Sacred 2 : Fallen Angel à l'épreuve des clics

28 oct. 2008
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Au final, Sacred 2 : Fallen Angel est la digne suite de Sacred. Le gameplay est globalement identique : les fans ne sont pas dépaysés. La mise à jour graphique est somptueuse, mais les bugs font malheureusement eux aussi partie de l'héritage. Ainsi, le manque de finition du titre est indéniable. Il constitue son seul vrai point noir. Cependant, Ascaron semble être très réactif et nul doute qu'au fil des patches, la situation va s'améliorer. Grâce à la multitude de quêtes optionnelles à réaliser et la forte cohérence du monde d'Ancaria, les fans de jeu de rôle peuvent se laisser tenter par l'aventure. Les inconditionnels de hack'n'slash, quant à eux, seront ravis de trouver de quoi patienter avant le retour prochain du maître du genre, Diablo III.

Après une certaine traversée du désert suite à la sortie de Diablo 2 puis de Sacred, le hack'n'slash - ces jeux caractérisés par le clic incessant de la souris - a connu un certain renouveau. La sortie de l'excellent Titan Quest et de son extension a redonné ses lettres de noblesse au genre, suivi par d'autres titres un peu moins classiques comme Silverfall et son extension, ou Avencast. C'est au tour maintenant de Sacred 2 : Fallen Angel de raviver la flamme. Commandez d'urgence une nouvelle souris, Ascaron vous livre son dernier diablo-like.

Le choix d'une divinité parmi six lors de la création de votre héros vous octroie une compétence spéciale.

La destinée du monde est entre vos mains

Les faits se déroulent sur les terres d'Ancaria, 2 000 ans avant l'intrigue de Sacred. Dans ce monde, l'énergie T est l'origine de la vie, de la magie et de la technologie. Mais cette force mystérieuse, enjeu d'un conflit entre les différents peuples, a finalement échappé à tout contrôle et commencé à ravager Ancaria en causant des mutations chez les êtres vivants. Il est temps à présent d'empêcher le monde de s'effondrer dans le chaos, ou au contraire d'en précipiter la chute. C'est vous qui allez en déterminer l'issue en choisissant un héros qui va œuvrer soit pour le Bien, soit pour le Mal. Le séraphin, sorte d'ange excellant dans la maîtrise des armes, de la magie divine et de la technologie, fait son grand retour. Il est accompagné par cinq nouveaux personnages. Le guerrier de l'ombre est un mort-vivant doué dans le combat rapproché et les invocations morbides. La dryade est experte dans le combat à distance, le vaudou et la magie de la nature. L'inquisiteur est un prêtre maléfique habile au combat et disposant de puissants sorts de magie noire. Le haut elfe étudie la magie élémentaire, que ce soit le feu, la glace ou la foudre. Le gardien du temple, pour terminer, est un cyborg archaïque maîtrisant à merveille l'énergie T. Tous ces combattants disposent d'arts de combat propres, répartis dans trois aspects, qui s'apprennent au moyen de runes spécifiques. Ces arts de combat peuvent être améliorés au fil de l'aventure afin de vous rendre de plus en plus puissant.

Les objets nommés en vert, c'est à dire les objets de "set", représentent le butin ultime.

Hack'n'slash...

Le jeu est clairement un diablo-like. Les monstres sont très nombreux et les cartes sont densément peuplées. Inutile de courir sur de longues distances pour croiser un gros groupe d'ennemis à taillader. Quelques coups ou sorts plus tard, tout ce petit monde est face contre terre, et après quelques pas à peine, c'est au tour du "paquet" suivant d'affronter votre personnage. Cela devient rapidement assez nerveux et jouissif lorsque votre héros se bat au corps à corps, un peu moins lorsqu'il est adepte de la magie, puisqu'une certaine inertie se fait toujours sentir lorsque vous lancez vos sorts. Votre seule préoccupation est de martyriser le plus d'adversaires possible afin de gagner suffisamment d'expérience pour progresser d'un niveau. A chaque passage au niveau supérieur, vous augmentez automatiquement un certain nombre de vos caractéristiques (force, dextérité, vitalité, endurance, intelligence ou volonté) selon la classe choisie. Un guerrier de l'ombre voit par exemple sa force sensiblement augmentée, alors que c'est surtout l'intelligence qui est privilégiée chez le haut elfe. Afin de pouvoir tout de même choisir ou modifier l'orientation de votre héros, il vous reste aussi un point à dépenser librement dans les dites caractéristiques. De plus, d'autres points sont également à répartir à votre guise dans des compétences, comme la maîtrise de l'épée, la connaissance de la vitesse, la maîtrise de la magie, etc.

Les portails servent à se déplacer rapidement de ville en ville, et les monolithes à sauvegarder la position.

... ou Action-RPG ?

