain Guild Wars 2 avec une nouvelle session de beta test, l'occasion pour nous de replonger dans l'univers de Tyria une dernière fois avant la sortie officielle de ce blockbuster annoncé. Cette beta permettait de découvrir les deux dernières races jouables du jeu, les Asuras et les Sylvaris, et de juger si le titre sera prêt pour sa sortie imminente.

Entre Golum et Dobby d'Harry Potter, les Asuras ont du caractère.

Mathématiques dynamiques

Cette dernière beta, très promotionnelle, a démarré sur les chapeaux de roues avec une absence de problèmes de connexion. Un peu de lag par moment, mais rien de critique, et ceci laisse à croire qu'ArenaNet a bien dopé ses serveurs pour le lancement du jeu, et se préparer à l'afflux des joueurs à la sortie du titre. Nous nous sommes rués sur la création de personnage Asuras, sorte de gnomes aux dents pointues, à l'ego surdimensionné, et aux animations pleines de charme. Certains craignaient qu'Asuras et Sylvaris avaient été mis au secret jusqu'ici pour cause de manque de travail. Il n'en est rien, mais vraiment rien. Au contraire, ArenaNet semble avoir gardé ses cartes maitresses pour ce dernier week-end avec une zone Asura luxuriante et exotique, pleine d'évènements peaufinés et originaux (partie d'échec de golem, tests techniques sur des assistants mécaniques). Metrica Province, leur espace de départ, semble avoir fait l'objet d'un grand travail et d'une recherche afin de proposer une expérience différente des autres zones de départ. Niveau histoire personnelle, les Asuras s'affichent comme la race ayant du tempérament et de la répartie, ce qui donne les dialogue les plus sympas aperçus jusqu'ici. Une réussite !

L'arbre de vie des Sylvaris. Qui a dit l'arbre Mana ?

Fans de Nicolas le Jardinier

Non loin de Rata Sum, la grande ville de ces petits génies, se trouve le Bosquet, une forêt dense où sont nés les plus jeunes habitants de la Tyrie, les Sylvaris, des homme-plantes cherchant à imiter la morphologie humaine, appelés par le Rêve pour sauver la Tyrie des menaces imminentes la menaçant. Ces derniers sont la vraie grosse surprise de cette beta. Tout le monde s'attendait plus ou moins à voir des sorte d'elfes 'végétaux', mais le rendu final est beaucoup plus réussi que cela. Les avatars ont vraiment ces traits distincts, cette touche artistique faisant d'eux des êtres à part. Que ce soit par les feuilles, les branches, ou même les champignons, les éléments qui façonnent leurs corps leurs donnent une personnalité très affichée, tantôt féérique, tantôt maléfique, tout en embrassant une forme générale très "manga", avec des coupes de feuilles (et non pas de cheveux) dignes des animés les plus classiques. Ce mélange des genres les rend à la fois originaux et plaisants. Quand à leur zone de départ, une forêt colorée, chamarrée même, qui pourra rebuter les réfractaires aux contrastes, mais qui n'est pas sans rappeler Pandora, la planète des Schtroumphs d'Avatar. Les thèmes qui les accompagnent, mélancoliques à souhait, ne sont pas sans rappeler le travail de Kikuta à l'époque sur Secret of Mana. C'est dire le niveau d'inspiration pour les thèmes musicaux.

Les nouvelles zones et capitales sont éblouissantes.

Ça et là !

Il fut plus facile d'envisager ce qu'allait être le jeu final au cours de cette beta qui sentait quand même beaucoup le produit fini. Peu de bug, un système de combat qui commence à vraiment montrer un énorme potentiel, très nerveux, très intuitif. Guild Wars 2 semblent sur les rails pour le 28 aout. Ajoutez à cela la cerise sur le gâteau: les mini-jeux. Guild Wars 2 nous donne l'impression d'un énorme parc d'attraction, avec des manèges plus ou moins à vos goûts, mais où vous avez envie d'essayer au moins une fois chacun d'entre eux. Ainsi, pour les fans de jeu de sport - ou de baston - des matchs de "Keg Brawl" étaient accessibles, sorte de foot américain en plus basique et plus brutal, où deux équipes doivent amener un tonneau vers la ligne adverse en mettant des quiches à tout va, ou en renversant de la bière sur un lac déjà gelé. Rajoutez à cela les nouveaux 'jumping puzzle' (en plus des vrais jumping puzzle encore plus durs) appelé vistas, des cinématiques panoramiques à collectionner, accessibles généralement après avoir résolu un mini jumping-puzzle. J'en passe et des meilleurs, ArenaNet a annoncé des dizaines de mini-jeux de ce calibre à la sortie de leur bébé, qui s'ajoutent encore aux choses à faire, dans un univers déjà gigantesque.

