Death to Spies : l'efficacité discrète

02 janv. 2008
Testé par sur
Disponible sur
3
  • Éditeur 1C
  • Développeur Haggard Games
  • Sortie initiale 21 septembre 2007
  • Genre Action

Death to Spies ne mérite pas la note maximum à cause de son aspect graphique un peu dépassé. Mais le jeu vous prend au tripes, vous donne sans cesse l'envie de trouver l'entrée-de-derrière-qui-permet-de-choper-le-bon-u niforme. Alors vous continuez, faites des sauvegardes et chargements rapides. Vous le comprenez, sans être un monstre, le titre est vous permet de vivre une histoire intéressante qui vous occupera un bon moment.

En éditant Death to Spies, Nobilis prend le risque de se voir comparé aux ténors du jeu d'infiltration. Ces derniers sont reconnus pour utiliser une technique hollywoodienne et des scénarios extravagants. Death to Spies, quant à lui, ne joue ni la carte des effets visuels et encore moins celle de l'originalité : l'action se passe - encore - durant la Seconde Guerre mondiale. Mais la subtilité de l'histoire est que vous abordez le conflit dans le rôle d'un espion. Ainsi vous avez à disposition une belle immersion et pour ne rien gâcher un degré de difficulté revu à la hausse. Faites donc le détour.

Même correctement vêtu, vous n'êtes pas à l'abri.

Se travestir peut se révéler bénéfique ...

En tant que membre actif du contre-espionnage Russe, vous n'avez de cesse de vous infiltrer derrière les lignes allemandes piocher ça et là des informations vitales. Mais à trop jouer avec le feu vous finissez par vous brûler. Et c'est en décrivant à votre geôlier votre histoire que vous la découvrez au travers d'une dizaine de niveaux. Le programme des activités est vaste : vols de papiers, kidnapping ou libération de prisonniers font partie de votre quotidien. Ici, nul question de sauter le long des couloirs le lance-roquette à la main. C'est plutôt en faisant profil bas et en détournant le regard que vous parvenez à vos fins. Vous devez souvent faire preuve d'ingéniosité pour obtenir ce que vous voulez, mais la clé de tout est le déguisement et la discrétion. Démonstration.

Prenez votre temps.

Plus un bruit

Bien vite vous cessez de jouer les Sam Fisher, avançant centimètre par centimètre tapi dans le noir. L'idéal est de repérer dés le début de niveau un garde solitaire. Attrapez-le par derrière, puis étouffez-le ou endormez-le au chloroforme. Une fois son corps placé dans un coin d'ombre, échangez vos vêtements. Faites attention au moindre détail, car une arme à l'épaule inadaptée ou un sac à dos en bandouillère trop bruyant et vous voila démasqué. Si vous réussissez votre coup, au contraire, vous évoluez librement au milieu du camp ennemis. Ou presque. En effet, certains gardes et surtout les officiers vous repèrent de loin. Les éviter relève de la séance de jonglage : vous vous faufilez entre les champs de vision. Vous calculez en observant longuement les va-et-vient de vos ennemis et foncez au bon moment, souvent sans retour possible. Le tout est matérialisé par une carte en surimpression qui indique vous donne les informations nécessaires. Votre cœur bat, le jeu est bon.

Utiliser votre arme est totalement optionnel.

Tout en douceur

Ici point d'explosions démesurées, mais des séances de bonne intensité cardiaque sont proposées. Les décors sont correctement texturés et les ennemis assez finement modélisés, seule leur animation pèche. Cependant, elle colle au modèle strict de démarche que l'on prête aisément aux soldats nazis. Le point intéressant dans les intérieurs du jeu est au final la gestion des jeux de lumière. Même si vous ne jouez pas avec aussi finement que dans un Splinter Cell, force est de constater qu'elles en rajoutent à l'ambiance bien rendue. Les extérieurs sont clairs, et offrent de beaux espaces de jeu. A l'identique, ils présentent de nombreux endroits où, rampant, vous allez trouver le calme nécessaire à la réflexion. Chaque coup de feu est mortel. Comprenez qu'au moindre tir entendu ou même au premier de vos comportements suspects les gardes voient rouge. Ils mettent plus ou moins de temps à se calmer, mais en général vous faites mieux de recharger un point de sauvegarde. Notez qu'en mode de difficulté maximale, l'alarme est maintenue jusqu'à la fin du niveau. Cela rend quasi impossible la progression, c'est parfait donc.

Certaines scènes sont intrigantes.

Un jeu qui gagne à être connu

L'IA peut se montrer surprenante, voire même imparfaite, mais elle est tout de même un cran au dessus de ce qui à pu être fait jusque là. Certes, les gardes en alerte ne vous laissent pas la moindre chance. Certes, ils décèlent votre sac à dos communiste alors que vous conduisez un camion. Admettons qu'ils sont nerveux de la gâchette. Mais c'est néanmoins leur comportement, souvent exagéré, qui apporte cette touche de réalisme au titre. Ajoutez à la panoplie des actions disponibles la possibilité de piéger les cadavres ou les portes. Crochetez les serrures pour ouvrir des coffres-forts ou cachez vos prisonniers dans un camion. Vous obtenez alors une expérience qui même sous des aspects graphiques qui datent un peu, colle parfaitement à son univers. Au final, vous passez un bon moment. Mission accomplie.
Les Plus
  • Un scénario assez captivant
  • Un level-design remarquable
  • Des scripts bien pensés
  • Une ambiance qui incite à continuer
Les Moins
  • Des textures et animations parfois douteuses
  • Les réactions uniques des gardes