Comme à l'accoutumée, cette partie hack'n'slash est rythmée par une histoire principale obligatoire. Malgré le choix proposé lors de la création du personnage (campagne de la Lumière ou campagne des Ténèbres), celle-ci se révèle très classique et finalement peu intéressante. Elle n'est en fait qu'un prétexte à des changements de lieux et d'ennemis pour éviter que la lassitude ne s'installe. Par ailleurs, là où les autres titres du genre offrent quelques quêtes annexes pour diversifier un peu l'aventure, Sacred 2 en propose beaucoup. Mais vraiment beaucoup. A la limite de l'overdose. Les fans d'action-RPG vont être aux anges : ils peuvent passer leur temps à tenter d'accomplir la totalité de ces quelque 500 quêtes secondaires, qui vont de l'escorte de personnages à l'élimination de monstres spéciaux, en passant par la récupération de certains objets ou l'acheminement de diverses marchandises d'un point à un autre. Dans ce cas, vous restez beaucoup plus longtemps au même endroit, et votre avatar progresse quand même plus lentement que celui d'un joueur qui ne s'attache qu'à la quête principale, et éventuellement aux quêtes annexes qui sont sur son passage. Sacred 2 offre finalement un gameplay à deux vitesses selon le style de jeu que vous préférez : des combats non-stop, bien moins mous que dans Sacred, ponctués d'objets fantastiques à ramasser, ou une aventure moins frénétique, tournée vers l'accomplissement de quêtes et où les combats ne sont pas une finalité en soi.

La dryade est encore plus dangereuse lorsqu'elle chevauche son lézard de combat.

Un monde beau et ouvert

Le monde d'Ancaria est très vaste puisqu'il s'étend sur environ 70 km². Les environnement sont très variés et fourmillent de détails. Les habitants ont leur vie propre et vaquent à leurs occupations au fil de la journée. Le cycle jour-nuit est implémenté, et divers effets météo rendent l'ensemble très vivant. Le passage en 3D est une réussite. La caméra, disponible en trois configurations (fixe, poursuite, libre), peut dans tous les cas être pivotée vers la gauche ou vers la droite. C'est d'ailleurs une nécessité, puisque quelques portes ou monstres sont parfois cachés par un élément du décor. Certains personnages ont une animation légèrement robotisée, mais leur rendu est tout de même très agréable à l'œil. Le seul problème est qu'ils ne se détachent pas assez du décor, ce qui peut rendre les combats au corps à corps parfois un peu brouillon. Heureusement, certains effets sont désactivables (cercle entourant l'ennemi ciblé, buff, etc.) pour améliorer la lisibilité. Chaque personnage peut avoir une monture classique (cheval), mais aussi une monture spécifique (un tigre à dents de sabre pour le séraphin, une araignée pour l'inquisiteur, etc.) sur laquelle d'autres arts du combat sont disponibles. Au niveau de la bande sonore, les musiques n'ont rien d'exceptionnel mais le doublage français est de qualité. L'humour est d'ailleurs très présent. Ne soyez donc pas surpris si vous entendez la dryade s'écrier : "Vous les orcs, c'est pas le dentifrice qui plombe votre budget !"

Le pack "hautes textures" présent dans la version collector uniquement cause lui aussi certains problèmes d'instabilité.

Une plétore de problèmes

Sacred 2 souffre des mêmes affres que son aîné en ce qui concernent les bugs. Ceux-ci sont présents sous différentes formes : enchevêtrements de textures, problèmes de collisions héros-ennemis, blocages de certaines animations ou de certains sons en boucle, chutes soudaines de framerate, arts du combat qui ne fonctionnent pas, retours sur le bureau Windows, etc. Certains de ces problèmes ont été corrigés par le biais d'un premier (gros) patch suivi d'un premier hotfix, mais il reste encore beaucoup de travail aux développeurs. Et que dire du deuxième hotfix qui, au lieu de corriger les problèmes, en recrée d'autres ! En ce qui concerne la partie multijoueur, séparée en ouvert (sauvegarde sur les ordinateurs des joueurs) ou fermé (sauvegarde sur les serveurs), elle est sur le papier très prometteuse. Elle est néanmoins elle aussi victime de nombreux bugs ou problèmes qui s'ajoutent à ceux déjà cités : nombreuses erreurs lors de la création de partie (erreur 64, 221, et compagnie), difficultés à jouer le soir, lag très marqué, erreurs de sauvegarde, etc. Par ailleurs, certains points sont assez mal pensés et mériteraient une correction. Par exemple, lorsque vous ouvrez la mini-carte (celle qui est détaillée), il est impossible de la déplacer pour voir l'intégralité du chemin à parcourir, alors que c'est possible avec la carte du monde. Par contre, le jeu propose aussi certains plus, comme la présence d'un coffre commun à tous vos personnages, idéal pour transférer les objets d'un héros à l'autre.
Les Plus
  • Un monde vaste, ouvert et cohérent
  • Un gameplay plus nerveux que le premier volet
  • Une multitude de quêtes secondaires
  • La présence de serveurs fermés
Les Moins
  • Des bugs à foison
  • Internet obligatoire pour l'activation du jeu