Faire la queue au plongeoir avant de tenter un salto, une consigne de sécurité essentielle.

L'ombre d'un défaut ?

Vous me demanderez: quels sont les défauts de Guild Wars 2 ? Au-delà de ceux déjà exposés précédemment (à savoir que certains choix dans les mécanismes de fond du jeu ne plairont pas aux joueurs qui veulent quelque chose de trop proche de World of Warcraft), la réalisation technique, aussi magnifique soit-elle, semble n'être pas encore optimisée pour certains processeurs et certaines cartes graphiques. Apparemment, les possesseurs de cartes Nvidia semblent être privilégiés, du moins pour l'instant. Nous ne nous souvenons pas d'une seul MMO RPG qui fût parfaitement optimisé de ce côté là à sa sortie. Ceci est bien dommage, car le jeu tourne effectivement à merveille sur certaine configuration très modeste. Autre problème, les fameux serveurs 'overflow' déjà mentionnés (des serveurs de secours vers lesquels les joueurs sont envoyés quand une carte est déjà saturée), mais l'option pour rejoindre le même serveur que les autres membres de son groupe à été ajoutée, donc le problème est lui aussi majoritairement réglé.

Des jumping-puzzle parsèment la Tyrie.

Test de QI pour les joueurs ?

Non, le seul problème qui apparût pouvait être celui de la communauté, comme dans tout MMO, vous me direz. Étant sur des serveurs anglais pour les deux BWE précédents, nous avons constatés un climat agréable et altruiste. Mais nous avons décidé, monumentale erreur, de tester un serveur français pour cette dernière beta, et là, ce fut le déluge d'insulte, de 'trolling', de complaintes pour tout et rien; certains échanges ont même bifurqués sur un débat sur l'antisémitisme latent chez les Sylvaris, totalement hors de propos, et pourrissant un peu l'ambiance générale. L'apothéose fut atteinte avec l’événement final de beta, une remix de Hunger Games et Battle Royale (appelé justement Hunger Royale), où la majeure partie des joueurs hurlaient et s'insultaient parce qu'il n'y avait pas de gros dragon impressionnant, et rageaient parce qu'ils n'avaient pas compris l'enjeu de l'event. Je suis triste de le dire, mais j’eus honte de cette partie de la communauté des joueurs français à ce moment-là. On ne peut qu'espérer que cette même partie de la communauté, déçue que Guild Wars 2 ne soit pas comme World of Warcraft ou Dofus, retourne vite pourrir d'autres horizons vidéo-ludique. Le défaut du jeu réside dans le fait que malgré tous ses efforts, ArenaNet n'a pas totalement réussi à endiguer l'individualisme et l'agressivité de certains joueurs. Il y aura toujours des casse-pied.

Chaque moment du jeu semble être tiré d'une peinture. Du grand art.

Dernières impressions avant terme

Ces petits défauts ne représentent qu'une infime partie de l'expérience de ce dernier week end beta, qui fini de confirmer que Guild Wars 2 marquera une nouvelle étape dans l'élaboration des MMORPG. On peux ne pas aimer certains choix pris, la différence affichée et revendiquée par rapport à la concurrence, mais les qualités techniques et artistiques sont indiscutables: il y a un travail de dingue derrière ce jeu, ça se sent, une touche unique et envoutante, une dimension particulière, une aura. Ceux qui voulaient enfin autre chose resteront, ceux qui ne veulent que ce qui a existé jusque-là passeront leur chemin, mais que ce soit par l'apport d'idées nouvelles, la fraicheur générale qui en découle, le niveau exceptionnel de qualité, Guild Wars 2 est un tournant du MMO et du RPG, comme l'éditeur le prônait, le retour du RPG dans le MMO. Ni plus ni moins. Et le tout pour ? Nada, Que Chi ? Rien du tout par mois ? Un cash-shop qui ne mange pas de pain et qui n'est en rien obligatoire? Beaucoup vont devoir revoir leur copie après ce jeu, qui prouve qu'il n'est pas nécessaire de débourser une fortune pour jouer à un titre de qualité. Tout, après cette beta, a un goût fade. Electronic Arts a beau m'offrir des mois de The Secret World ou de Star Wars : The Old Republic, j'ai gouté depuis peu à un produit d'une qualité tellement supérieure, les jours se suivent dans l'attente d'une nouvelle dose de cette drogue numérique que je souhaite m'infiltrer par intra-rétinienne jusqu'au point de non retour. Est-ce que l'on peut encore appeler ça de l'enthousiasme ?