Spider-Man 3 s'emmêle

07 juin 2007
Testé par sur
Disponible sur
2
  • Éditeur Activision
  • Sortie initiale 2 mai 2007
  • Genre Action

Malgré un système de combat pénible, les nombreux objectifs proposés donnent envie de poursuivre l’aventure. A vous de parcourir la ville pour accomplir des missions tirées du film ou non. Tour à tour, vous enquêtez en prenant des photos de malfrats, vous vous promenez avec Mary Jane dans les bras, vous désamorcez les bombes du Plastiqueur Fou. Il y a assez de quoi vous occuper et vous faire oublier l’ampoule qui gonfle sur votre index gauche à chaque combat. C’est peut-être les cinématiques et les dialogues qui auront raison des plus persévérants d’entre vous. L’écriture de ces séquences est calamiteuse et assortie d’une interprétation encore plus mauvaise. La version française aurait été pardonnable s’il avait été possible de passer le jeu en anglais pour retrouver la voix de Tobey Maguire. La modélisation des personnages fonctionne très bien lorsqu’il faut les rejoindre depuis le sommet d’un immeuble. Dans un plan serré, ils ressemblent à des zombies, indignes d’une plateforme de génération actuelle. L’ajout de gangs et de personnages absents du film est une bonne idée. Ceux-ci manquent toutefois de charisme et il faut plusieurs heures de jeu avant de rejoindre l’intrigue du film. Bref, ne comptez pas sur l’histoire pour vous motiver, c’est un fiasco et un comble pour une adaptation de cinéma. Treyarch est parti de bases solides avec les épisodes précédents et a rajouté de nombreuses bonnes idées. Mais le manque de finition global fait trop sentir l’urgence dans laquelle il a été développé. Au final, Spider-Man 3 est à réserver aux fans de l’homme araignée prêts à accepter de nombreuses imperfections pour quelques bonnes idées. Les autre attendront une nouvelle adaptation digne de la licence, une des plus prometteuse qui soit.

Certains ont été agacés d'assister au retour de l'araignée au cinéma. Elle ne serait plus aussi vive qu'avant disent-ils. Les joueurs eux attendaient le premier Spider-Man nouvelle génération avec appréhension. La qualité de la précédente version laissait espérer beaucoup de ce Spider-Man 3. De toute évidence, le temps a manqué à Treyarch pour tisser une toile capable d'attraper les aficionados. La sortie du jeu simultanée à celle du film donne un résultat en demi-teinte.

Le costume noir vous rend plus puissant.

Continuer le film

Vous sortez de la salle obscure. Vous revenez dans votre monde. Pourtant, dans votre tête vous vous balancez encore de gratte-ciel en gratte-ciel, vous embrassez Kirsten Dunst. Le film vous pousse à l’identification : Peter Parker a une mine aussi minable que la vôtre, ses problèmes personnels sont universels. Le grand écran a eu raison de votre esprit critique, vous vous êtes pris pour un homme-araignée. Mais rien à faire, vous avez beau vous tordre les poignets pour projeter les filins qui vous permettraient de rentrer chez vous en moins de deux, rien ne sort. Vous apercevez sur le retour une boutique de jeux vidéo arborant en vitrine une affiche de Spider-Man 3. Ne serait-il pas possible de retrouver les sensations imaginées ne serait-ce que l’espace d’un court instant ? C’est idiot, mais à ce jour il n’y a pas mieux que les jeux pour vous mettre à la place des héros de cinéma. Vous ne demandez qu’à y croire, c’est tout. Vous sentir virtuose, puissant, rapide et glorieux. Un cahier des charges tout ce qu’il y a de plus simple pour un développeur à première vue. D’autant plus que la licence Spider-Man n’en est pas à sa première itération, avec notamment un deuxième volet qui a su mêler un environnement et des missions ouvertes à la GTA et des pouvoirs arachnéens hors du commun. Aujourd’hui, Spider-Man explore sa face obscure et se découvre une puissance encore plus grande. Malheureusement, la face obscure de Spider-Man 3 n’est pas celle espérée.

Le rodéo à dos de voiture est épique mais répétitif.

Le bonheur est entre les gratte-ciels

Lorsqu’il s’agit de se suspendre d’immeuble en immeuble et de parcourir la ville dans les airs, rien à redire, ça marche. Prendre de la hauteur et gagner de la vitesse requièrent un rythme qui s’apprend facilement et très rapidement vous vous y croyez. Il vous faut faire attention à toujours avoir un immeuble au-dessus de vous, sans quoi c’est la chute. Mais avec un minimum d’entraînement vous rattrapez n’importe qui en course et parvenez à atteindre tous les sommets. S’accrocher au façades et même courir à la verticale vous permettent d’explorer la ville en long, en large et en hauteur. Et il faut reconnaître que de ce côté il y a de quoi faire. Il suffit d’appuyer sur le bouton de pause pour s’en apercevoir. La caméra recule depuis votre point de vue à échelle humaine pour atteindre un plan haut dans le ciel qui cadre la moitié de Manhattan, sans chargement. Cet impressionnant travelling met en valeur la taille de la ville et donne envie de tout explorer. Cela vous permet de marquer vos objectifs et de traquer les crimes perpétrés dans tout New York. Il faut cependant vous conseiller de ne pas être trop curieux : ne tentez pas de rejoindre Harlem ou Brooklyn par les ponts, vous tomberiez sur du vide dans lequel la circulation poursuit sa route sans broncher. Un bug pareil casse la magie et laisse présager du temps qu’a eu Treyarch pour peaufiner son jeu avant la sortie du film : certainement très court. C’est dommage car la déambulation à coups de toile est vraiment le point fort du titre.

Les boss mèlent les QTE aux combats.

Une avalanche de coups qui laisse KO

Dès que vous pénétrez à l’intérieur, rien ne va plus. Les séquences dans les bâtiments, le métro et les égouts ne proposent que peu de variété : il s’agit avant tout de se battre. Ce que ce Spider-Man là a en commun avec les super héros, c’est la variété de coups. Avec seulement trois boutons, vous pouvez lancer un nombre impressionnant d’attaques. C’est d’autant plus intéressant que celles-ci sont remportées après chacune des missions, ce qui motive à progresser. La diversité du visuel n’apporte malheureusement pas de diversité dans votre façon d’appréhender les situations. Difficile de ne pas se mélanger vu la pléthore de combinaisons, ce qui au final ne change pas grand-chose. Vous passez le plus clair de votre temps à le ralentir grâce à un pouvoir acquis très tôt car il permet d’esquiver les attaques adverses. Cette capacité peut être utilisée si souvent que votre index gauche risque d’en garder la trace. Pour le reste, vous mêlez coups de pieds, coups de poings et attaques de fils, en ajoutant de temps en temps des attaques spéciales lorsque vous portez le costume noir. La difficulté de certains combats, les mouvements de caméra impromptus et la répétitivité du martèlement de boutons en font une expérience plus pénible qu’autre chose. Pire : vous n’avez pas l’impression d’être un super héros mais bien l’adolescent paumé tentant de se débattre avec des pouvoirs trop complexes pour lui. Ajoutez à cela des séquences d'appuis sur des touches à un rythme précis (Quick Time Event) similaires à ceux que l'on trouve dans Shenmue et God of War, mais mal réglés. Vous avez le sentiment d’être un super zéro.
Les Plus
  • Les sensations aériennes
  • La taille de Manhattan
  • Quelques bonnes idées
Les Moins
  • Une réalisation médiocre
  • Les combats laborieux
  • De mauvais dialogues
  • La difficulté en dents de scie