Let's Make a Soccer Team, simulation de Bernard Tapie

10 oct. 2006
Testé par sur
Disponible sur
1
  • Éditeur SEGA
  • Sortie initiale 25 août 2006
  • Genre Sport

La saison est terminée. Mon OM termine dans le ventre mou de la L2 au treizième rang. Beaucoup de fans sont mécontents. Mais les ventes de produits dérivés restent stables. Contrairement à Football Manager ou même PES Management, Let's Make a Soccer Team n'arrive pas à passionner. Ce n'est pas le simili-scénario qui parviendra à scotcher le joueur devant son écran. En apparence, le jeu est profond et complet mais ses nombreuses possibilités cachent une interface et une navigation bâclées. Certes, gérer à la fois le sportif et l'économique est séduisant, mais l'ensemble reste trop limité. Un rythme plus enlevé et un gameplay moins fourre-tout aurait permis au jeu d'atteindre la moyenne. Let's Make a Soccer Team rate totalement sa cible, en dépit d'idées intéressantes. Le rendez-vous est pris pour une prochaine saison. De mon côté, je vais peut-être bien retourner à la chanson puisque c'est ça...

Difficile de se faire une place dans le petit monde du jeu de management. Deux méthodes sont préconisées pour s'imposer. Soit il faut s'attaquer à l'ogre Football Manager et à son bras-droit L'Entraîneur. Soit l'éditeur choisit de lancer un jeu fourre-tout et moins profond à la PES Management. Dans Let's Make a Soccer Team, vous n'êtes pas uniquement entraîneur d'un club à la dérive. Vos tâches vont du marketing à la formation, en passant par les relations presse et le recrutement. Et qui de mieux que Bernard Tapie pour nous parler de ce pot-pourri footbalistique ?

Choisir sa secrétaire est un détail très important.

De la faillite au sommet européen

Salut, c'est Bernard Tapie. Quand les petits gars de Gamatomic m'ont dit qu'un club était à reprendre, crois-moi, j'ai sauté sur l'occasion ! Ca va me rappeler le bon temps, quand j'ai remporté la seule C1 de l'histoire du football français avec l'OM et Basile Boli. J'espère que SEGA a reproduit la réalité du métier de repreneur : matchs truqués, combines, dopage... Tout d'abord, il faut créer son équipe de A à Z en choisissant la région, la ville, les couleurs et le style de votre nouveau club. Détail indispensable, il est même possible de choisir sa secrétaire parmi les quatre proposées. Il n'y a de secrétaire aveugle, sourde et muette ; dommage : j'aurais été sûr qu'elle ne balance pas mes combines à la presse comme Eydelie. Me voici dans le nouveau club de Marseille, qui joue les barrages pour accéder à la Ligue 2. Mon rival, Albert Chevillard pue le repreneur bidon style Abramovitch mais sans les millions. Il veut racheter mon club que je viens d'acheter... Tu piges la combine ? Mon premier objectif est de faire monter le club en L2, chose pas forcément facile vu l'équipe de bras cassés que je traîne. Même contre Niort, ils ont des problèmes défensifs. Nanard va devoir sortir le chéquier à l'intersaison pour recruter du brésilien bradé ou du russe au rabais. Je ne suis pas prêt de regagner la C1 avec ces boulets !

Impossible de piquer Kader Keita au LOSC même en prêt.

Six championnats et plus si affinités

Ca y est, j'ai réussi à accéder à la Ligue 2. A nous les chocs Amiens-Sète et Sedan-Brest ! Il va maintenant falloir recruter pour remplacer ces chèvres qui me font office de joueurs. Même si les bas-fonds des championnats européens sont présents, la base de donnée de Let's Make a Soccer Team ne fait pas dans l'exhaustif. A l'image de PES Management, le jeu ne propose que six championnats jouables dans leur effectif 2005/2006 : Angleterre, Allemagne, Pays-Bas, Espagne, Italie et bien évidemment les Ligue 1 et 2 françaises. C'est peu mais finalement suffisant puisque rares sont les joueurs à se passionner pour la D2 belge. Mis à part les six grands championnats, les autres grands clubs des championnats "mineurs" sont présents. Le Celtic Glasgow, le Panathinaïkos ou le CSKA Moscou seront des adversaires coriaces lors des joutes en Coupe d'Europe. Dire qu'à l'époque de l'OM, on y allait en tongues (ou en moon-boots) avec Papin, Sauzée et les autres... Côté licences, seules les équipes espagnoles et néerlandaises ont les logos et équipements officiels. Quelques grands clubs italiens sont également proposés. Aucuns faux noms ridicules à signaler et c'est tant mieux. La base de donnée aurait été satisfaisante si Let's Make a Soccer Team n'était pas un jeu de management. En effet, face à la richesse de Football Manager (du même éditeur), "Faisons une équipe de foot" fait figure de club qatari pour pré-retraités du ballon rond. Ca impressionne l'amateur de foot avec des gros noms ronflants mais sur le terrain, la réalité des effectifs obsolètes et le choix de clubs restreint pèsent lourd dans la balance. Difficile dans ces conditions de repérer une pépite africaine ou sud-américaine pour ensuite la revendre quinze fois plus cher au Milan. Hé ouais, pas bête le Nanard !

