Metroid Other M : je t'M moi non plus

09 sept. 2010
Testé par sur
Disponible sur
2
  • Éditeur Nintendo
  • Développeur Team Ninja
  • Sortie initiale 3 septembre 2010
  • Genre First Person Shooter

Cette union Team Ninja/Nintendo n'est en fin de compte pas aussi grandiose qu'espérée. Difficile de leur reprocher une certaine stagnation. Au contraire, Metroid : Other M ose apporter du sang neuf à la série en proposant un gameplay certes dynamique mais pas forcément adapté à Samus. Le background travaillé et les longues cinématiques sont autant de bons points noircis par d'autres qui prennent malheureusement le dessus au final. Trop austère, jouissant d'un design pas très sexy, ce Metroid laisse un arrière goût dans la bouche. Un soft qui laisse un peu de côté l'exploration (du moins sur le premier run) pour se concentrer sur l'action. Honnête mais les fans étaient en droit d'attendre davantage...

Licence phare de la firme de Kyôtô, Metroid est loin d'être sous représentée sur Wii. Après pas moins de trois épisodes en vue à la première personne, la série prend un autre tournant sous la direction de la Team Ninja. Co-développé par des ex membres responsables des Dead Or Alive et Ninja Gaiden, Metroid : Other M arrive-t-il à magnifier la série comme Metroid Prime a pu le faire en son temps sur Game Cube ? Le verdict sans plus attendre.

Que serait un Metroid sans un compte à rebours bien stressant?

Ripley Aran

Si Metroid : Other M est le dernier né d'une saga entamée en 1986 sur NES, il se situe entre Super Metroid et Metroid Fusion d'un point de vue narratif. Tel Ellen J.Ripley dans la franchise Alien, Samus Aran a développé une sorte de relation maternelle avec la larve métroïde lui ayant sauvé la vie. Cette relation était évidemment plus sous-entendue que véritablement montrée par le passé, le personnage n'ayant jamais (ou très peu) parlé. Un mutisme qui d'ailleurs ajoutait grandement à l'aura mystique se dégageant de la belle. Premier changement notoire dans la série donc : Samus nous fait part de ses pensées en long et en large (là où elle ne faisait que répondre à certains ordres dans Metroid Fusion par exemple). L'occasion d'en apprendre un peu plus sur la miss tandis qu'elle retrouve son ancien supérieur Adam Malkovitch dans une station de recherche non loin de là...

La qualité des cinématiques est de loin supérieure à celle du moteur ingame.

Là-haut dans l'espace...

L'utilisation abondante de cinématiques constitue le premier choix à double tranchant de cet épisode. Plutôt jolies, ces cut scenes supervisées par Ryuji Kitaura du studio D-Rockets étoffent agréablement le background de la licence et permettent d'approfondir la psychologie des personnages. Quel dommage cependant que la personnalité forte de Samus passe à la trappe. Étant une chasseuse de prime avant tout, il était normal d'imaginer un caractère bien trempé à son égard. Que nenni ici. L'héroïne apparaît comme fragile voire vulnérable face à son ex boss, quand ce n'est pas totalement niaise par moments. La qualité des doublages anglais (ceux dans la langue de Molière sont définitivement à éviter) reste de bonne facture même si le tout sonne un peu trop comme une série B des années 80. Des voix japonaises auraient été les bienvenues mais il faudra faire sans.

Un exemple de finishing move classieux.

...la guerre est sublime

Le second coup de pied dans la fourmilière intervient sur le plan du gameplay. Qui dit Team Ninja dit bien entendu action. Si le soft est en 3D, son déroulement rappelle grandement les épisodes 2D d'antan. Dans les faits, vous n'utilisez que la wiimote à l'horizontale. Comme dans Super Paper Mario, pointer celle-ci vers l'écran permet de découvrir quelques informations secrètes. C'est également par ce biais que vous passez en vue subjective. Le gameplay rompt donc brutalement avec celui des Metroid Prime et des Metroid 2D. C'est un peu un mélange des deux, ce qui ne plaira pas forcément à tout le monde. L'avantage de cette formule tient indéniablement à son apport dynamique. Samus n'a jamais été aussi agile et rapide. Cela surprend même au début tellement vous pouvez traverser des couloirs entiers en quelques secondes seulement. De plus, plusieurs finishing moves permettent de rendre les combats plus cinématographiques qu'avant.

La visée est quasi automatique tout au long de l'aventure.

Metroid or Alive

Comme dans tout bon VS Fighting, une grande partie de la réussite de vos mouvements réside dans vos aptitudes d'esquive. Tourner autour de votre ennemi afin d'éviter ses assauts permet ainsi de charger votre rayon d'emblée afin de porter un coup décisif. Sauter sur vos assaillants en ayant votre charge remplie au maximum est aussi un moyen efficace pour annihiler tout danger. Au bout du compte, la variété du bestiaire et des situations fait que les affrontements sont sympathiques. Quant au design des bestioles c'est une autre histoire... Leurs couleurs criardes (mention spéciale au petit boss reptile ultra violet comme dirait Milla Jovovich) ne sont pas du plus bel effet. Pirates de l'espace et autres Chozos versions Game Cube étaient diablement plus classes que bon nombre d'ennemis présents dans ce nouvel épisode.

La fin approche : la fuite s'impose...

A l'ancienne, NES pas?

La difficulté de Metroid : Other M est davantage liée à un level design crapuleux qu'à des ennemis foncièrement coriaces ; du moins pendant les premières heures de jeu (le soft se bouclant en 10 à 12 heures). Concrètement, il n'est pas rare de se retrouver coincer pour une broutille. Dans certains endroits restreints, il faut en effet bien penser à utiliser le peu d'informations à votre disposition pour trouver la faille : carte, objets récemment acquis... L'élément logique faisant avancer l'aventure (comme une fissure à faire exploser en boule morphing par exemple) n'est pas forcément évident à trouver.

Niveau ambiance, ce Metroid fait également moins bonne impression que ses confrères. La solitude ressentie est surtout due à l'austérité des environnements. L'atmosphère très 'fin du monde' propre à la série n'est pas aussi présente que dans Metroid Prime ou Super Metroid par exemple. La faute aussi aux compositions, trop peu présentes et marquantes. Un mot enfin sur les séquences plates-formes de cet épisode. Là aussi, difficile d'être véritablement emballé. A cause d'une caméra imparfaite, les sauts demeurent un peu trop imprécis lors de certains passages comme dans le premier environnement de lave.
Les Plus
  • l'étoffement du background de la série
  • la bonne durée de vie
  • les jolies cinématiques
Les Moins
  • le design très 'sentai' des ennemis
  • l'aspect recherche moins mis en avant
  • les grosses carences techniques
  • le gameplay le cul entre deux chaises
  • le bestiaire moins marquant qu'avant