Pas de (bonne) surprise pour la X360

16 déc. 2005

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En misant sur une sortie bien coordonnée et surtout extrêmement bien marketée, Microsoft s'attendait à un succès planétaire pour sa Xbox 360. Le résultat est plutôt inégal : aux États-Unis et en Europe la console a bien fonctionné, conformément aux prévisions. La rupture de stock orchestrée par le constructeur est survenue quelques jours après le lancement, et la bête est désormais l'objet de toute les convoitises.

Mais un petit pays d'irréductibles résiste à la suprématie américaine. En effet, si Microsoft n'a jamais rencontré de vif succès au pays du soleil levant, cette fois-ci les résultats sont plus que décevants, pires que ceux du lancement de la Xbox première génération en 2001.

Vous l’avez sans doute remarqué, ceux qui ne se sont pas jeté sur le "centre de loisir" de Microsoft les jours qui ont suivi sa sortie auront bien du mal à en trouver aujourd’hui. Bien entendu, cette pénurie est une formidable occasion de faire grimper le désir que suscite la machine, bien au delà de sa valeur réelle. Le problème c’est que cette technique a le don de développer le marché parallèle : E-bay est logiquement en train de devenir aux Etats-Unis un réseau de distribution majeur pour la Xbox 360, avec des enchères débutant à 600 dollars et frôlant parfois les 1300 billets verts, pour un prix de vente en magasin de 400 dollars...

En France, les ventes ont été conformes aux attentes, et très vite n’est resté en rayon que le modèle dépouillé de la console, la version "Core", avec uniquement un manette filaire comme accessoire, pour près de 300 euros. Les magasins devraient être réapprovisionnés avant Noël.

Un petit sondage avait été fait au moment de l’E3 auprès des visiteurs japonais pour connaître leurs intentions d’achat concernant les consoles next-gen. Seuls 23% des interrogés se sont déclarés près à faire l’acquisition d’une Xbox 360. Malgré tout, et en gardant à l’esprit l’échec du lancement de la première génération, Microsoft avait prévu une première vague de 150 000 machines. Ce nombre semblait réaliste puisque en 2001 la console s’était vendue à environ 130 000 exemplaires les deux premiers jours. Mais les japonais sont taquins. Ce ne sont en fait qu’environ 50 000 systèmes qui ont trouvé acquéreur, soit le tiers des prévisions, en trois jours.

Si le légendaire chauvinisme japonais est sans doute une des raisons de ce désastre, ce n’est pas la seule. En effet, le constructeur s’est débrouillé pour fournir aux premiers consommateurs de jeux vidéo au monde le pire line-up de la planète. Avec seulement 5 jeux au programme, on comprend la déception, d’autant qu’aucun RPG n’était au menu, et que Dead or Alive 4 devrait encore se faire attendre quelques temps.

Au global, Microsoft devrait quand même remporter son pari : vendre près de 1,8 millions d’Xbox 360 en 2005. Quand on pense que la PS3 avait remporté l’intention d’achat de 70% des japonais, on comprend que la guerre des consoles ne fait que commencer.