La boutique est idéale pour s'assurer des rentrées d'argent.

Un gameplay fourre-tout

Mon club est divisé en trois pôles différents. Bien entendu, c'est Nanard qui s'occupe de tout, qui sort le carnet de chèques, qui signe les contrats et qui fait les entraînements. Tu connais ma devise : "Le club, c'est moi !" Pour les férus de chiffres, il y a le pôle comptabilité. On y trouve tout ce qui touche à la gestion économique et financière du club. C'est ici que les décisions marketing se font : savoir vendre les produits dérivés, gérer les fans, investir dans les infrastructures... En Ligue 2, mon équipe joue modeste mais avec les deux ou trois stars que je vais dégoter, il va falloir agrandir le stade. Ca va me rappeler le Vel' quand Papin marquait. Des assistants sont également là pour contrôler vos folies. N'espérez pas acheter une Citroën XM de fonction sans l'aval du comptable. Dans le Club House, je gère le pôle sportif dans son ensemble. Vos semaines sont rythmées par les entraînements de votre équipe première. Il est possible de perfectionner la préparation des joueurs en personnalisant les séances. Cependant, il faudra toujours avoir un oeil sur la condition physique en ménageant des temps de repos régulier. Si l'un de vos tocards se blesse, vous pourrez lancer un jeune stagiaire dans le grand bain du professionnalisme. Dans le Club House, vos joueurs viendront également discuter de vos méthodes et de vos stratégies. Troisième et dernier lieu de vie, mon bureau est certainement ma pièce favorite. C'est ici que je lis la presse, que je consulte mes emails et que je prépare mes prochaines combines. Derrière son petit bureau, ma secrétaire me prépare un petit café et m'informe des dernières nouvelles. Manque plus que le cigare pour me croire à l'OM. En dépit des nombreuses possibilités à la fois sportives et financières, Let's Make a Soccer Team se révèle creux et répétitif. L'indigestion guette dès qu'il s'agit de s'occuper de choses aussi insignifiantes que les articles proposés en boutique. Et surtout le jeu reste sur les rails du politiquement correct ; pas de combines pour Nanard !

Regarder les retransmissions est pire qu'un match d'Intertoto.

Catastrophe sur le terrain

Personne n'a voulu signer dans mon OM. J'avais fait une offre de 15 millions à Ribéry et un prêt avec beaucoup de zéros à Kader Keita, mais non, personne ne veut signer. Je commence donc la saison de Ligue 2 avec mes tocards. Après avoir travaillé des schémas tactiques improbables dans les matchs de pré-saison, mon onze est prêt à en découdre avec le haut du gratin de la L2. Let's Make a Soccer Team recycle le moteur graphique de Virtua Pro Football. Le résultat est médiocre et indigne d'une PS2. Les mouvements sont mal décomposés et la modélisation laisse à désirer. Horrible comme un match de D4 irlandaise ! Pire, SEGA a laissé les commentaires à l'insupportable Jean Resseguié, le pote du cireur de pompes, Luis Fernandez. Alors là, je dis non ! A RMC, ils sont aussi bons en journalisme que moi à la chanson pour jeunes filles. Heureusement, les chants des supporters rehaussent le niveau bien bas de l'ambiance sonore. Sur le banc, vos interventions restent limitées. Les joueurs ne respectent aucune consigne et aucune construction, pourtant travaillées à l'entraînement. L'IA est à la rue sur la plupart des actions. Même ma vieille technique du "j'agite le carnet de chèques pour motiver tout le monde" ne fonctionne pas. Les buts marqués sont souvent pitoyables dans la construction. Pour les allergiques de la perspective 3D, il est possible de "vivre" les matchs à la Football Manager, c'est-à-dire avec des petits pions sur un terrain 2D. Mais là, aucun interaction n'est possible ; vous n'êtes que spectateur du triste jeu de votre équipe. Au bout de sept journées, mon club accumule les défaites malgré une victoire face à Brest. Je suis encore loin de la Ligue des Champions.
Les Plus
  • Se prendre pour Bernard Tapie
  • L'ergonomie des menus correcte
Les Moins
  • Les possibilités inutiles
  • L'IA de vos joueurs
  • Le moteur graphique à la ramasse
  • Jean Resseguié est vraiment trop mauvais